MORT DU PEINTRE XAVIER KREBS (1923-2013)

Le peintre et céramiste Xavier Krebs, né en 1923 à Quimperlé (Finistère), est mort à Montauban (Tarn-et-Garonne) le 29 août 2013.

Ses obsèques civiles ont eu lieu le 3 septembre, au cimetière de Mespel, à  Larroque, dans le Tarn.

Le musée Ingres de Montauban avait, en 1996, consacré à Xavier Krebs une rétrospective et le musée Henri-Martin de Cahors a exposé ses oeuvres " Les seuils des rêves",  du 23 mars au 10 juin 2013.

Son enfance, Xavier Krebs la passa à Poulguin, sur les bords de l’Aven, près de Pont-Aven. En 1941, à 18 ans, le jeune homme s'engage dans les troupes françaises en Afrique du Nord et prend part aux campagnes de Tunisie, d’Italie, de France et d’Allemagne. Après un bref retour en Bretagne, il rejoint fin 1946  le corps expéditionnaire français en Indochine. Les paysages grandioses de ce pays inspireront certaines des toiles les plus impressionnantes et énigmatiques de la maturité du peintre.

Xavier Krebs a relaté cette expérience qui le marqua durablement dans un récit, " Le Pin " , publié aux éditions Réciproques, en 2003, à Montauban.   Le prière d'insérer du livre indique : "Dans ce petit livre, l'auteur à travers la fiction d'une randonnée en Chine, nous conduit peu à peu dans un autre récit, le récit de souvenirs nostalgiques et douloureux d'une jeunesse meurtrie."
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En 1949, Krebs décide de peindre. Il s’installe à Pont-Aven, dans l’atelier présenté comme ayant été celui de Paul Gauguin. Il travaille aussi comme "peinteur" à la faïencerie Keraluc de Quimper,  atelier fondé notamment par Victor Lucas,  et qui  renouvellera  progressivement l'inspiration et
les motifs décoratifs de la faïence bretonne traditionnelle engoncée dans les biniouseries monotones. Il travaille au côté d'artistes comme Pierre Toulhoat, René Quéré, Jos Le Corre, Pol Yvain, Georges Connan,   dont certains, comme Xavier Krebs,  deviendront des peintres de renom qui ont renouvellé l'art de la peinture en Bretagne et ouvert au regard les portes de la modernité.

En 1952, Krebs expose à la galerie Saluden, à Quimper,  l'une de ces galeries rares qui ont contribué à faire découvrir en Bretagne les voies nouvelles de l'art en prenant le parti-pris de la découverte et de la qualité. Krebs expose aussi à Paris des toiles semi-figuratives.

En 1954,  il rencontre les peintres de l’abstraction lyrique,  Jean Degottex, René Duvillier, Simon Hantaï, et Marcelle Louchansky.

Krebs s’intéresse à la calligraphie japonaise. Il produit la série des " Signes", encres de Chine, peintures brunes et noires.

En 1959,  il s’installe à Paris puis travaille dans l' atelier d’Honoré Daumier à Valmondois (Val-d’Oise). Il acquiert, à Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise), la maison dite « du pendu », peinte par Cézanne. Il se remet à la céramique. En 1966, il commence la série des "Seuils du rêve",   " A la recherche des voies de la sagesse ", peinture " structurée par la géométrie sacrée occidentale et le bouddhisme zen",   comme l'indique la présentation de l'exposition qui lui a été consacrée en ce début d'année 2013, au musée de Cahors.

Commentaire qui se poursuit et souligne que " En suivant ce chemin, il a marché dans les pas de Victor Segalen, retrouvé Paul Gauguin mais aussi rencontré les femmes et les hommes qui vivent dans l’Inde contemporaine."
En 1968, Xavier Krebs s’installe en Touraine. Il commence en 1970 la série des Hommages à Fujiwara Takanobu (Kyoto, 1142 - 1205), peintre du Japon médiéval. A Tours, Krebs fait la rencontre de Geneviève Bonnefoi, critique et directrice du centre d’art contemporain de l’abbaye de Beaulieu (Tarn-et-Garonne). Il y exposera plusieurs fois entre 1980-1990. En 1977, le peintre s’établit à Saint-Martin d’Urbens (Tarn).

En 1982, Xavier Krebs va effectuer  le premier d’une série de plusieurs voyages en Inde.

Au cours de ces voyages,  il tient un journal. Il fait de nombreuses photographies de paysages et d’architectures, en noir et blanc. Il découvre, dans l’état du Maharashtra, l’architecture troglodyte d’époque bouddhique. En 1983, il réalise une courte série, intitulée "Les Diadèmes". Il commence ensuite la série des "Empreintes". En 2000, il débute la série des " Trois gorges" , en référence à celles du Yang-Tsé, série complétée jusqu’en 2013.

L’année 2009 est marquée par l’exposition rétrospective " Hommage à Victor Segalen", à l’Ecole des filles, galerie créée par  Françoise Livinec,  à Huelgoat (Finistère). De mars à juin dernier, l'exposition "Les seuils des rêves", présentée au musée de Cahors,  aura ainsi été le dernier hommage rendu de son vivant à Xavier Krebs.

 

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