La schizophrénie porcine

Cette crise met en évidence la schizophrénie d'un système de production industrielle visiblement inadaptée, voire inadaptable, et d'une commercialisation incontrôlée sur le marché.

Cette crise met en évidence la schizophrénie d'un système de production industrielle visiblement inadaptée, voire inadaptable, et d'une commercialisation incontrôlée sur le marché.

Mais les dominants du marché (groupements de producteurs et "coopératives", souvent également industriels) font cependant régulièrement appel à l'argent public, comme à l'intervention de l'Etat qu'il critique en permanence, tout en demandant son intervention sonnante et trébuchante en cas de crise du marché

Et pendant ce temps-là les emplois disparaissent par milliers dans la chaîne agro-alimentaire. Et pendant ce temps-là, beaucoup de petits producteurs, qui luttent en silence et souvent sans aides massives des pouvoirs publics, s'interrogent sur l'avenir de leurs métiers dans les différentes productions de leurs exploitations rationnelles et raisonnables notamment en matière environnementale et économique.

Y-a-t-il donc deux poids et deux mesures en matière de justice sociale dans le monde agricole, et de ce fait deux formes de considération de la part des pouvoirs publics, selon le bruit qu'on fait ou non sur la place publique ?
Une seule solution donc : une planification des prix et productions agricoles fixés par l'Etat au nom de l'intérêt général. Comme en économie administrée et subventionnée. Ce qui d'ailleurs n'est déjà pas loin d'être le cas. Sauf que le système profite aujourd'hui aux plus gros et aux plus organisés. Qu'on appelle encore et bien à tort "coopératives" ou "groupements de producteurs. Dont on connaît parfaitement les usages et les appétits ravageurs. 

A cet égard, le représentant national de la FNSEA, le multicarte Xavier Beulin, est bien mal placé pour prétendre assurer la défense et la protection des agriculteurs petits et moyens. Certains d'entre eux le lui ont vertement fait savoir lors d'une manifestation récente à Saint-Brieuc.   Le renvoyant à ses intérêts véritables, dont celui d'importateur de poulets brésiliens pour son groupe industriel, le groupe Avril, anciennement Sofiprotéol.   

A SAVOIR.  Le groupe Sofiproteol, fondé en 1983, est devenu le groupe Avril depuis janvier dernier. Il comporte un pôle industriel et un pôle financier auquel est ré-attribué le nom Sofiprotéol. Le groupe Avril est co-présidé par Jean-Philippe Puig et Xavier Beulin, président du syndicat agricole FNSEA. Accompagné de Sofiprotéol (devenu le fonds d'investissement du goupe présidé par le président de la FNSEA, Beulin) Terena est en passe de racheter le volailler breton Doux (2.200 salariés).

La famille Calmels devrait en effet céder prochainement la totalité de ses parts dans le volailler breton (52,5 %) à Terrena, groupe coopératif basé à Ancenis (44), avec le soutien financier de Sofiprotéol.Terrena est un groupe coopératif de 22 000 agriculteurs adhérents et employant 12 159 salariés. Parmi ses marques commerciales, une dizaine au total, figurent notamment Paysan breton, Gamm vert et Fermiers d'Ancenis. La holding Calmels (D&P) est l’actionnaire majoritaire du Groupe Doux avec 52,5% du capital, aux côtés de deux actionnaires le groupe saoudien Almunajem (25%) et la famille Doux (22,5%)



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