Le roman.
Surveillance de tous les instants sans distinction de vie privée ou professionnelle. Mais dans le roman, elle ne concerne que les membres du Parti.
Cette surveillance teste jusqu’aux sentiments intimes, suscite et capte la colère, les répulsions, l’empathie, les sympathies... Le Parti décide le traitement nécessaire, par traumatisme émotionnel, dont la fonction est de détruire les émotions et les sentiments, qui à tout moment peuvent compromettre la fiabilité de chaque membre du Parti.
Autre chose est le lavage de cerveau qui, lui, ne se cache pas. Il s’affirme en tout lieu, à tout moment par haut-parleurs et écrans qui « informent ».
Qui surveille ? Qui rédige les textes proclamés par les haut-parleurs ou diffusés par écrit ? Nul ne pose la question nécessairement évidente : « Big Brother ».
Interdit de chercher à l’identifier.
Plus : en permanence un doute est entretenu sur sa matérialité. Peut-être est-il une virtualité omniprésente.
Chaque membre du Parti est, pour ceux avec qui il est en relation, à la fois frère, et espion pour Big Brother, et sera peut-être chargé du traitement, menace permanente qui deviendra inévitablement nécessaire. Passage obligé.
Une cohorte de membres de Parti a pour tâche de modifier les archives pour les rendre conformes à l’histoire officielle du Parti et du pays, constamment révisée. En grand secret.
Passé et présent sont effacés. Contrefaits pour maîtriser le futur.
Le peuple ? Ce sont les travailleurs d’usines, ce sont les femmes-reproductrices. Bétail maintenu dans une très grande pauvreté, un mode de vie rudimentaire, maltraité par une police brutale et arbitraire Terrorisés par des bombes qui tombent par-ci, par-là, sur la foule.
La rumeur de guerre est constamment entretenue, sans que personne sache qui fait la guerre à qui, ni où, ni comment.
Deux mondes qui s’ignorent.
Le mot totalitarisme a été inventé pour différencier les fascismes et ce qu’étaient les pays de l’Est jusqu’à la dislocation de l’URSS.
Il est saisissant d’observer que chacun reconnait ce monde imaginé, dans la société que fait émerger le néolibéralisme, la société où nous vivons !
Cependant, des différences :
La mondialisation efface les Etats-nations, réduits à la levée d’impôts et à la répression brutale. Big Brother actuel est simultanément « national » et mondialisé (multipolaire)
Le bétail productif est progressivement remplacé par des robots et par millions de chômeurs augmentés de 60 millions de réfugiés désorganisés et maltraités, partiellement détruits.
Et la reproduction pour autrui se développe sur la grande pauvreté.
Le mot « élite » désigne les compétences dévouées qui s'empressent autour du 1% qui détient les capitaux., L'"élite" remplace « le Parti » observé par Orwell. L’élite n’est cependant réductible à aucun des partis politiques actuels, mais englobe les "présidentiables".
L’usage de la nov’langue est un marqueur –ridicule- d’allégeance à l’ « élite ».
Trente ans de gestion aberrante ont totalement déconsidéré la prétendue « élite ». En dénoncer l'imposture n'est pas dériver dans 'le populisme" démagogique, mais faire oeuvre de vérité..
Remaque :
A aucun moment, je n’ai ici utilisé le mot « communiste », car le travail des historiens reste à faire sur ce que furent ces Partis, et sur ce que furent les « marxismes » dont chacun se réclamait.
A creuser :
Que furent les cultures des pays fascistes, les cultures des pays totalitaires, et que sont les "cultures" produites par le néolibéralisme dans chaque pays soumis aux marchés. Qu'est-ce que la "modernité" du néolibéralisme. A l'inverse, Les monstruosité que le néolibéralisme produit dans le monde feront émerger avec vigueur, des créations artistiques totalement nouvelles.
Claude Lefort Penser contre le totalitarisme https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/041010/la-mort-de-claude-lefort-1924-2010/prolonger
http://www.laviedesidees.fr/Totalitarisme-et-democratie.html