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Billet de blog 14 sept. 2021

En finir avec l'accusation de "culte de la personnalité"

Définition : Le culte de la personnalité est l'adulation excessive d'un chef d'État dans un régime. Par extension, elle peut s'appliquer à toute personne en vue bénéficiant d'un fort battage médiatique ; ou pour dénoncer le pouvoir excessif d'un leader. Qu'en est-il dans le paysage politique actuel ?

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Quand on ne sait pas argumenter pour critiquer le contenu de "l'Avenir en Commun", le programme défendu par le candidat Jean-Luc Mélenchon, on s'attaque à sa supposée personnalité et par extension, à celle de celles et ceux qui soutiennent sa candidature. Mélenchon est un gourou et les insoumis des soumis à leur gourou.

Il y a même des insoumis qui, par peur sans doute qu'on les en accuse, lancent le fameux "pas de culte de la personnalité !" dès lors qu'on mentionne la valeur de l'homme politique qu'est Mélenchon.

Dans la France actuelle,
 - alors que l'on encourage chacun.e à piétiner les autres pour réussir à se hisser au sommet...
 - alors qu'on a élu Emmanuel Macron, tombé comme un cheveu sur la soupe et décrété "homme providentiel" par la caste dominante qui a utilisé tous les moyens pour manipuler les esprits...
 - alors qu'un Arnaud Montebourg se pose lui-même en sauveur du pays sans qu'absolument personne ne lui ait rien demandé et alors qu'il s'était retiré de la politique...
... dans la France actuelle, celui qu'on traite de gourou c'est Jean-Luc Mélenchon et l'on accuse celles et ceux qui le soutiennent de forger le culte de sa personnalité.

Reprenons la définition : Le culte de la personnalité est l'adulation excessive d'un chef d'État dans un régime. Par extension, elle peut s'appliquer à toute personne en vue bénéficiant d'un fort battage médiatique ; ou pour dénoncer le pouvoir excessif d'un leader.

La mode étant aux raccourcis et à la binarité intellectuelle, on assimile allégrement le fait qu'il y ait un leader, un porte-parole doué avec un culte de la personnalité qui deviendrait automatique et inévitable.

Macron, actuellement chef de l'état français, n'est-il pas adulé de façon excessive ?
Selon les médias dominants, selon nombre de politologues en vue, la réponse n'est même pas "non" puisque la question n'est même jamais posée ! Et pourtant ! La réponse est bel et bien un évident "oui" !
Une grande partie des ministres macronistes, des députés LREM et même de nombreux journalistes et éditorialistes des plateaux télé adulent Macron de façon excessive !
Il suffisait d'entendre Nathalie Saint-Cricq lors de l'émission qui a suivi la cérémonie d'hommage national à Jean-Paul Belmondo, cette "journaliste" n'a fait que revenir sur les détails de l'intervention de Macron même quand ses collègues changeaient de sujet ! Saint-Cricq n'a pas rendu hommage à Bebel mais à Macron !
Et que dire de Gérard Collomb qui a demandé des "preuves d'amour" de la part de Macron quand on lui demande s'il va soutenir la probable candidature du président sortant en 2022 ?

En ce moment, au PCF, Fabien Roussel n'est-il pas l'objet d'un culte de la personnalité quand des communistes, pour sauver le nom de leur parti historique, sont prêts à absolument tout accepter sans aucune réserve ni aucune critique alors qu'il flatte honteusement la droite et même l'extrême-droite ?
Pour Roussel, on peut admettre qu'il ne s'agisse pas d'un culte lié à sa personne mais à la place qu'il occupe comme chef du parti, ce qui n'est pas moins grave (au contraire) mais peut-être beaucoup plus surprenant à notre époque.

Alors pourquoi ne parle-t-on de culte de la personnalité que lorsqu'il s'agit des Insoumis et de Mélenchon ?

La raison me parait simple. Faire que, même parmi les insoumis, certains refusent de considérer comme normal d'avoir un leader et surtout parce que ce leader est un homme hors du commun, il faut culpabiliser celles et ceux qui lui reconnaissent ses qualités en leur faisant croire que reconnaître les qualités d'une personne c'est se laisser dominer.

Et se laisser dominer, c'est accepté par un macroniste ou un lepéniste mais pas par un insoumis. 

Or, se joindre à un leader tel que Jean-Luc Mélenchon n'a rien d'une acceptation à une quelconque soumission. Bien au contraire !
La force de conviction de Mélenchon, la passion qu'il met dans ses discours, la sincérité de ses actions, sa faculté et sa volonté de développer notre compréhension des enjeux et et des rouages de la vie politique, son évidente honnêteté ont justement sorti beaucoup de gens comme moi d'un état de soumission inconsciente. Il nous a sortis d'une quasi passivité, il nous a donné de l'énergie pour nous battre dans le but de construire un monde plus libre et plus fraternel.

