Eva, Laurent, David et les autres...

 

« Supprimer le défilé militaire du 14 juillet ? Avec tout le respect qu'on lui doit, il faut dire à Eva Joly que cette idée respire la naïveté inconséquente et que la candidate écologiste aurait mieux fait, ce jour-là, d'aller s'occuper de son jardin bio. »

 

Cette appréciation du Directeur de la rédaction du “ Nouvel Observateur ” a un air de famille avec celle de notre tout nouveau ministre Douillet qui a laissé écrire ceci sous sa signature dans « L’âme du conquérant » (Robert Laffont), « lorsqu’une femme exerce une activité professionnelle, les fondements sur lesquels était bâtie l'humanité, l'éducation en particulier, sont en partie ébranlés (…) pour l’équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer ».

 

Ce cher Laurent Joffrin a perdu une bonne occasion d’éteindre son ordi et de prendre le temps de la réflexion. Qu’il soit partisan d’un 14-Juillet au pas cadencé, c’est son affaire, mais je ne lui ferai pas l’injure de penser qu’il n’a pas vu le sens des mots qu’il écrivait…

 

Ingénuité, manque d'expérience, simplicité un peu niaise, crédulité excessive.

Inconséquente, qui se compromet par des actes irréfléchis, par une conduite

légère...

 

…le mot, c’est la matière première de la construction d’une phrase, chacun a un poids et lui, ce cher Laurent, en est l’architecte. Ces deux mots sont là pour que le lecteur se rende compte que donner son suffrage à cette femme est la dernière des hérésies. (Ils ont été largement employés à l’encontre de Ségolène Royale lors de la dernière Présidentielle.) Et, pour faire bon poids, l’injonction à aller s’occuper de son jardin bio… la charge machiste aurait-elle échappé à notre épistolier ? Non, elle est là, bien en place pour faire mal et blesser.

 

Rejoindre vers le fond la profondeur de pensée de Douillet ne risque pas de produire une apnée mais laisse planer quelques manques dans l’appréhension de l’air du temps… pour un journaliste, c’est pour le moins fâcheux.

 

PS : J’ai apprécié d’Eva Joly : « Je ne descends pas de mon drakkar (…) » mais encore mieux, il y a quelque temps : « Monsieur Strauss-Kahn ? Je le connais bien, je l’ai mis en examen ! »

 

 

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