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Sa biographie
Les premiers textes connus de Piquet dénotaient un regard plutôt critique sur son métier –chose peu favorable au confort quotidien d’un fonctionnaire sans relations. Sous le pseudonyme de l’Abbé Vivienne (de la rue du même nom ?), le « samizdat » illustré par Hergé: À quoi bon une bibliothèque nationale ?  anticipait de plusieurs mois la faillite de cet établissement, puis les simulacres de sa refonte par les responsables de cette faillite même (et à leurs profits individuels).... « Bibliothèque nationale : avec les moyens du bord » (article de la revue Le Débat), pointait un immobilisme foncier derrière l’utopisme de façade des projets officiels de BnF. Le tout centré sur le point de vue des usagers. Ce que viendra couronner la thèse du « labyrinthe positif » dans le Court Traité de signalétique à l’usage des bibliothèques publiques. En outre, la responsabilité du conservateur de bibliothèque s’inscrit, chez Piquet dans une problématique plus large : celle des conditions de la transmission, qui trouve un stimulant bien venu dans les enseignements de J. Jacotot (ressuscité par J. Rancière) la Bibliothèque et l’Ecole sur le cas : Le philosophe et la bibliothèque ; Sos phillo ). Tout indique que, pour ce bibliothécaire fervent, la préoccupation constante à l’égard de son métier et de ses principes a toujours été la partie émergée d’un iceberg : le souci d’un philosophe politique, voire l’anxiété au sujet des « valeurs » de ce qu’il est convenu de nommer « l’humanisme démocratique » (même si, à notre connaissance, aucune de ces expressions vagues ne figurent dans ses textes) (Voir son blog sur Mediapart & droits humains.philosophie@.com ou : « le blog de michel piquet »). Il s’agit de faire en sorte que la prolifération confuse et accablante des « droitdelhommismes » travaille non au profit d’une lassitude qui envelopperait de terribles menaces dont l’humanité sort à peine, mais comme une bienfaisante incitation à revenir à la Déclaration fondatrice des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Là-dessus, Piquet entend visiblement rompre un unanimisme : pas un « penseur » qui n'ait repris le couplet anti-Droits de l'homme (à part Rancière, Lefort, Balibar)  Quelques points essentiels dont il n’est pas question de restituer ici la démonstration : les « droits » de l’homme ne sont pas plus du droit, des normes juridiques, que des règles de morale, mais sont bien plutôt « de l’ordre des faits » ; du droit positif peut en être déduit, comme de tout autre chose, des faits historiques a contrario des « malheurs publics » ; ils ne sont au demeurant réductibles à aucune ascendance intellectuelle exclusive (ni droit naturel, ni contractualisme, ni plagiat des « Américains »).  La Déclaration de 1789 est un mode d’emploi, de gestion du groupe social. Un texte politique, aussi décisif en ce qu’il ne comporte pas qu’en ce qu’il déclare. Les défaillances dans son interprétation (comme Déclaration « française » ; « formelle », etc. ie comme identique à ses détournements les plus grossiers ) ont des effets d'une gravité extrême. Les autres Déclarations (droits sociaux, etc.> ; comme autant de lapsus. Ceux qui font hostilement réduction des « droits » de l'homme de 1789 au contexte évènementiel de leur Déclaration (manoeuvre contre la royauté, pressions de la rue...) confirment bien malgré eux qu'il s’est alors agi, dans la chaleur de la lutte, de l’ouverture bien involontaire d’une boîte de Pandore que tous les pouvoirs se sont efforcé de refermer depuis (moins efficacement par la force que par la promulgation, de plus en plus juridiciste, de « Déclarations » et de « nouveaux droits »). L’expérience des totalitarismes, directe ou par délégation, a été celle des « droits » de 1789. Le rappel à l’ordre n’a pas été compris, puisqu'il y eut la Déclaration universelle de 1948 = tragique bourde. Un retour à 1789 s'impose d'autant plus au spectacle des contorsions nos maîtres à penser du 21e siècle (Gauchet, Manent) . Qui tantôt distinguent les droits de 1789 comme les seuls authentiques par opposition aux « pervers » droits-créances, ;tantôt imputent les « dilemmes » et contradictions de ces droits présentés comme de « déliaison » et d'individualisme aux Droits de l'homme en général, ie... à ceux de 1789 ! Il a survécu comme "conservateur en chef des Bibliothèques".
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