Le dernier protocole sanitaire des écoles serait-il une aberration ?

Deux informations méritent d’être réfléchies. Le renforcement du protocole sanitaire des écoles conduit aujourd’hui à fermer une classe au premier cas contact. Le Lycée Delacroix à Drancy (93) a ainsi fermé ce week-end 22 classes, renvoyant chez eux environ 500 élèves sur un total de 2400.

Première aberration : comment concevoir qu’une institution scolaire renvoie presque un quart de ses élèves pour raison sanitaire, la circulation d’un virus particulièrement contagieux, et accueille LE LENDEMAIN les trois quarts restant sans évoquer la nécessité d’une désinfection et une mise en quarantaine des bâtiments d’au moins quelques jours ? Croit on vraiment que le virus est absent de l’endroit où les élèves vivent à longueur de journée ? Qu’il est absent des tables où ils s’assoient, du matériel qu’ils manipulent ? Qu’il s’est peut-être évaporé durant la fermeture du week-end ?

Ce n’est pas tout : que deviennent les 500 élèves contacts séparés de leurs camarades, renvoyés chez eux sans cours en distanciel, c’est-à-dire, séparés du milieu social de l’institution scolaire, et alors que le confinement actuel autorise les sorties dans un rayon de 10 km ?

A quoi peut-on s’attendre sinon à les retrouver À L'EXTÉRIEUR, en compagnie de leur camarades, peut-être même aux alentours du lycée, et cela sans masques ni gestes barrières comme nous le constatons tous les jours hors l’injonction institutionnelle et la surveillance des adultes ? Comment ne pas voir que ces élèves, qu’on écarte pour des raisons sanitaires sont, faute d’un vrai confinement, et dans toutes les occurrences de leur riche vie sociale, des contaminateurs potentiels livrés à eux-mêmes dans un département en catastrophe sanitaire ?

Ce n’est pas tout : ce matin on m’informe de 3 cas contacts dans mon établissement, exclus cela va de soi. Mais, sous prétexte que leurs symptômes sont apparus alors qu’ils n’étaient pas au lycée, leur classe n’est pas déclarée contact ! Casuistique dont il faut craindre qu’elle soit ignorée du virus, car nous savons, et pas depuis un an, que la contagiosité virale PRÉCÈDE les symptômes, et qu’en agissant ainsi on ignore les possibilités de contaminations en amont. Sans compter que le raisonnement précédent s’applique là aussi en aval : la liberté de circulation de l’actuel confinement ne garantissant nullement que ces élèves n’auront pas de contact avec leurs camarades hors du lycée.

Par l’empilement de mesures incohérentes, l’actuel protocole sanitaire dans les écoles est une pure et simple PASSOIRE qui ne peut que favoriser la multiplication des cas, menacer les élèves toujours dans les classes, les personnels adultes des établissements scolaires et des quantités de familles qui y envoient leurs enfants en toute confiance.

 Quand va-t-on enfin sortir de cette aberration et rentrer chez nous, le dernier endroit où, à défaut de tout le reste, nous risquons le moins d’aggraver la situation et de tomber malade ?

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