Lendemain de présidentielle

Rêve. Il a été battu à la présidentielle. Il s'est réfugié dans un hôtel parisien décati. Dehors, la foule en délire exige, elle veut lui demander des comptes. Atmosphère révolutionnaire. Il a l'air apeuré. On n 'est pas du tout tranquille pour sa vie. Certains veulent sa peau. Plus aucun courtisan auprès de lui. On revoit les terrifiantes images du lynchage de Khadafi. Bien qu' hostiles à la politique qu'il a menée, on est quelques uns autour de lui. On se demande comment l'exfiltrer de cette souricière pour qu'il échappe à la vindicte de la foule. La rue hurle son nom. Il est seul, en danger total. Finis les gardes du corps sourcilleux, avec l'oreillette en éveil, qui ne le quittaient pas d'une semelle au jogging, qu'il esseyait de larguer à vélo et qu'il narguait en se retournant lorsqu'il avait réussi à leur mettre 10 mètres dans la vue. Fini tout ça. On lui dit qu'il risque le pire s'il s'avisait de sortir de l'hôtel. Il dit qu'il est normal, qu'il a le droit de vivre maintenant. Finalement, on arrive à le convaincre qu'il faut trouver une solution pour lui sauver la vie. Il n'a pas l'air de comprendre. Soudain il est transformé en un loulou à frisettes blanches. Il n'est pas bien grand, la taille d'un petit clébard, mais la tête est normale avec une chevelure brune et une gueule de chien battu à la Jean Lefèvre quand il est contrarié. Il dit : " Mais qu'est-ce que vous me faites ? " Il est interloqué, désemparé. On lui dit : " C'est la seule solution pour que tu t'en sortes." On le prévient : " On va te ligoter les pattes pour que tu gigotes pas et on va te scotcher le museau pour que tu te taises. " Quelqu'un apporte un carton à sa taille. Une fois préparé, il semble avoir pris conscience de la gravité de la situation, qu'il n'a pas d'autre salut. On le dépose dans le carton, en chien de fusil. Un livreur vient prendre possession du colis et lui dit : " T'inquiète pas, on va t'emmener à la maison." Pcc Sigmund F.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.