Pognon de dingue, Barrages filtrants et grans principes

En quoi une politique sociale efficace suppose une équité fiscale, dont nous éloigne en France, la généralisation de la fiscalité indirecte -contraire aux "droits de l'homme.

 

POGNON DE DINGUE, BARRAGES FILTRANTS & GRANDS PRINCIPES

Il paraît que « les droits de l'homme ne sont pas une politique ». Il paraît...

Ceux qui demandent aujourd'hui le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune, peuvent pourtant se réclamer de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui n'accepte d'autre fiscalité que directe, proportionnelle voire progressive :

« une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » (article 13).

Car l'ISF répond parfaitement à cette définition.

De fait, consciemment ou pas, c'est cet impôt indirect que les protestataires des « giratoires » filtrants dénoncent à leur tour, en se plaignant de leur faible pouvoir d'achat. C'est cet impôt qui fait payer les riches le même prix que les pauvres. Comme au cinéma, à la boulangerie ou à la pompe et en tant d'autres circonstances. Comme, aussi, aux péages de l'autoroute, que l'on brûle aujourd'hui, comme les Parisiens de 1789 en agirent avec les barrières de l'octroi, avant même de prendre la Bastille.

Rien n'est plus opposé aux « droits » de l'homme que cette égalité formelle, cette machine à renforcer les inégalités entre citoyens et à compliquer les fins de mois.

Rien tant que cette TVA, qui frappe la consommation des mieux payés au même taux que celle de tous les autres. Vieille recette, qui remonte loin, et que, voici 50 ans, M. Giscard d'Estaing jugea ingénieux d'étendre au commerce de détail.

C'est que, en matière d'impôt (comme sur d'autres sujets comme la Justice, l'Ecole...), les gouvernements de la France ont renoué avec l'habitude d'enfreindre les « droits » de l'homme dont ils se réclament.

Au prétexte démagogico-électoraliste de commodités de gestion comptable : car la TVA, c'est l'impôt sans déclaration, « indolore ». Comme, à leur début, nombre de maladies graves. Et accessoirement, à l'incitation médiatique d'idéologues ,-mal guéris des fantasmes militants de leur adolescence- qui continuent à traiter ces « droits » comme une idéologie morale « égoïste » .

Maintenant que cet impôt indirect en est arrivé à assurer la moitié des ressources de l'Etat, l'effet de cliquet est là. Tant que les carottes et les tablettes seront vendues aussi cher-et même parfois moins- à Neuilly qu'ailleurs, (ie autant taxées), il n'y aura pas beaucoup de grain à moudre pour permettre aux classes moyennes de changer de voiture, de gâter leurs enfants ou de finir le mois.

 

Ah décidément, monsieur Gauchet, « les droits de l'homme ne sont pas une politique » !

 

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