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Billet de blog 30 août 2010

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Regard froid d’un homme du Peuple

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

A propos des deux textes remarquables et complémentaires de MM. Cornu et Maillard, Edition : Les invités de Mediapart

Ces deux textes posent avec pertinence les questions qui assaillent chacun d’entre nous, mais n’apportent pas de solutions satisfaisantes au problème. La majorité des Français, toutes classes confondues, est-elle consciente de la pente vers laquelle nous entraîne un Président de la République dévoyé ? Ceci reste à démontrer.

Le CNR et la IVe République « Le pacte républicain tel que refondé à la Libération par les forces sociales et politiques issues de la Résistance » et tenu par la 4e République, si décriée 14 ans plus tard, alors qu’elle avait reconstruit le pays dévasté par la guerre et légué aux successeurs les moyens d’assurer l’indépendance nationale par les résultats de la recherche sur l’énergie nucléaire, ceci dans un monde dominé par deux régimes antagonistes possédant l’arme atomique, est la cible aujourd’hui des forces réactionnaires. C’est cette République qui a construit tous les services publics qui sont cédés au privé aujourd’hui. Elle est tombée suite à un putsch de l’armée à Alger, à l’agitation et aux manœuvres continues des milieux gaullistes à Paris et la veulerie de la SFIO. Cette République n’avait pas démérité et Pierre Mendès-France l’a dit en ces termes : « Mais ce n’est pas la République, ce n’est même pas le système parlementaire qui méritent d’être condamnés. Seul, le mauvais usage qui en a été fait nous a réduits à l’impuissance et nous a conduits à tant de déconvenues. […] »La Ve République

La déliquescence de la Ve République que l’on constate aujourd’hui, n’a-t-elle pas pour origine les conditions de sa naissance ? « Le mauvais usage qu’il en est fait » n’est-il pas à l’origine de cette dérive mortifère conduisant à une dictature larvée, sous-jacente ? Les héritiers de mai 1958 ne sont-ils pas ceux qui dirigent le FN aujourd’hui, propageant les idées xénophobes et, pour les appuis économiques, les fils des représentants de ces puissances financières qui ont soutenu l’accession au pouvoir du général De Galle et accaparent, aujourd’hui, une part de plus en plus importante des richesses produites par le monde du travail ?

Le point de départ de la dérive fasciste a pour origine l’adoption de l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct. Tous les présidents élus se sont octroyé des pouvoirs non prévus par la Constitution, seul l’esprit républicain et le respect de la Constitution qui les animaient, garantissaient des débordements. Ce mode d’élection laissait la porte ouverte à un aventurier animé par une ambition et une audace folles, sans scrupules, bénéficiant d’appuis financiers importants C’est ce qui advint en 2007, avec l’élection d’un homme qui, sous le quinquennat de Chirac, avait occupé successivement les postes de ministre du budget et de l’intérieur où il avait eu accès à des informations qui certainement lui ont permis de se ménager des appuis spontanés ou contraints.

Un fascisme larvé

Et c’est cet homme et ses comparses qui utilisent tous les moyens pour plonger le peuple dans une sorte de souffrance diffuse mais permanente, le dispensant de réfléchir. Un exemple frappant : Tous les régimes autoritaires ont toujours considéré les enseignants comme des opposants. Sitôt en place, ce gouvernement n’a pas manqué de stigmatiser ces éveilleurs de conscience et à attaquer l’éducation nationale, avec comme objectif la mise au pas des enseignants et, sous prétexte d’économie, de les obliger insidieusement, par manque de temps et de moyens, à former des générations de citoyens dociles parce que pas ou mal éduqués. Après les 40 000 postes supprimés en 2008, ce sont les 16 000 postes qui disparaîtront en 2011 et qui justifient, aux yeux du Ministre de l’Éducation nationale, l’augmentation des effectifs par classe. C’est la double peine imposée à l’enfant : Plus d’élèves et moins de professeurs, C’est un véritable attentat contre la jeunesse perpétré dans la quasi indifférence générale.

