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Billet de blog 13 août 2017

Opprimé l'est-il par imbécillité? (l'esclave, Voltaire et Kant?

Quelques facettes de la question de l'esclavage au temps des Lumières

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L’OPPRIME EST-IL UN IMBECILE ?

(L’esclave, Voltaire et Kant)

Voltaire esclavagiste ou anti esclavagiste ?

À cette question débattue, il est impossible de proposer une réponse tranchée. Pour éviter au moins l’anachronisme, on peut confronter les textes, et s’astreindre à un certain développement.

-Et pour commencer, Voltaire a-t-il pratiqué l’esclavagisme, en a-t-il tiré profit (lucratif)?

Rien ne permet d’affirmer qu’il ait été financièrement intéressé au commerce triangulaire. Ou de confirmer l’hypothèse selon laquelle le navire nantais auquel il avait consenti à donner son nom ait servi à la traite négrière. À parcourir sa correspondance, tel ne semble pas avoir été son souhait1.

En outre, il est de fait qu’il a milité pour l’éradication des derniers reliquats du servage en France (« main-morte » au profit de religieux, dans le Haut Jura, aux environs de sa terre de Ferney). Mémoire pour l’entière abolition de la servitude en France (1775) 2.

Avec d’autant plus d’énergie qu’il s’en prenait ainsi à des moines -alors même que l’Eglise, l’infâme, se faisait gloire d’avoir éradiqué l’esclavage en Occident3….

Voltaire a-t-il soutenu des thèses esclavagistes ?

a) Voltaire ne s’est pas associé aux partisans de l’esclavage, encore moins à ceux de son extension– pourtant influents en cette époque de paradoxes. (un des plus célèbres alors : J.F. Melon, Essai politique sur le commerce, 1734).

Voilà qui rangeait V. dans le camp de l’Encyclopédie de Diderot, selon laquelle l’esclavage est « contraire au droit naturel » (article « Nègre »).

Mais qui n’en fait un anti-esclavagiste que sous bénéfice d’inventaire. Car ce n’est pas lui qui a écrit que « l’esclavage est aussi contraire au droit naturel qu’au droit civil », c’est Montesquieu.4

b) Les phrases et les textes anti esclavagistes de Voltaire existent.

Chapitre 19 de Candide ou de l’optimisme : un nègre de Surinam, esclave au service du négociant Vandenderdur. Puni par mutilation. Les larmes de Candide. Autre épisode : des pirates noirs réduisent en esclavage des Blancs : réfutation par renversement des rôles.

Affirmation du droit des hommes à l’égalité dans l’article « Maître » du Dictionnaire philosophique. « Il faut avouer que, de toutes les guerres, celle de Spartacus est la plus juste et peut-être la seule juste ».

Dans ses Questions sur l’Encyclopédie, article « esclaves », Voltaire raille la justification de l’esclavage par la théorie du contrat de l’Ecole du droit naturel : « je donnerai raison à Pufendorf lorsqu’il me présentera le contrat entre le maître et l’esclave ». Son Commentaire sur l’Esprit des lois, récuse aussi le droit d’esclavage sur les prisonniers de guerre, affirmé après Aristote, par Sepulveda (contre Las Casas), Grotius, Bodin et jusqu’à Locke.

L’essai sur les mœurs et l’esprit des nations, porte condamnation de l’esclavage antique (chapitres CXLVI – CLI) et de la traite (fin du chapitre CLII), du point de vue d’une « philosophie de l’histoire ».

Le scandale de l’esclavage va accompagner tout au long la polémique anti-chrétienne et anti-biblique de Voltaire. Ainsi, observera-t-il que l’Evangile a été muet sur le sujet (Questions sur l’Encyclopédie, art. « esclave » (1771). Du 16e au 18e siècle (et jusqu’à l’abbé Grégoire exclu), aucun membre du clergé catholique n’a fait pour la cause des Noirs ce que Las Casas avait accompli pour les Indiens (et eux seuls)5. L’Eglise institutionnelle s’était rangée idéologiquement du côté des propriétaires coloniaux, en invoquant la « malédiction de la race de Cham », etc. Tout cela paraît avoir stimulé chez Voltaire un antiesclavagisme auquel ne le vouait pas l’évolution pessimiste de sa philosophie politique et morale.

c) Et pas davantage ses positions en « biologie » et en anthropologie. Et c’est examinée de ce point de vue que l’antiesclavagisme de Voltaire va encore un peu moins de soi. En ces matière, Voltaire est tenant de la doctrine polygéniste6 : les hommes ne descendent pas d’un couple unique (monogénisme), mais leur actuelle diversité de types, de « races »7 était présente dès le départ8.

