PRESSE : LE CLASH DE GLASGOW

Les commentaires et critiques abondent ce week-end dans les journaux. Cette affaire de la fausse information de l'arrestation prétendue de Ligonnès vendredi 11 octobre à Glasgow en a révulsé plus d'un dans le pays. Et pour cause.

Les lecteurs, auditeurs, citoyens, jugent très sévèrement le traitement erratique adopté par le quasi ensemble de la presse quotidienne, tous supports unis dans la même confusion, écrits, radio, TV pour une course à l'échalote ou à l'audience. Sûrement pas à la fiabilité.
Beaucoup de citoyens attachés à l'information libre et vérifiée ont constaté, -stupéfiés ou fatalistes ?- le fonctionnement défaillant et massif. De nombreux titres ont contribué par leur comportement à affaiblir l'information elle-même, qu'ils sont chargés de vérifier et de valider si possible. .
Par cette affaire qui laissera des traces dans les mémoires, le constat semble établi que la crédibilité de la presse en général, - ( mais il y a de notables exceptions que nous connaissons tous) -, est assez basse aujourd'hui dans l'opinion.
Des journalistes et des patrons de presse, (sans vouloir mettre tout le monde dans le même sac), n'y sont pas étrangers dans certains cas. Et pour cause, les illustrations de défaillances, de connivences, voire de dépendance à l'égard de lobbys financiers, industriels, ou autres groupes d'influence sont fréquemment apparentes dans le traitement d' informations, souvent les plus sensibles.... Notamment hélas celles qui mériteraient un peu plus d'investigation, d'esprit critique, de liberté de pensée, parce qu'elles touchent directement à la démocratie, à la liberté comme à l'intégrité des conditions de vie des citoyens.
Ces dernières années, les affaires " d'Etat " les plus révoltantes ont été sorties par trois ou quatre titres seulement -( Le canard, Médiapart, Le Monde....)-, de l'affaire Fillon à Benalla. Et bien d'autres scandales se succèdent au plus haut niveau de la politique et des affaires.
Et les autres supports d'information, ceux pratiquant peu ou pas le journalisme d'investigation, sont contraints de s'aligner. Pour garder un peu de crédit dans l'information. Et c'est ce phénomène de suivisme, de conduite grégaire commercialement parlant, d'une diffusion d'information en quête permanente d'audience à tout prix, qui a conduit au clash retentissant de Glasgow.
Puisque de nombreux lecteurs observent et regrettent de plus en plus des dysfonctionnements majeurs dans l'information et son suivi, cette situation devrait inciter un certain nombre de rédactions à pratiquer davantage l'autocritique.
A se fixer pour éthique la liberté de penser plutôt que de manifester régulièrement une autosatisfaction. Et d'afficher trop souvent une connivence peu discrète ou dissimulée avec différents pouvoirs en place, politique, financier, lobbys divers, locaux, régionaux, nationaux, etc.
Il en va autant de la démocratie républicaine que de la crédibilité et de la liberté des journalistes et de leur travail au regard de l'opinion.
Quelques journaux ont encore statutairement des sociétés de journalistes, représentatives, actives, dont l'objet social est de défendre le droit d'informer et la liberté de conscience des journalistes au sein même de leurs entreprises comme vis à vis des pressions de l'extérieur.
Fermez le ban. Et vigilance, citoyens, démocrates !

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