"Débordement populaire !" (F. Ruffin)

Chili, Liban, Irak, Equateur, tant d'autres pays sont en état de soulèvement populaire. Et en France ?

Dans les gares on croise « des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. » (E. Macron)

            Un gouvernement au service d’une minorité de profiteurs qui organise sans le cacher une guerre contre les pauvres, contre les travailleurs, contre les démunis ; des députés LRM cyniques, malhonnêtes et serviles qui défendent sans complexe cette chasse aux pauvres, des pauvres qu’ils considèrent, avec mépris comme des ratés et des imbéciles, imitant en cela leur gourou, leur chef de file ; une caste médiatique grassement payée pour réciter en chœur les « éléments de langage » destinés à anesthésier toute critique, toute révolte ; des policiers dont les violences resteront impunies, des magistrats qui finalisent le travail en criminalisant ceux qui résistent.

            Cela, tout le monde le sait, désormais. Et pourtant…

            Jusqu’à quand la passivité, l’indifférence, le chacun pour soi, la consommation via Amazon et Deliveroo, et aussi l'émiettement des luttes, la dispersion des prises de conscience, l'impuissance intériorisée l’emporteront-ils ? Merde ! ils détruisent le code du travail, ils démantèlent la Sécu et les retraites, ils traquent les chômeurs et les migrants, ils asphyxient l’hôpital, ils désorganisent et paralysent l’école, ils bradent au privé tous les biens publics, bref ils saccagent la société avec laquelle ils ont fait sécession : tout pour leur gueule, les autres peuvent bien crever…

            Alors que tant d’autres pays sont en état d'insurrection, la France se soulèvera-t-elle contre la caste et sa politique néo-libérale ? Le peuple français rejettera-t-il un système qui génère souffrances, inégalités, injustices, frustrations et destruction de la planète ? Ou bien faudra-t-il attendre que la crise climatique viennent tout balayer et en particulier ce qui reste de vie sociale organisée ?

           François Ruffin appelle à un « Front populaire écologique », Mélenchon parle d’une « Fédération populaire », mais qu’importent la forme et les slogans : un débordement populaire doit advenir, c’est la seule issue. La résignation n’est pas fatale. Les gilets jaunes l'avaient compris.

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