Contre la privatisation du barrage hydro-électrique de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes) !

L'Union européenne exige la privatisation des barrages hydro-électriques français. Les gilets jaunes des Hautes-Alpes ont créé un collectif « Ne nous laissons pas tondre ! » de résistance au projet gouvernemental de privatisation du barrage hydro-électrique de Serre-Ponçon. Manifestation le 8 mai.

Mobilisation contre la privatisation du barrage hydro-électrique de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes) !

           Les gilets jaunes des Hautes-Alpes ont créé un collectif « Ne nous laissons pas tondre ! » de résistance au projet gouvernemental de privatisation du barrage hydro-électrique de Serre-Ponçon.
Un site d’information et de mobilisation a été ouvert : www.privatisation-barrages.fr

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             Mercredi 8 mai, RÉSISTANCE !!! Tous à Serre-Ponçon (05)

             Le mercredi 8 mai – jour férié de commémoration de la victoire sur le nazisme et moment idéal pour évoquer le souvenir du programme du Conseil national de la Résistance (CNR) qui avait décidé, entre autre, en 1945 la nationalisation des barrages hydro-électriques – sera une journée de mobilisation : rendez-vous à 11h au pont de Savines, au pied de la statue de la Fée électrique ; à 13 h, pique-nique au Muséoscope du barrage de Serre-Ponçon.

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            La privatisation des barrages hydro-électriques, l'Union européenne l'exige, Macron et Edouard Philippe l'entreprennent sans état d'âme
            Comme le rappelait un article paru sur le site Reporterre, (https://reporterre.net/La-privatisation-des-barrages-menace-la-gestion-de-l-eau) la décision de privatiser les 662 barrages français produisant 10-12% de notre électricité -à des coûts particulièrement bas - résulte d’une directive de l’Union européenne qui, au nom de la concurrence libre et non faussée inscrite dans les Traités, est décidée à obtenir le démantèlement des services publics de production et de distribution de l’électricité, à ouvrir ce marché à la concurrence entre les grands groupes privés.
            En ce début d'année 2019, l’Union européenne a adressé à la France une nouvelle « mise en demeure » à la suite de laquelle le gouvernement s’est engagée à répondre aux exigences de l’UE comme l’a montré une note datée du 22 janvier 2018, révélée dans la presse ; le premier ministre a confirmé que des appels d'offre seront lancés prochaînement. Depuis, le projet de privatisation des barrages a pris forme et les représentants du gouvernement aussi bien que les élus macronistes ont entrepris de justifier ce projet comme ils ont justifié la privatisation des aéroports ou l’ouverture à la concurrence des transports ferroviaires. Nous sommes devant une nouvelle étape du démantèlement d’EDF déjà éclatée en trois unités indépendantes. Divers groupes privés comme Total sont prêts à se jeter sur la proie qui va leur être offerte.

             Une source d'énergie renouvelable vendue à l'encan
             Pourtant, « les grands ouvrages hydrauliques sont aujourd’hui l’un des seuls moyens de produire une énergie renouvelable fiable, efficace et rentable. Par le biais des stations de transfert d'énergie par pompage, l’énergie hydraulique est devenue stockable et on peut désormais la mobiliser en fonction des pics de consommation. Représentant plus des deux tiers de la production d’électricité renouvelable en France, l’énergie hydraulique est un levier essentiel pour porter - comme il a été inscrit dans la Loi de transition énergétique - les énergies renouvelables à 32 % de la consommation finale brute d’énergie (contre seulement 18,4 % en 2017). » (Nathan Méténier, Reporterre, 17 juillet 2018).

             La maîtrise de l'eau douce perdue par la puissance publique et livrée aux marchands du Temple
             L’autre grand enjeu de ces privatisation concerne la maîtrise de la ressource en eau douce ; une fois les barrages privatisés, l’eau contenue dans leurs réservoirs le sera aussi et leurs nouveaux propriétaires auront la maîtrise de cette immense richesse naturelle. Voilà un nouveau bien commun dont la nation s’est assurée la maîtrise collective et qu’on veut livrer aux appétits de la concurrence. À l’heure du changement climatique, à un moment où l’accès à l’eau devrait être un droit garanti comme on doit pouvoir avoir le droit d’accéder à un air pur, à quels nouveaux reculs doit-on s’attendre ?

              Défense du service public, préservation du monopole d'État dans ce secteur stratégique de la production énergétique
              Les barrages ont été jusque-là des instruments publics entre les mains d’EDF, de régulation de la ressource pour l’irrigation agricole ou encore l’eau potable. Au barrage de Serre-Ponçon, EDF et les collectivités territoriales sont en contact permanent pour définir des niveaux d’eau satisfaisants tout à la fois pour les besoins de turbinage, pour l’irrigation des terroirs agricoles de la vallée de la Durance et pour les diverses pratiques nautiques touristiques. Sans compter la sécurité des populations en aval et la régulation les crues.

              Dans les Hautes-Alpes, de Gap à Briançon, du Champsaur à la Clarée, de la Vallouise au Queyras, les mobilisations citoyennes se suivent, s'additionnent et se nourrissent, une vie associative foisonnante y préside : depuis les cortèges d'opposants à la création de plus de cent km de nouvelles lignes aériennes à haute tension par RTE (en particulier pour livrer du courant à l'Italie) jusqu'aux opérations répétées d'occupation des gares SNCF pour défendre la ligne Grenoble-Gap-Briançon, protester contre la division par deux des dessertes ferroviaires journalières entre Aix et Briançon par décision de la Région, et pour obtenir la pérennisation du précieux train de nuit Paris-Briançon, depuis la constitution par des bénévoles venant de tous horizons d'un réseau serré d'assistance aux réfugiés venant d'Italie au péril de leur vie, été comme hiver, à travers une frontière transformée en zone militarisée jusqu'aux mobilisations des professionnels et des usagers pour la défense du centre hospitalier, j'en passe et bien d'autres, voilà une population qui ne veut pas se laisser faire, qui résiste, qui sait ce qu'elle veut pour le bien-être de la région. Le mouvement des gilets jaunes s'est développé, depuis cinq mois, sur ce terreau ; les ronds-points sont la face visible que prennent ces jours-ci ces mobilisations citoyennes.

             Voilà pourquoi les gilets jaunes des Hautes-Alpes ont fait de la bataille pour le barrage de Serre-Ponçon l'un de leurs objectifs. Tous les Hauts-Alpins peuvent et doivent se sentir concernés.

Soyons nombreux, le 8 mai, à Serre-Ponçon !!!!

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