Très en faveur à la Renaissance (Paracelse9, G. Bruno), la théorie anthropogénétique du polygénisme10 avait été réactivée à la fin du 16e siècle -précisément sous l’effet de la découverte des populations d’Amérique11. Adoptée par des matérialistes « savants » comme Malphigi, Gassendi, par les libertins érudits12, par Hume aussi, elle est assez largement vulgarisée.

Or on pouvait en tirer aussi bien :

Une démystification de la Bible : Adam, Eve et péché originel. Ce que fait Voltaire en imaginant, dans le Traité de Métaphysique, un astronaute qui conclurait, contre la Genèse et l’Eglise, du spectacle de l’extrême diversité des types humains à l’impossibilité qu’ils soient tous issus d’un même couple13.

-Mais aussi une hiérarchie des « races » (Gobineau sera polygéniste), dont pouvait se tirer sans peine une justification de l’esclavage14.

Pourtant le monogénisme honni par Voltaire pouvait lui aussi, chrétien ou pas, justifier l’anti-esclavagisme15. Ce sera le parti de Buffon, de Raynal16, beaucoup plus franchement antiesclavagiste que Voltaire et, pour une part, à l’origine de la Société des Amis des Noirs17. Et surtout, la conclusion expérimentale de l’Allemand J. F. Blumenbach (1752-1840), qui pourra récuser l’esclavage en vertu d’une réinterprétation scientifique de la variété humaine.

Du coup, le texte de Candide, cité plus haut, sur l’esclave mutilé, perd de sa simplicité. D’une part Voltaire n’y expose pas simplement une dénonciation par l’esclave du principe de l’esclavage. Certes, tel est le prix auquel on mange du sucre en Europe. Mais le maître n’est pas un sadique, il suit « l’usage ». En outre, les souffrances de l’esclave ont (aussi) un cause accidentelle. Et puis, surtout, ce dont ce malheureux se plaint le plus longuement, c’est de l’hypocrisie, sur la question, du discours monogéniste du clergé : «les fétiches (prêtres) hollandais, qui m’ont converti, me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d’Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous des cousins issus de germains. Or, vous m’avouerez qu’on ne peut pas en user avec ses parents d’une manière plus horrible». La cruauté de l’ironie ne fait que mieux ressortir que l’agression physique du maître n’est pas séparable de la tromperie intellectuelle des prêtres. Et enfin parce que c’est à la sottise de ses parents que l’esclave attribue la responsabilité décisive. Le commerce triangulaire n’est pas incriminé.

D’autant que l’esclavage apparaît surtout nocif pour les maîtres..

Comme « luxe inutile » Essai sur les mœurs...ch. 152. (« Des îles françaises »), il vient « flatter nos appétits nouveaux ».18 Condamnation qui tend à s’annuler elle-même. Et de ce que la position de maître n’est donc pas naturelle se tire sans peine que ... l’esclavage tient à certains caractères propres aux Noirs, qu’il est « la condition réservée aux Noirs par la nature »... Traité de métaphysique (1737) ; Les esclaves en Angola in Lettres d’Amabed (1769).

Certes, certes, un homme digne de ce nom préfèrera toujours l’indépendance à la subsistance. Et, précisément, si le Noir est réduit en esclavage, c’est peut-être bien qu’il... Et Voltaire de terminer la phrase : « un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur ; ce négoce démontre notre supériorité (des Blancs) ; celui qui se donne (sic) un maître était né pour en avoir »  (Essai sur les mœurs..., chap. CXCVIII, « Résumé de toute cette histoire ... » Raisonnement circulaire comme contre-épreuve « expérimentale » du polygénisme. (Dictionnaire philosophique, Article «Esclavage »19). N’est-il pas « surprenant de voir des hommes vendre leur liberté, leur vie, leurs concitoyens aussi tout étourdiment que font ces malheureux noirs ? » (Essai sur les mœurs..., chap. CXCVII).

Et Voltaire de « commenter » aussitôt : « Passion ! Ignorance ! que de morts vous faites au genre humain ! » (ibid.) La déploration est esclavagisme-compatible. Et bel et bien cohérente avec l’attitude prônée depuis le Poème sur le désastre de Lisbonne : une sorte de condamnation un peu platonique, un rationalisme réduit à l’ « espérance »20.

