Mélenchon et "le bout du tunnel"

Mélenchon a raison, l'élection présidentielle peut se jouer sur l'espoir de voir "le bout du tunnel". Mais tient-il le discours social, humain, solidaire qu'attendent celles et ceux qui sont "au fond du trou" ?

Le "bout du tunnel"

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               Il est de bon ton, chez ceux qui ne connaissent pas la crise, de brocarder le propos de Mélenchon visant à proposer « une lumière au bout du tunnel ».

               Il s’agit pourtant bien de cela : l’élection présidentielle ne va pas se jouer sur un « programme », fût-il aussi précis, complet et séduisant que L’Avenir en commun.

                Elle ne se jouera pas sur la transformation écologique, l’anticapitalisme, la rupture avec les traités européens ou la 6e République.

                Elle se jouera sur l’espoir de la justice sociale ; l’espoir de pouvoir, après l’élection, vivre mieux ou moins mal. Jean-Luc Mélenchon est-il capable de susciter cet espoir ?

                Est-il capable de parler au peuple ? Peut-il rendre crédible la promesse d’augmenter les salaires, de renforcer la sécurité sociale (remboursement des soins, droits des chômeurs, prise en charge de la dépendance), de rétablir et développer les services publics dans les territoires ruraux et urbains défavorisés (école, services médicaux, transports publics, la poste), de renforcer tous les « communs » (eau potable, électricité, internet, voirie) ?

                Mélenchon peut-il accepter de faire d’un tel programme le socle d’une candidature de rassemblement. Le vrai « bout du tunnel » est suspendu à cette question.

                Certes, la force de Jean-Luc Mélenchon, c’est qu’il est aussi en mesure de répondre à la question des moyens pour y arriver comme il est aussi capable d’inscrire ce projet de justice dans la perspective d’une vaste alternative, mais ce n’est pas là que se situe l’enjeu électoral ; l’enjeu, c’est de s’adresser à celles et ceux qui ne se soucient pas des moyens ou des perspectives, à celles et ceux pour qui seul compte de « changer la vie » immédiatement. Le discours doit être simple et à visée pratique.

                 Depuis les banlieues appauvries jusqu'aux ronds-points désertés par les Gilets jaunes, des jeunes sans perspectives aux chômeurs méprisés, un nouveau discours est attendu, pas "politique", mais social, humain et solidaire.

PS : depuis la rédaction de ce billet, JL Mélenchon a répondu à une interview de BFM-TV. A la question "Quelle serait votre première mesure si vous arriviez au pouvoir?", il a répondu, en substance: "Convoquer tout le monde pour organiser la lutte contre la pauvreté". Il en a fait l'image d'appel de la vidéo de cette interview sur son Blog :

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