Transition écologique, justice sociale, démocratie citoyenne. En même temps !

L’année 2018 marque « une rupture dans la prise de conscience écologique ». Le macronisme est invalidé. L’émergence d’un mouvement citoyen pour sauver l’humanité et la planète est-elle possible ? Les principales forces progressistes sont au pied du mur.

 Transition écologique, justice et équité sociales, démocratie citoyenne. En même temps !

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       Pour le Monde - mais aussi d’après les enquêtes des instituts de sondage - l’année 2018 marque « une rupture dans la prise de conscience écologique ». L’idée qu’un « soulèvement pacifique » puisse se produire émerge même. On peut sans doute y voir un lien avec l’émotion provoquée par la démission de Nicolas Hulot de son ministère, émotion renouvelée avec son refus récent d’opposer, dans sa perception du mouvement des « gilets jaunes », les « fins de mois » difficiles et la « fin du monde » annoncée.

      Et, de fait, si tout le monde a bien compris que la question sociale, celles de la justice sociale et de l’équité fiscale, sont devenues incontournables pour qui veut que le société française ne passe pas de la fracture en son sein à l’affrontement, il est tout aussi évident que la mis en œuvre d’un projet politique qui assure la conciliation entre les urgences sociales et l’urgence écologique est désormais au cœur des préoccupations.

      Devant ce constat, le macronisme est aussitôt invalidé ; il a montré, en dix huit mois, son orientation foncièrement réactionnaire, son aristocratisme technocratique et son aveuglement social et écologique : la preuve en est, Nicolas Hulot a claqué la porte du gouvernement et les « gilets jaunes » ont surgi.

     Qui pourrait en France aujourd’hui mettre en œuvre une orientation politique susceptible de réconcilier « le peuple » avec les institutions, capable de produire une transformation rapide du modèle de production et de consommation qui nous conduit à l’effondrement, et qui arrive EN MÊME TEMPS ;-)) à assurer un accompagnement social équilibré, une progression de l’emploi et du pouvoir d’achat, la justice fiscale ?

     Les principales forces progressistes peuvent se mettre d’accord sur un tel projet qui implique de renoncer aux dogmes du libéralisme, du « marché libre et sans entraves ». Courants de l’écologie politique, gauche socialiste, France insoumise, parti communiste, toutes les confédérations syndicales, boîtes à idées et intellectuels engagés, groupes alternatifs, mouvements associatifs et « gilets jaunes », tous doivent se mettre autour d’une table pour élaborer, noir sur blanc, un programme pour une alternative écologique et sociale. Rien ne les en empêche.
     Dans le même temps, elles devraient s'organiser , dans la perspectives des élections européennes du printemps pour présenter un front uni des forces éco-sociales dans toute l'Europe.
     Personne ne peut croire que les « identités » différentes, les passifs accumulés, les querelles de préséance, et même les concurrences partisanes et les soucis de carrière pourront l’emporter sur la prise de conscience de l’impasse actuelle, de l’urgence absolue, face à l’inquiétude qui s’aggrave et à la profondeur du désespoir, face à des risques croissants de dislocation sociale.

    La probabilité de l’émergence d’un mouvement citoyen pour sauver l’humanité et la planète est-elle si grande, si certaine, qu’on puisse s’en remettre à elle ?

La responsabilité des forces progressistes est majeure.

    Le temps est compté.
    Les citoyens - dont les sondages montrent qu’ils sont mûrs pour cette révolution dans nos modes de vie - les attendent à ce rendez-vous de l’histoire.

 

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