Vulgarisation du thème stoïcien : il n’est d’autre esclavage que le désordre de l’âme -y compris chez l’esclave. Le Nègre qui n’est asservi que par étourderie, ne sait pas souffrir : difficile de fonder là-dessus un abolitionnisme, même progressif.

d) l’équivoque tient aussi à la tendance corrélative de Voltaire à traiter de l’esclavage comme d’une coutume, non moins superficielle que les autres : « L’esclavage est aussi ancien que la guerre et la guerre aussi ancienne que la nature humaine. On était si accoutumé à cette dégradation de l’espèce qu’Epictète, qui assurément, valait mieux que son maître, n’est jamais étonné d’être esclave » sagesse, philosophie de l’esclave résigné à son statut. Sans compter que les conditions de vie de l’esclave sont moins pénibles que celles d’un soldat qui, lui, en outre, risque sa vie. (L’ABC ou dialogues traduits de l’anglais..., ibid.)

L’ABC... est très symptomatique de cette ambiguïté voltairienne, puisqu’il expose les opinions d’un « libéral », d’un « républicain » et d’un « aristocrate ». Mais sans que le lecteur puisse jamais exclure d’en attribuer aucune à Voltaire. Le libéral anglais s’adresse au républicain hollandais : «Tant pis pour lui <l’esclave> s’il me vend à bon marché quelque chose de si précieux <que sa liberté> . Dites qu’il est un imbécile : mais ne dites pas que je suis un coquin ». 

Au demeurant, les souffrances des esclaves tiennent surtout au fait qu’ils se disputent entre eux, ie à l’intolérance. « Les chrétiens grecs et les chrétiens latins étaient ennemis mortels dans Constantinople ; ces esclaves se persécutaient les uns les autres... » (Histoire des voyages de Scarmento écrite par lui-même (1756) ou : « Entre les Africains musulmans et les Européens chrétiens, la coutume de piller, de faire esclave tout ce qu’on rencontre sur mer a toujours subsisté. Ce sont des oiseaux de proie qui fondent les uns sur les autres » (Questions sur l’Encyclopédie « esclaves »). Et on sait que l’intolérance ne prendra fin qu’une fois écrasée l’Infâme. Voilà qui n’est guère stimulant en matière d’abolition. Aussi la modération d’Epictète suscite-t-elle le malaise : Voltaire en fait un modèle de résignation par opposition au clergé des tenants de l’Evangile qui se mêlent des affaires civiles... Les dernières paroles d’Epictète à son fils (1766). 

L’abolitionnisme effectif semble bien pas être une priorité de Voltaire.

On ne s’étonne plus, alors, que dans l’article « Maître » du Dictionnaire philosophique, Voltaire, confrontant le droit des hommes à l’égalité au constat des inégalités, en arrive à plaider pour l’acceptation d’inégalités « inévitables »21.

e) Du coup, le genre de condamnation de l’esclavage que prononce Voltaire ne peut avoir que des effets paradoxaux ; véhiculer un quasi- fatalisme confinant parfois au cynisme... « cultiver son jardin » ? « Si tout n’est pas bien, tout est passable » ?

Puisque l’humanité ne progresse que lentement. (« Philosophie de l’histoire » au début de l’Essai sur les mœurs et l’esprit des nations), le pragmatisme doit prévaloir :  l’esclave amputé par son maître apprend à Candide que « c’est l’usage » ? Un usage, cela se réforme et non s’abolit brutalement. Il faut améliorer. Les plus inoffensives formules ont un envers inquiétant. « La nature fort inférieure des nègres ne saurait empêcher qu’ils ne soient des hommes ». Et réciproquement : le fait que les nègres soient des hommes n’enlève rien à la forte infériorité de leur nature.

Une interprète autorisée a tenté d’en avoir le cœur net : « C’est l’importance relative des textes qui compte, écrivait Michèle Duchet. Par rapport au volume total de l’œuvre où ils prennent place, ceux que Voltaire consacre à la cause des nègres esclaves, frappent par leur minceur, et, pour tout dire, par leur insignifiance. Dans la campagne antiesclavagiste, ils jouent assurément un rôle secondaire. (...) un humanisme qui se donne comme tâche essentielle l’amélioration du sort des esclaves. Pourtant il manquerait quelque chose à l’étude de l’humanisme voltairien qui ne tiendrait pas compte des pages où il dénonce ce crime de lèse humanité qu’est à ses yeux l’esclavage des nègres.(...) cette cause n’est pas de celles qu’il a plaidées avec le plus de chaleur »22.

f) Or plusieurs indices nous laissent soupçonner qu’il y aurait encore excès d’indulgence à mettre ainsi Voltaire au nombre de ces penseurs rationalistes « modérés », progressifs, tenants de la simple amélioration, de l’affranchissement même graduel.

