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Billet de blog 21 déc. 2013

Pacte d'avenir, pas de confiance

Les Bonnets rouges ont surfé sur la vague d'indignation qui s'est levée en Bretagne avec les milliers de licenciements d'ouvriers et d'ouvrières intervenus en 2013. Au premier rang des manifestants et des medias,  on a donc retrouvé, depuis deux mois, l'attelage singulier de quelques tireurs de ficelle de la FDSEA et du Médef, renforcés par le Aplusbégalx de Vorgium, le médiatique Troadec, ci-devant maire de Carhaix.

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Les Bonnets rouges ont surfé sur la vague d'indignation qui s'est levée en Bretagne avec les milliers de licenciements d'ouvriers et d'ouvrières intervenus en 2013. Au premier rang des manifestants et des medias,  on a donc retrouvé, depuis deux mois, l'attelage singulier de quelques tireurs de ficelle de la FDSEA et du Médef, renforcés par le Aplusbégalx de Vorgium, le médiatique Troadec, ci-devant maire de Carhaix. Le conglomérat libéro-régionalo tirait dans son sillage une troupe désemparée des victimes du système productiviste largement subventionné du lobby de l'agro-libéro système, dit modèle breton. Il était naguère le gros pourvoyeurs d'emplois, il est aujourd'hui le licencieur en chef. Le gouvernement socialiste,  mal en point,  a virtuellement donné satisfaction à la nomenklatura locale exigeant une déréglementation accrue et la poursuite des avantages dérogatoires.  On verra à l'usage le résultat et le réel contenu concret dudit Pacte d'avenir d'urgence présenté par Ayrault à Rennes le 13 décembre devant un aréopage réunissant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel de ce que la Bretagne compte de politiques, de "décideurs" et de lobbyistes de tous acabits. Voilà pour la situation et l'ambiance, maintenant l'esprit de la méthode.

C'est bien parce qu'il est démagogique, et souvent peu efficace, de réagir dans l'urgence, que se pose la nécessité pour l'Etat d'anticiper des réformes structurelles de fond. Ce que fait le gouvernement aujourd'hui procède du rôle d'un pompier de service. Domaine où Sarkozy n' avait pas son pareil : un problème à la une et une nouvelle loi est mise en chantier. Et souvent, après, plus rien. On voit le résultat.

Mais ne serait-il pas le moment pour passer en revue des exigences contradictoires, ses propres exigences contradictoires, notamment dans le monde agro-alimentaire particulièrement d'actualité. Est-il cohérent d'en appeler à l'aide de l' Etat et aux subventions tandis que dans le même temps une partie de ses acteurs, au moins parmi les dirigeants, en appelle farouchement à la déréglementation d'un certain nombres de dispositifs réglementaires ? Et ce tant sur l'organisation des marchés que la fixation des prix, et la protection des eaux et de l'environnement qui est devenu un enjeu majeur de l'avenir de nos sociétés. 

Mais bien sûr, ce ne sont pas les seuls domaines, où pour tenter de faire plier l'Etat, oeuvrent conjoncturellement les lobbies, les corporations et autres intérêts catégoriels.

Raison de plus pour rappeler que gouverner c'est d'abord anticiper les problèmes ou les éviter. Et non pas accéder sous la pression, et toujours au coup par coup, aux demandes contradictoires des uns ou des autres. L'intérêt général n'est pas l'addition d'intérêts particuliers. Le cap doit être clairement fixé par l'Etat, première condition pour garder la confiance des citoyens en la démocratie. Ce ne semble pas être le cas actuellement.

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