Hétéro, gay, lesbienne, bi… S’affranchir des catégories et des interdits !
Le débat public qui devait précéder l’adoption de la loi d’extension du mariage, a été dévié par des crispations identitaires : en première ligne, l’extrême-droite catholique agrippée sur la famille fictive « papa, maman, enfants », « nous ne leur céderons rien » . (ces censeurs n’admettent la vie célibataire des femmes que depuis peu !)
La médicalisation de la transmission de la vie soulève les mêmes problèmes pour les couples homos qu’hétéro. Mais depuis l’adoption de la loi, ses opposants en ont fait leur nouvelle ligne de front,
Oublié le fait qu’une forte proportion de couples refuse le mariage et qu’en outre, seule une minorité de mariages civils est suivie d’un mariage religieux. Des normes religieuses n’ont pas à s’imposer à la société civile !
Il s’agissait en fin de compte pour l’extrême-droite de recruter, et pour la droite d’ériger un semblant d’opposition radicale gauche-droite, invisible sur le champ économique ou politique.
Peut-on enfin sortir de la vieille habitude de diviser l’humanité en catégories sexuelles artificiellement cloisonnées : les hétéro, les gay, les lesbiennes, les bi.
Car c’est le formatage social qui impose aux hommes d'être virils avec les autres hommes et n'avoir de rapports amoureux qu'avec des femmes, aux femmes de n'avoir de rapports amoureux qu'avec des hommes. S'émanciper de ces normes !
Ne sont pas rares ceux et celles qui, déjà, sans bruit, vivent leurs temps amoureux hors standards, librement. !
Plaçons dans le domaine du choix libre de chacun qu'une amitié de qualité avec un homme ou avec une femme, puisse se prolonger ou non, en rapports amoureux, voire en vie commune. Sans encourir ni rejet, ni enfermement dans une catégorie : qui donc aurait une personnalité programmée, verrouillée jusqu’au tombeau. Sauf si coincé dans des carcans mythifiés qu’on accepte de s’imposer.
Choix libre, tout en combattant toutes les formes d’abus de position dominante, vis-à-vis d’enfants ou d’handicapés mentaux, ou par tout moyen de contrainte qui réduit des personnes à n’être qu’un objet de consommation.
Mais le rejet du découpage en catégories identitaires a un autre enjeu :
La droite et l'extrême-droite saisissent toutes les occasions pour fractionner la société en catégories hostiles entre elles, définies par un signifiant, niant la diversité des groupes sociaux et celle des personnes : les roms, les islamistes, les juifs, les gays, les lesbiennes, etc. C’est aussi la démarche de religions réduites à des rites et des mythes identitaires ou de sectes qui fondent leur identité agressive sur une particularité.
Droite et extrême-droite s’efforcent de faire monter la violence dans les rapports sociaux.
Cette démarche comporte des ferments de guerre civile.
A l’encontre du besoin commun de vivre ensemble en paix.
D'où la présente réflexion sur l'interférence entre façonnage social, stigmatisation, discrimination, exclusion, agressions. Et la nécessité de s’en émanciper.
En 2017, je prolonge cette reflexion, par la nécessité d'envelopper la dualité homme-femme, femme-homme dans l'entité humaine, le recto-verso d'une unicité.