Au demeurant, la question traverse toutes les « Lumières ». Aussi pourrait-on tenter d’interpréter ici Voltaire en le confrontant à Kant. Celui-ci (quasi-contemporain de Voltaire), dans une note limpide et décisive, posera que la liberté ne s’acquiert ni ne s’apprend : « on ne mûrit pas pour la liberté »23. Ce qu’il souligne ainsi, c’est que la multiplication, par certains qui se disent des « lumières », des transitions, des délais, des étapes, des « médiations » sur le chemin de la liberté ne manifeste rien d’autre que leur peur de la liberté elle-même24. Celle des effets immédiats d’un affranchissement généralisé. Ce qui préoccupe Voltaire, de bout en bout, c’est bien moins de trancher si la « stupidité » des Noirs est substantielle ou acquise, cause ou effet de leur servitude, c’est l’affranchissement même. Sauvegarde des propriétés -et pas seulement des propriétaires d’esclaves.

Car, nous dit-il, « il est arrivé dans plus d’un royaume que le serf affranchi, étant devenu riche par son industrie, s’est mis à la place de ses anciens maîtres appauvris par leur luxe. Il a acheté leurs terres, il a pris leurs noms. L’ancienne noblesse a été avilie, et la nouvelle n’a été qu’enviée et méprisée. Tout a été confondu (...). Il est (pourtant) si aisé d’opposer le frein des lois à la cupidité et à l’orgueil des nouveaux parvenus, de fixer l’étendue des terrains roturiers qu’ils peuvent acheter, de leur interdire l’acquisition des grandes terres seigneuriales... » Article « Propriété », in Questions sur l’Encyclopédie.25

*

Dans ses Réflexions sur l’esclavage des noirs26, Condorcet, voltairien cohérent, tirera au clair les arrière-pensées de son maître: « les esclaves affranchis sont-ils dignes qu’on leur confie le soin de leur bonheur et du gouvernement de leur famille ? Ne sont-ils pas dans le cas des infortunés que des traitements barbares ont, en partie, privés de la raison ?»

Poser cette question, c’était évidemment y répondre. Pourquoi ce voltairien pédagogue n’a-t-il pas pris ici l’exemple de l’enfant, mais celui du « fou » par traumatisme ? Si ce n’est pour indiquer que les affranchis ne seront même pas accessibles à l’éducation ?27

L’équivoque voltairienne ne nous paraît avoir été à la hauteur du défi esclavagiste.

« - Que faut-il donc faire ? dit Pangloss. –Te taire, dit le derviche »28.

- Complément bibliographique :

°Alain Gresch, « De l’esclavage et de l’universalisme », Le Monde diplomatique, Avril 2008.

°Christopher L. Miller, The French Atlantic Triangle and Culture of the Slave Trade, Duke University Durham, 2008 <sur la capacité de certains intellectuels français des Lumières à « compartimenter » les problèmes de l’esclavage >.

°Dominique Tombal, « La polygénie au XVIIe et XVIIIe siècles : de la critique biblique à l’idéologie raciste », Revue belge de philologie et d’histoire, 1993, vol. 71, p. 850-874.

°Carlo Ginzburg, « Conversation avec Orion », trad. in Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 82, 2006. <une singulière lecture du Traité métaphysique de Voltaire, en rapport avec l’esclavage des Noirs au 18e siècle. Et aussi un modèle d’utilisation des catalogues de bibliothèques, pour y découvrir, outre ce que l’on cherche, ce dont ignore l’existence>.

NOTES

1 Des précisions in : Jean Ehrard, Lumières et esclavage, éd. A. Versaile, 2009, p. 28 ss.

2 Voir Dictionnaire de la pensée de Voltaire par lui-même, A. Versaile dir. éd. Complexe, 1994, p. 408 ss.

Jean Goulemot « Esclavage », in J. Goulemot, A. Hagnan, D. Masseau dir. Inventaire Voltaire, Gallimard, Paris, 1995, p. 495.

3 J. De Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des lumières, R.Laffont, Paris, 2007, p. 962).

4 De l’esprit des lois..., Livre XV, chap. II et chap. V ; livre XVIII, chap. XX ; Réponse à M. de Grosley. Mise au point : article « Esclavage » in J. N. de Viguerie, op. cit. p. 963 ss.).

