Mélenchon invité du « Grand jury RTL-Le Figaro-LCI », ce dimanche midi.

Les auditeurs et téléspectateurs qui espéraient écouter ce que le leader Insoumis avait à dire sur la situation politique ont eu fort à faire pour entendre quelque chose dans la cacophonie ambiante.

Mélenchon invité du « Grand jury RTL-Le Figaro-LCI », ce dimanche midi.

Les auditeurs et téléspectateurs qui espéraient écouter ce que le leader Insoumis avait à dire sur la situation politique ont eu fort à faire pour entendre quelque chose dans la cacophonie ambiante.

Le quarteron de journalistes qui « interrogeait » Mélenchon semblait n’avoir qu’un objectif : l’empêcher de finir une phrase.

La technique mise en œuvre : des volées de questions posées sans discontinuer dont on n’attend surtout pas que l’interviewé y apporte une réponse, des questions destinées à interrompre, à mettre en pièce, à rendre inintelligible toute tentative de réaction claire et un peu argumentée. À ce jeu, « pas un pour racheter l’autre », tous complices, comme larrons en foire.

Parfois des questions d’un intérêt incontestable mais auxquelles l’auditeur ne doit surtout pas entendre la réponse ; au quatrième mot, on coupe, on interrompt, on savonne ; souvent, des questions « pièges » face auxquelles on espère visiblement que l’interviewé perdra son calme, s’emportera (c’est si facile, croit-on, avec Mélenchon !) ; des questions manipulatrices comme celle - soi-disant posée par « les internautes » - au sujet de sa réaction, il y a quelques lustres déjà, aux perquisitions à La France insoumise : « regrettez-vous votre réaction ? » ; des questions « politiciennes » face auxquelles l’interviewé est obligé de répondre « comme si elles étaient intéressantes » ; des questions insidieuses permettant de mettre sur le même plan La France insoumise et l’extrême droite, le repoussoir habituel, un procédé usé jusqu’à la corde mais, faute d’imagination, on en remet une couche ; des questions sans intérêt mais ça permet de gagner du temps, de ne pas parler d’autre chose, d’attendre le gong de la fin de l’émission ; et même des questions délibérément stupides que Mélenchon doit supporter avec le sourire. Etc. Et surtout, toujours, sans faiblir, avec constance, des questions qui visent non à éclairer l’auditeur mais à empêcher l’expression d’une pensée cohérente. Il sont payés pour ça….

Et pourquoi font-ils cela ? Ils ne sont pas supposés être bêtes, pourtant ? Mais, ces journalistes partent du principe que les auditeurs - eux - sont bêtes, ne voient pas la manœuvre. Et en fait, l’auditeur est fatigué ; il a envie de zapper. C’est sans doute finalement l’objectif poursuivi : on invite Mélenchon - « on est pluralistes, on est démocrates ! » - mais on s'acharne à neutraliser l’invité, on veut stériliser ses efforts pour s’expliquer, on combat le mieux possible, avec toutes les ficelles de l'anti-jeu, tout ce qu’il représente ; on réduit l’émission à un bazar et à un non-événement.

Ils font le contraire de ce que doit être le journalisme.

On a honte de l’indigence de nos médias.

On se dit que Mélenchon ferait mieux de ne pas y aller.

Je modifie et complète ce post lundi matin avec, ci-dessous, les indications collectées par Marie Rambeault et postées dimanche soir en "commentaires"; il s'agit du pédigrée réel de l'intervenant enregistré à l'avance qui a été présenté comme le président d'une association de commerçants indépendants et a posé une question surprise à JLM. Ils ne reculent devant aucune bassesse...

commentaires-marie-rambeault

 

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