Lui seul ?
Non ! Bien sûr que non ! Sans l'AEC (Avenir en Commun), Mélenchon ne prêcherait que pour prêcher. Sans un programme bien construit, aucun leader ne peut faire autre chose que des promesses stériles.

C'est la conjonction de la lecture de l'AEC et l'écoute d'un meeting de Jean-Luc Mélenchon qui m'a personnellement lancée dans la bataille !

L'AEC seul aurait-il réussi à me faire m'investir autant ? Je ne le crois pas. Sans un.e candidat.e solide pour le porter, j'aurais sans doute pensé "utopie".
La personnalité seule de Jean-Luc Mélenchon aurait-elle réussi à déclencher ce militantisme qui est maintenant le mien ? Je ne le crois pas.

Si le leader est un pilier, il faut que ce pilier soit érigé sur des fondations saines et solides.

L'AEC a été élaboré par des milliers de contributions, par un travail collectif. C'est, à ma connaissance, le seul et unique programme politique français ayant jamais été construit ainsi, ce qui fait que ce n'est pas un hasard si la plupart de ses propositions correspondent aux besoins et aux aspirations de 60 à 90% des Français selon le sujet étudié.

Quand on dit "culte de la personnalité", on veut faire croire qu'on ne s'attache qu'à la personne, qu'on en serait, en quelque sorte, un amoureux ou une amoureuse inconditionnel.le.

Alors, bien sûr qu'on éprouve des sentiments pour un leader dont on partage les idées et encore heureux !
Quels humains pourraient se targuer d'être encore des humains s'ils gommaient tout sentiment pour ne voir dans un leader qu'un être efficace et impersonnel ?
Faudrait-il n'avoir que des leaders dématérialisés  à l'heure ou l'on tente de tout dématérialiser, y compris les relations humaines ? On y arrivera peut-être si on laisse le transhumanisme faire son chemin sans aucune surveillance mais, fort heureusement, il y a encore des humains humains.

Une personne qui a consacré sa vie à la politique dans une optique humaniste, dans le but d'agir pour le bien commun, acquiert une expérience forte et aussi du charisme.

Voilà ! On y est ! Le charisme !

C'est ce que ceux qui craignent que Jean-Luc Mélenchon accède à la présidence tentent de gommer : son charisme.

Le charisme, ça ne devrait exister que chez les artistes pour qui l'on fait des hommages nationaux disproportionnés mais chez un homme politique populaire ? Ah non ! Surtout pas ! Interdit !

Que le peuple admire voire même adule un artiste ou un sportif, ça ne mange pas de pain. Au contraire, ils aident (souvent bien involontairement) à occuper les esprits pour leur enlever encore du temps de réflexion. C'est tout bénef pour les puissants !
"Du pain et des jeux !" constatait un poète antique. Aujourd'hui, les jeux semblent suffire. Même le manque de pain ne fait pas réagir !

Les mêmes puissants voient d'un très mauvais oeil que les gens du peuple s'attachent à un leader politique qui se dévoue à servir leurs intérêts ! Alors ils rabaissent aussitôt ces gens au rang de dominés manipulés par un dictateur en puissance parce que, c'est bien connu, seuls les puissants savent ce qui est bien pour le peuple.

Quand on est vraiment insoumis.e, on ne peut et on ne doit pas plier sous cette accusation de "soumis à un gourou", de "tomber dans le culte de la personnalité". On aime Mélenchon ? Oui et on peut dire pourquoi en levant haut la tête et en soutenant les regards.

Un gourou ne pousse pas à la réflexion ni à l'action en disant "n'attendez pas les consignes !". Un gourou immobilise et gèle les esprits.
Un gourou commande une armée de zombies ou de playmobils. Jean-Luc Mélenchon ne commande ni ne soumet personne. Il nous élève au contraire. Et il a permis à toute une armée de jeunes de se hisser suffisamment haut pour qu'il soit fier de les voir prendre sa place un jour.
Mélenchon est la première pierre d'un édifice qui, 5 ans après sa naissance, est devenu un beau bâtiment solide et harmonieux que nous devons agrandir, consolider et embellir.
Nous. Nous tous. Et nous tous sommes POUR cette UNION POPULAIRE que le candidat que nous avons investi défend avec tellement de coeur.

JEAN-LUC MÉLENCHON : ABNÉGATION & SINCÉRITÉ ! © 

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