5 Voir Viguerie, op. cit. 

6 La philosophie de l’histoire par feu l’abbé Bazin ; devenu : « Discours préliminaire à l’Essai sur les mœurs... », chap. 2.  Sur le débat polygénisme contre monogénisme, voir S. J. Gould, La mal mesure de l’homme, trad. Paris, 2005, 2009, chapitre 1.

7 Dans l’acception assez floue de ce terme au 18e siècle.

8 « La différence entre les hommes est aussi profonde que celle entre un lévrier et un barbet », Voltaire, Relation touchant un Maure blanc amené d’Afrique à Paris en 1744.

9 Voir travaux d’Alexandre Koyré.

10 « L’espèce humaine serait issue simultanément d’individus dispersés en des lieux différents du monde. Elle s’oppose à la théorie monogénétique qui suppose un « berceau » de l’humanité (...) s’appuyant sur le fait de la distribution presque universelle et en apparence simultanée de chacun des stades d’évolution biologique de l’homme (...) il est matériellement difficile de prouver cette universalité ». (Panoff et alii, Dictionnaire des sciences humaines, Paris, 1994). Le mot « polygénisme » n’apparaît qu’au 19e siècle. Syn. Hologénisme.

11 Marcel Bataillon, « L’unité du genre humain du P. Acosta au P. Clavigero », in Mélanges...Jean Sarrailh, Paris, 1966, tome 1, p. 75 ss.

12 Cyrano de Bergerac, Isaac de la Peyrère : la Bible ne retracerait que la seule histoire du peuple juif, le Déluge n’aurait concerné que la Palestine, (Prae adamitae sive exercitatio...ante Adamum conditi), Bruxelles, 1655.

13 Saint Paul : « Il a fait naître d’un seul toute la race des hommes pour habiter sur la face entière de la terre » (Actes des apôtres, 17.26.)

14 Voir P. H. Boulle, Race et esclavage dans la France de l’ancien régime, Perrin, 2007, chapitre 2.

15 Sur la variété de l’espèce humaine. Et sa préface. À ce sujet, Yves Bénot, « Une protestation ambiguë : la conscience européenne face à la traite et à l’esclavage », Diogène, n° 179, juillet - septembre 1997.

16 G. Raynal, Histoire philosophique et politique des Etablissements et du Commerce des Européens dans les deux Indes (1770).

17 Voir M. Dorigny, B. Gainot, La Société des Amis des Noirs, 1788-1799, Contribution à l’histoire de l’abolition de l’esclavage, éd. Unesco/Edicef, Paris, 1998, p. 12.

18 Voir Roger Charbonnaud, Les idées économiques de Voltaire en dehors du Mercantilisme et de la Physiocratie, chapitre II : Le Servage, Angoulême, 1907, p. 30 ss. (thèse).

19 Repris dans : ABC ou dialogues traduits de l’anglais...8e entretien.

20 « Eléments, animaux, humains, tout est en guerre.

Il le faut avouer, le mal est sur la terre (...)

Atome(s) pensant(s) je ne puis que souffrir. ». (chant final).

21 Sur ce point, voir Jean Ehrard, « L’esclavage devant la conscience morale des lumières françaises : indifférence, gêne, révolte », in Les abolitions de l’esclavage de L.F. Sonthonax à V. Schoelcher, Actes du colloque international tenu à l’université de Paris VIII les 3, 4 et 5 février 1994, P. U. de Vincennes et UNESCO, Paris, 1995, p. 143 ss.)

22 Michèle Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des lumiéres, Paris, 1971, 1995, p. 320 - 321.

23 Kant, La religion dans les limites de la simple raison. (Moins équivoque, d’ailleurs, que ses textes rédigés « au point de vue pragmatique » : Géographie physique, Anthropologie... teintés, eux, de racialisme...).

24 Victor Schoelcher n’acceptera aucune progressivité dans l’affranchissement des esclaves.

25 Voir R. Trousson, J. Vercruysse, Dictionnaire général de Voltaire, Honoré Champion, Paris, 2003, p. 43-44.

26 Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des nègres (1781, pseudo : Schwartz, pasteur), éd. 2009, chapitre VIII.

27 Voir J. P. Doguet, présentation de l’édition citée, 2009, du texte de Condorcet, p. 44.

28 Candide..., chap. 30.

Lénine n’y a pas pensé (Que faire ? 1905).

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