PRESSE REGIONALE : PUDEUR DE GAZELLE ?

La presse régionale est-elle libre et " objective " dans le traitement de certaines informations où l'appétit de l'argent est roi ? Une méthode qui choque une partie des citoyens.

Ces "affaires ont un rapport avec le comportement discutable de puissants dirigeants financiers aux manettes d'institutions symboliques. Sous couvert de bien commun ... Que ce soit l'opération sécessionniste du Crédit mutuel de Bretagne, banque " mutualiste ", conduite par JP Denis, ou l'acquisition immobilière à Brest d'un immeuble acheté par sa compagne et loué aux Mutuelles de Bretagne, lorsque le président actuel de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand,  était le directeur de cette association sociale " mutualiste " ?

Est-il opportun de se méfier de la façon partisane dont sont traitées, depuis quelque temps maintenant, des " affaires " ayant un rapport sensible et évident avec l'économie locale, régionale ou la politique ? Plus exactement dans les dérives choquantes de certains de ses acteurs. L'exemple du traitement de l'affaire Denis-CMB en est un exemple flagrant. Ce n'est pas le seul traitement de l'information où transparaît, comme dit l'autre, une pudeur de gazelle... et la réticence dans la manière de présenter les choses interpelle ... Suffit d'un peu de mémoire et d'esprit d'observation de l'actualité pour s'en rendre compte, ce qui ne semble pas sauter aux yeux de tous les " informateurs " .

Beaucoup de citoyens-lecteurs sont largement lassés de ce qui peut passer pour une méthode de lissage des faits, de détournement de sujet, fondés sur une doxa idéologique. Et surtout imposée dans un environnement spécifique d'intérêts et de connivence. Pas étonnant dans ces conditions que des citoyens en prennent ombrage.

Reste que quelques signatures saines émergent et font respirer la liberté et l'ouverture d'esprit dans la ligne de ce qu'on est en droit d'attendre d'une presse libre...  On aimerait forcément relever cette morale sans faille ni biaisage de l'information dans un journal d'information grand public. Car en outre, de fait, il s'agit bien d' un service public mais de droit privé avec aides et subventions.  Et l'affichage d'une éthique respectueuse d'une information franche dans laquelle les clients-lecteurs devraient pouvoir avoir confiance est atteint par la méthode discutable. On peut rêver d'une information faite sans calcul d'intérêt particulier, sans arrière-plan téléguidé. Donc sans inféodation. 

L'information consistant, normalement, à relater sans dépendance ni addiction les faits constatés. Rien que... et d'abord. Et même ensuite à aller  débusquer tenants et aboutissants, si nécessaire,  et les expliquer. Mais toujours sans vouloir imposer aux faits une couleur idéologique, un intérêt plus ou moins dissimulé, ou une doctrine officielle.

Les lecteurs soucieux d'une information fiable n'aiment pas beaucoup les pratiques relevant d'une Pravda ... Ni qu'on les mène sur le terrain de jeu de la restriction mentale. Cette technique intellectuelle chafouine mise en oeuvre autrefois par les jésuites. Pour tenter de s'affranchir des reproches et jugements éventuels. Décidément,  le vieux monde avec sa duplicité ancestrale a de beaux jours devant et derrière notre saison.   

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