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Billet de blog 5 janv. 2022

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Quelque chaos qu'il en coûte…

Considérations désabusées sur la dernière déclaration du président de la République.

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 Le pass sanitaire a été une volonté de faire peser sur une fraction de la population réfractaire à la vaccination des contraintes qui la pousse à franchir le pas. Stratégie en partie réussie, avec un afflux de « volontaires » cet été, mais qui n’a pas convaincu les plus irréductibles d’entre eux où l’on retrouve un bazar compliqué de complotisme, d’ignorances, de craintes, de repli sur soi, d’impossibilités sanitaires et de désespoirs aussi.

En décembre, la réponse de l’exécutif à la menace d’un variant hyper contagieux a été : ON CONTINUE ! avec la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal. Quel état de sidération, quel degré d’hybris a bien pu persuader le pouvoir qu’une LOI, et une loi de cette nature, pouvait apporter la moindre solution. Première absurdité : le calendrier. Tous les vaccinés annuels de la grippe savent que le vaccin n’a d’efficacité que pris à temps, c’est-à-dire avant l’arrivée du virus. Mettre en avant une politique de vaccination alors que l’Omicron est à nos portes est une erreur naïve. Et une faute politique grave. Celle de M. Véran, fin décembre, s’adressant aux non vaccinés pour leur dire, « cette fois, vous ne passerez pas à travers les gouttes ». Manifestation cynique d’un ministre, un médecin, qui connaît le danger qui menace les non vaccinés,  notre système de santé et toute la population, et qui, en dehors du pass vaccinal et d’un empilement de pseudo mesures de circonstances durant les fêtes, laisse courir le virus, et courir encore avec la rentrée de janvier.

« J’ai très envie d’emmerder les non vaccinés », voici donc que nous est donné le fin mot de l’histoire.

Par aveuglement, Emmanuel Macron est passé à côté de la seule chose à faire en décembre : non pas « emmerder » les non vaccinés. Les protéger. Les mettre à l’abri du variant Omicron, et, avec eux, la société entière. Et nul besoin de discours punitif. Le pouvoir peut aussi être bienveillant et tirer bénéfice de cette bienveillance. Par exemple, en se montrant soucieux de la santé de ceux qui ne se sont pas résolus pour une raison ou une autre à la vaccination. Faire de la République une protection, est-ce trop demander à qui n’a cessé de « vendre » le « Quoi qu’il en coûte ». Sans doute. Parce qu’à la dernière minute? « Quoi qu’il en coûte » est devenu : « Quelque chaos qu'il en coûte ».

À vouloir emmerder les non vaccinés, nous voici tous dans la merde. 

Joli programme de haine pour une réélection.

Juste un de plus.

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