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Le Club de Mediapart ven. 26 août 2016 26/8/2016 Édition du matin

ARGENT ET LIBERTE DE LA PRESSE

ARGENT ET LIBERTE DES JOURNALISTES

 

Sauf journaux d'opinion (on sait la ligne qu'ils défendent) aujourd'hui extrêmement minoritaires en lectorat, la plupart des quotidiens sont le reflet et/ou courroie de transmission de l'idéologie dominante et du pouvoir en place. Même si celà peut légèrement fluctuer en fonction des époques et de la personnalité de leurs dirigeants. Même si les sondages montrent que l'opinion n'est majoritairement pas favorable aux initiatives et comportements des dirigeants actuels, qui, ne l'oublions pas, ont été démocratiquement et nettement porté au pouvoir.

Le communiqué du syndicat des journalistes SNJ de Ouest-France, (ces journalistes dénoncent "la ligne idéologique à sens unique") a le mérite de rappeler les difficultés des journalistes à faire un travail d'information équilibré, et pas seulement à Ouest-France, qui proclame fièrement à sa Une son ambitieux projet avec le slogan "Justice et Liberté".

Statut des journalistes :

de plus en plus précaire

La position des journalistes de O-F exprime une évidence trop peu soulignée, celle du statut des journalistes. Ils sont aujourd'hui (presque) toujours des travailleurs sous contrat de travail, des contrats de plus en plus souvent précaires du fait notamment de la multiplication des media, Net, TV, radio et de la déréglementation du contrat de travail.

Donc, plus ils sont précarisés, plus ils sont des salariés fragilisés, forcément sous tutelle morale, hiérarchique et salariale d'entreprises de presse qui sont aujourd'hui la propriété de grands groupes capitalistiques et notamment de grandes banques, dites mutualistes mais qui n'en ont plus que le nom, en particulier pour la presse régionale, le Crédit agricole et le Crédit mutuel.

Peut-on réellement être un travailleur libre en étant précaire ? Peut-on être libre quand c'est la finance qui gouverne votre entreprise de presse ? La réponse ne fait aucun doute. Pas moyen d'y déroger, les entreprises de presse suivent les règles du marché et ses journalistes sont priés d'en tenir compte dans leur approche des événements. Il faut sauver l'emploi et favoriser le développement économique. Sur la formule, il n'y a pas matière à discussion sur le modèle.

L'exception impossible : Le Monde

Les exceptions ont été rarissimes d'entreprises de presse réservant à leur personnel un statut moins aléatoire et autorisant un minimum de participation au débat et au fonctionnement internes. Récemment, la société des rédacteurs du Monde et les autres sociétés d'employés du Monde, qui avaient un petit rôle exceptionnel de contrôle relatif dans l'orientation et la gestion, ont perdu totalement toute possibilité d'intervention interne au nom de la réalité économique.

Cette perte de liberté relative est intervenue à l'occasion de la recapitalisation du Monde par l'apport par un magnat de la mode et des affaires ( Pierre Berger et ses associés réputés de gauche) d'une centaine de millions d'euros. Cette arrivée d'argent frais est sensée assurer la pérennité du groupe structurellement et largement déficitaire depuis une diversification exagéremment mégalomaniaque menée sous la houlette du précédent directeur, Colombani. Le Monde, faut-il le rappeler, avait dejà à son capital quelques magnats des affaires, de la presse et de l'armement et quelques conseillers de renom, tel Alain Minc. La bourse ou la vie en quelque sorte était l'alternative présentée aux journalistes du quotidien du soir.

Et ce n'est pas l'arrivée à la tête d'un France-Soir moribond (mais pouvant encore servir en campagne présidentielle) du très jeune fils d'un seigneur de l'oligarchie russe de Poutine, et accesssoirement marchand d'armes courtisé par Sarkozy, qui va rassurer sur la presse française et favoriser la liberté des journalistes.

Michel KERNINON

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Le Canard Enchaîné appartient à ses journalistes. Il ne fait pas de pub.

Il vend en moyenne 500.000 exemplaires par semaine.

C'est une entreprise de presse florissante et qui paye très bien ses salariés et chroniqueurs. J'ose à peine dévoiler combien je gagne pour "L'Album de la Comtesse".

Le Canard est un phare de la liberté de la presse car il est IN-DE-PEN-DANT de tout bailleur de fonds, à part les sous de ses lecteurs.

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