La France insoumise contre le Front national

En préambule, je dois préciser que, comme beaucoup de membres de la France Insoumise, je ne suis pas pour un appel au « rassemblement » contre le Front National au second tour.

1) En préambule, je dois préciser que, comme beaucoup de membres de la FI, je ne suis pas pour un appel au « rassemblement » contre le FN au second tour.

2) On peut admettre que la belle progression du vote JLM s’est faite, essentiellement, ailleurs que sur le vote FN tandis que le vote FN, lui, se consolidait, à rebours du mouvement de progression de la France insoumise. C’est devant cet obstacle que la campagne a buté. La FI ne fait reculer le F-Haine qu’à la marge et c’est trop grave pour ne pas devoir être formulé publiquement dès maintenant.

3) Incontestablement, une part croissante de ce vote est un vote d’adhésion, d’adhésion haineuse et décomplexée (comme on dit) au racisme et à la xénophobie, au discours anti-démocratique et autoritaire du FN. Le vote de ressentiment, s’il existe encore, n’est plus, par exemple chez les jeunes, ce qui structure cet électorat aujourd’hui. La progression limitée du vote pour JLM dans les terres du FN en témoigne : c’est comme si l’offre d’alternative de gauche, sociale et démocratique, n’était pas prise en compte par cet électorat car, fondamentalement, elle n’entre pas dans son paysage idéologique.

4) On a donc à faire avec un vote d’extrême-droite, à caractère fasciste, classique. Quand JLM prône la République et les valeurs de la République (Liberté, égalité, fraternité), y compris dans sa déclaration du soir du premier tour, c’est bien ce vote qu’il dénonce mais c’est un message qui demande à être décodé, c’est une dénonciation qui reste non frontale et ne semble pas viser les électeurs radicalisés du F-Haine.

5) Mais il faut aller plus loin car l’électorat du FN est aujourd’hui plus extrémiste, plus fascisant, que ne l’est le discours explicite de la candidate de ce parti. En masquant, avec le complicité « dédiabolisante » de médias et du « ni-ni » politique », son projet extrémiste avec un discours nationaliste « correct », se réclamant de la République et de ses symboles, la candidate du FN ne satisfait que sur le mode du clin d’œil complice un électorat radicalisé qui demanderait beaucoup plus de violence. Certains ont dit que la victoire de MLP libérerait une vague de violence inouïe dans le pays tant la vérité du FN et de son électorat est aujourd’hui dans cette radicalisation.

6) Va-t-on vers une situation de guerre civile ? N’est-ce pas ce à quoi une partie de cet électorat aspire, sachant qu’il vote sans espoir de gagner par les urnes ?

 

Michel Pinault

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