Les « Beaux parleurs »

Il y a, ces temps-ci, dans les gazettes, sur les écrans télé, de beaux parleurs citant le peuple, « notre peuple disent-ils », se l’appropriant, s’arrogant le droit de parler en son nom alors qu’ils ne savent (ou ne veulent pas savoir) qui est ce peuple dont ils ont plein la bouche et dont ils ne reconnaissent même pas qu’il les fait vivre et prospérer. Leurs « porte-plumes » écrivent ou parlent de « travailleurs pauvres. » sans même se rendre compte qu’ils décrivent en deux mots toute l’immense exploitation dont est l’objet une population qui n’a que sa force de travail à louer pour survivre.

Comment peut-on travailler et être pauvre ?
Toute la violence de notre société est contenue dans cette interrogation !
Toute la vindicte populaire vient de cette interrogation !
Toute la colère et la révolte proviennent de cette interrogation !

Et que devient-on quand on n’a même plus les moyens d’être pauvre parce qu’on n’a plus de travail ? On disparaît, on devient une ombre anonyme qui perturbe la vue du quidam, passant aveugle, qui ne se doute pas qu’il pourrait, s’il reste impassible, être lui aussi, un jour, celui qui tend la main. Ainsi va cette société capitaliste d’accumulation sans fin qui va, imperturba-blement, vers son autodestruction.

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