8 mars : Dissidence contre toutes les oppressions !

Dans tous les mouvements populaires, les femmes ont été en pointe. La domination masculine sur la société commence par celle sur les femmes, confortée par le fonctionnement de la société et plus lourdement encore sous régime autoritaire. Combats au travail, combats contre la pauvreté, tous combats sociétaux et politiques, ce fut de tous temps. Mais invisibilisés. Nouveau : le combat me too.

 

Dans tous les mouvements populaires, les femmes ont été en pointe.

La domination masculine sur la société commence par celle sur les femmes, confortée par le fonctionnement de la société et plus lourdement encore sous régime autoritaire. Culture du viol et viols massifs lors des guerres.

Une guerre mondiale contre les femmes. Des chasses aux sorcières au féminicide (La Fabrique), la militante et théoricienne écoféministe Silvia Federici  poursuit son travail radical de déconstruction de la figure honnie de la sorcière et de son annihilation par le système capitaliste — condition sine qua non à sa propre émergence puis survie —, initié en 2014 avec le remarqué Caliban et la sorcière (Entremonde). 

 

Combats au travail, combats contre la pauvreté, tous combats sociétaux et politiques, ce fut de tous temps mais invisibilisés.

Nouveau : après la bataille pour le droit de disposer de son corps,  le combat me too.

Le combat Me too

Met en cause violences et abus de tous les pouvoirs à fin sexuelle.

Met en cause le prétendu consentement, c'est-à-dire les techniques pour briser la résistance, 

Refuse d'être réduites en proie, en objet, et impose l'égalité.

Contraint la posture masculine à changer,

et met en cause la hiérarchisation de la société 

Heurte frontalement les contre-valeurs réactionnaires concernant les genres, la famille et la place des femmes dans la société.

La domination multiforme sur les femmes est étroitement imbriquée avec l'exploitation au travail, étroitement imbriquée avec l'exploitation coloniale particulièrement dégradante pour les femmes.  Particulièrement méprisante pour les femmes ayant un handicap.

La dégradation néolibérale de la société pèse scandaleusement sur le développement des enfants, mais la société en reporte abusivement la charge sur les femmes précarisées. Commet un crime contre l'humanité sur les enfants et mineurs isolés réfugiés et rejetés.

Ce sont principalement les femmes qui assurent le soin dans la Santé publique dramatiquement démunie.

Ce sont principalement les femmes qui assurent le soutien aux hommes incarcérés dans les quartiers massivement privés d'emploi et livrés aux trafiquants et aux oppressions religieuses depuis le début de la désindustrialisation.

 

L'intersectionnalité des luttes n'est pas une fantaisie d'intellectuel. L'oppression subie en toute société dominée par le profit financier s'exerce sur tous les aspects de la société, sur tous les aspects de la vie de chacun. La simple lecture de ce qui se vit conjugue l'oppression sur le travail, sur la vie familiale, sur la santé, par le déni de justice, par des violences sociales, psychiques et physiques... Aussi l'avancée des luttes nécessite que chaque combat examine comment chaque groupe social subit ce qui a commencé à nous unir pour agir : femmes, jeunes, enfants, personnes handicapées, habitants de banlieue de multiples origines et religion, réfugié, personnes privées d'emploi, ou artiste ...

 

Occupation, spoliation, privations, violences

L’insécurité permanente est le quotidien des femmes palestiniennes. Elles sont victimes directement et indirectement de la violence de l’occupation : harcèlement des soldats israéliens, violence des colons, spoliation des terres et des ressources, destruction des maisons, entraves à la circulation, à l’accès à la santé ou à l’éducation.

Les crimes de l’occupation sont aussi des crimes contre les familles. Déstabiliser les familles fait partie d’une stratégie de déstabilisation de la société palestinienne.

