Les journées de Nantes :
Demain la France
Organisées par le « Nouvel Observateur », ces journées sont destinées à « redonner aux Français le goût de l’avenir. »
Comment ne pas adhérer ! Mais à la lecture du nom de la plupart des participants, mon élan d’adhésion a baissé au point de flirter avec zéro. Nous avions là tous les hérauts (sans jeu de mots) de la sociale démocratie associés à ceux qui, depuis cinq ans, ont participé et encouragé le saccage de nos services publics, attaqué notre régime de retraite, spolié le peuple, trahi nos institutions avec cependant quelques noms qui m’ont amené à pondérer mon jugement grâce à leurs compétences liées aux thèmes qu’ils abordaient et parmi ceux-ci, celui de Clémentine Autain fâcheusement associée à celui de Christine Boutin : il est vrai que le sujet n’est pas anodin : France, terre de machisme ? mais cela m’a fait peine.
Ah, j'allais l'oublier, Elie Cohen, l'expert entre les experts, monsieur "Je suis partout" se demande s'il faut "Acheter Français ? " en compagnie d'Yves Jégo, le couple parfait.
…c’est dire si j’avais noir sur blanc ce que Bayrou appelle de ses vœux « L’esprit d’une union nationale », associant « la droite républicaine, le centre et la gauche réformiste ». Ah ! Les bonnes âmes ! Laissez-moi vous donner quelques sujets que j’ai choisis arbitrairement dont beaucoup sont suivis du point d’interrogation, signe orthographique qui veut dire aussi : je laisse à d’autres le soin de prendre parti :
L’Europe va-t-elle un jour dépasser ses nationalismes ?
Jack Lang ! (un spécialiste : le seul parlementaire socialiste à voter la réforme lors du congrès du Parlement français du 21 juillet 2008 réuni en vue de modifier la Constitution française dans le sens proposé par le comité de réflexion. * et Volker Schlöndorff, cinéaste.
Médias et politiques : tous copains ?
Pierre Haski, fondateur Rue 89, Franck Louvrier, conseiller en communication de… Nicolas Sarkozy ! (Un spécialiste*) qui joue toujours un rôle essentiel à l’Elysée.
Sauver l’hôpital public ?
(Comme si cela n’allait pas de soi !)
Faut-il laisser la banque aux banquiers ?
Encore un point d’interrogation de trop, la réponse est, bien sûr, non
Jean Peyrelevade, soutien de Hollande avant de filer chez Bayrou et Thomas Piketty
Où va l’Europe ?
Rien que des spécialistes : J-M Cavada, Pierre Lelouche, Denis Mac Shane, ancien ministre des affaires européennes. Avec eux, nous ne sommes pas prêts de sortir de Lisbonne.
Une Europe franco-allemande ?
Alain Juppé, Joschka Fischer. (Décidemment, l’Europe est l’objet de toutes les sollicitudes, y aurait-il un problème ? Peut-être la concurrence libre et non faussée…).
La France corrompue ?
Pourquoi n’a-t-on pas fait appel au juge Courroye ?
La démocratie au bout du Canon ?
Là, le point d’interrogation s’imposait. J’aurais préféré après la guerre révolutionnaire.
Immigration : une chance pour la France ?
Encore une fois : pourquoi le point d’interrogation ? Il y a des livres entiers pour dire oui, c’est une chance !
Et pour terminer
Après la perte du triple A, la France est-elle ruinée ?
Olivier Ferrand, président de Terra Nova (pas le feuilleton), J-F Kahn, écrivain
Avec 2 000 milliards d’euros de PIB annuel, la question est nulle.
Quelques pages plus loin, dans le même hebdomadaire, Daniel Cohn-Bendit, dans sa « Chronique d’un cosmopolite », parle de cinéma, à propos du film « Le Havre » comme « un lieu privilégié de la cristallisation de nos imaginaires sociaux ».
Pour parodier le propos, je dirai que « Nantes » est l’hôte depuis jeudi « Des journées de l’illusion » où se tourne un film qui n’impressionne pas la pellicule ou sera unique pour une unique représentation puis détruit comme dans le roman de Daniel Pennac, « Monsieur Malaussène »**.
C’est Lionel Jospin qui disait à propos du gouvernement Fillon « Ce sont des illusionnistes » et bien… leurs émules sont tous ici rassemblés pour nous raconter les mêmes bobards, proposer les mêmes demi-mesures, nous faire miroiter les mêmes « lendemains qui chantent », pour leurs profits, leur hégémonie, leur pouvoir, c’est-dire celui de la bourgeoisie française. Partout en Europe, quand ils ont eu le choix entre la droite et la gauche, les sociaux démocrates ont TOUJOURS choisi la droite. Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils vont changer ou alors qu’ils le disent et le prouvent. L’heure n’est plus au consensus, il faut lever les masques, répliquer, passer à l’offensive.
Ce que nous voulons, c’est renverser la table, retrouver notre souveraineté, rétablir la justice sociale, en un mot : reprendre le pouvoir et ce n’est pas en mélangeant la chèvre et le chou que nous l’obtiendrons mais en votant pour ceux qui proposent un programme de transformation de la société juste, sociale et solidaire.
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*Wilkipédia
**Gallimard