Les accords de Grenelle qui n'étaient pas le fruit de mai 68, ont installé les syndicats dans les institutions et de ce fait agi sur leur fonctionnement interne. Le syndicalisme qui déstabilise le pouvoir s'est éteint.
Or c'est à ce moment que la démocratie représentative a été de plus en plus ruinée par un pouvoir de plus en plus autocratique.
C'est le temps des délocalisations massives des emplois des industries de production.
C'est le temps de la finance mondialisée en hyper parasitisme sur l'économie
C'est le temps d'une économie à structure mafieuse qui écrase la masse des sous-traitants plus ou moins ubérisés.
C'est le temps de la nov' langue avec l’idéologie qu’elle charrie.
Et celui de la dislocation des collectifs de travail qui étaient la base dynamique du syndicalisme de rapport de forces.
C'est le temps de la précarisation massive, qui sort de l'ombre en gilets jaunes pour démasquer le mensonge gouvernemental.
C'est le temps de la gouvernance par tromperie et violence, d'élus dans la poigne des grandes sociétés qui n'accordent aucune marge de négociation.
Le "syndicalisme" cédétiste est le refuge vain de ceux, en emploi stable, qui sont effrayés par les mutations néolibérales de la société. Accompagnés sans combat à l'abattoir.
Le mouvement Gilets Jaune rompt avec la répartition revendications / politique. Or la ruine de la démocratie représentative comporte la perte de sens des partis politiques déconnectés des luttes de terrain. Du PS à l'extrême-droite, ils ne portent que des volontés d'exploiteurs.
Le partage actions revendicatives / politique est à interroger. Surtout depuis le surgissement des enjeux en écologie qui ne différent pas des enjeux humains...
Le devenir des syndicats est un des volets de l'affirmation d'une autre démocratie à inventer, sous les coups furieux pour empêcher son émergence.