Tout le monde est sous pression et en bout de chaîne, les femmes reçoivent et doivent gérer toute la violence de l’occupation avec pour conséquence une augmentation de l’instabilité, de la précarité et de la pauvreté mais aussi des violences domestiques. Les violences familiales sont exacerbées par les frustrations et les humiliations que vivent les hommes au quotidien du fait de l’occupation – y compris l’emprisonnement. Incarcération dont elles sont également victimes ainsi que leurs enfants. Elles sont enfermées pour « des raisons de sécurité » créées de toutes pièces par Israël et c’est leur vie et celle de leur famille qui bascule.

Une telle situation a aussi pour conséquence d’aggraver pour les femmes les effets de la structure patriarcale de la société palestinienne.

Les femmes palestiniennes supportent le poids de cette double oppression, mais elles refusent de la subir. Organisées au sein de nombreuses associations de femmes ou par leurs actions individuelles, professionnelles, à la ville ou à la campagne, engagées en politique, dans la résistance à l’occupation ou dans la sauvegarde de la culture palestinienne, elles ont toujours été partie prenante de la libération nationale et de l’évolution de la société palestinienne.

Extrait du communiqué de l'AFPS du 8 mars 2021.

 

Ajout du 9 03 21.

Interview de Jeanne Burgart Goutal par Reporterre :

Extrait.

(...)  "Diriez-vous que l’écoféminisme est plus radical que le féminisme du XXe siècle dit « libéral », qui plaidait pour l’égalité entre les hommes et les femmes sans remettre en cause les structures qui menaient à cette domination ?

Oui car l’écoféminisme parle des interconnexions entre différentes luttes et veut remettre en cause le système dans son ensemble. C’est une grande différence avec le féminisme libéral. Ce n’est pas un combat pour que plus de femmes dirigent des entreprises prédatrices des ressources naturelles, ou soient au Parlement pour voter des lois liberticides, ou encore pour l’ascension sociale de quelques femmes privilégiées. L’idée n’est pas d’accéder en haut de la pyramide mais plutôt de transformer cette structure même pour construire à la place un système plus coopératif, circulaire et démocratique.  

Dans l’histoire des luttes sociales, les femmes ont souvent été en première ligne. Or, leur présence est très souvent occultée dans les livres d’histoire. Comment changer cela ?

L’école devrait être au cœur de ce grand chantier. Depuis les années 1970 au moins, il y a beaucoup d’ouvrages féministes qui remettent sur le devant de la scène le rôle des femmes dans l’histoire, la préhistoire, au Moyen-Âge, dans diverses cultures non patriarcales, ou encore dans la création artistique... Ces travaux existent mais ne sont transmis ni dans la culture populaire ni à l’école. Ils ne restent connus que par des gens politisés. Par exemple, dans les médias mainstream, on parle de sorcières, mais pas de l’histoire des luttes contre l’extractivisme ou de celles contre la déforestation, bien souvent menées par des femmes, car c’est trop militant.


Quelles sont les écoféministes d’aujourd’hui qui vous inspirent ?

En France, il y a une réémergence de l’enjeu antinucléaire, notamment à Bure, comme une manière de renouer avec les premiers enjeux du mouvement écoféministe. Certaines Zad incarnent également à leur façon des utopies proches de l’écoféminisme des débuts, avec son côté très « alternatif ». On remarque aussi une inscription croissante de l’écoféminisme dans le quotidien. Par exemple, un lieu de bataille important est la sphère de l’intime, la question du corps et de la sexualité : les jeunes femmes cherchent à dépatriarcaliser les rapports intimes. L’alimentation est aussi au cœur du mouvement aujourd’hui, par exemple avec le syndicat de parents d’élèves Front de mères qui milite pour une alternative végétarienne dans les cantines scolaires en Seine-Saint-Denis. Mais il semblerait que ce soit surtout en Amérique du Sud que les luttes environnementales menées par des femmes soient très vivaces, même si elles ne se qualifient pas forcément d’écoféministes. (...)

Lire l'interview  intégralement :  https://reporterre.net/L-ecofeminisme-est-plus-radical-que-le-feminisme

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