Les imposteurs

Nous savons que ces gens-là sont des imposteurs, des joueurs de poker, qu’ils bluffent, que leur chef est un aventurier que rien n’arrêtera pour rester au pouvoir. Si, dans 20 mois, il constate qu’il risque d’être mis hors-jeu, il n’hésitera sans doute pas à utiliser la force, le fameux article 16 figurant toujours dans la Constitution. Il n’hésite devant aucune diversion, nous en avons la preuve avec cette ignoble manœuvre de stigmatisation d’une population destinée à occulter une basse affaire de concussion prouvant sa collusion avec les forces de l’argent. Gardons en mémoire qu’un autre aventurier a écrit un livre d’une triste célébrité en prison et, quelques années plus tard, à la tête d’un état revanchard, a mis l’Europe à feu et à sang.

Depuis son arrivée aux affaires, ce président procède par provocation, affrontement direct, pratique « La stratégie du Choc » qui consiste à effacer une affaire de l’actualité par une provocation énorme qui détourne l’attention des médias, de la population, des élus. Et il réussit le tour de force de pratiquer une politique de contrainte tout en obtenant l’approbation d’une partie de la population.

Que faire ?

La question centrale est celle-ci : Que devons-nous ou pouvons-nous faire ?

Malgré toutes les turpitudes et manœuvres étalées au grand jour, il est encore toute une partie de la population qui juge qu’ayant été élu, il faut lui laisser le temps d’accomplir son mandat… et une autre grande partie, victime de la crainte diffuse, insidieuse, instillée par le clan et son représentant dans tous les rouages de la société, crainte qui freine et angoisse chacun, et la pousse à baisser la tête et ne penser qu’à son propre sort. Parmi ces craintes, la perte de l’emploi est la plus forte. Comment s’engager dans le combat nécessaire si au bout du chemin on y laisse ses moyens d’existence ? Toutes les catégories sociales sont concernées et sont victimes de ces contrôles permanents, sur la route, dans l’entreprise, partout où il y a activité humaine avec la conséquence dramatique de provoquer des suicides liés au stress délibérément provoqué. Comment croire que les moyens légaux seront suffisants pour venir à bout de cette engeance alors qu’on nous propose comme remplaçant un soi-disant socialiste, directeur du FMI, un organisme dont la politique a mis à genoux l’économie de pays partout dans le monde à tel point que la Hongrie vient de refuser ses services et qu’en Amérique du sud, ce sont les producteurs de pétrole qui prêtent aux gouvernements assujettis afin qu’ils se libèrent du carcan de cet organisme.

Les prochains rendez-vous des 4 et 7 septembre seront l’occasion de montrer à ce gouvernement la force du rejet de sa politique en matière d’immigration et de stigmatisation de catégories entières de population : Roms et Gens du voyage et de son projet de réforme des retraites.

C’est vrai, la lutte des classes a été déclarée « dépassée » par le principal parti d’opposition qui s’est transformé du coup en parti d’accompagnement. Et c’est l’adversaire qui a pris à son compte le concept et a semé le trouble et la confusion que l’on a constatés et vécus depuis 3 ans, pour ne pas parler de « parti de la connivence » comme le prouve en ce moment même le « deal » passé entre la mairie de Paris, l’UMP et Chirac pour permettre celui-ci d’éviter un procès.

Appeler à la grève générale ? Elle ne se décrète pas, elle est spontanée et il lui faut un débouché politique. Qui peut prétendre proposer aujourd’hui une alternative crédible acceptable par tous ? Certainement pas cette gauche d’accompagnement qui devra revenir sur ses aspirations sociale-démocrates si elle ne veut pas échouer aux prochaines élections.

La « Révolution civique »

Il faut une « Révolution civique » qui exige l’implication de toutes les forces vives de la nation dans une union désormais essentielle. Ainsi unies, elles pourront affronter directement ce pouvoir maléfique par des actions de « Désobéissance civique » dans toutes les régions dirigées par l’opposition, par une cessation du dialogue pipé avec ce gouvernement dévoyé, préfasciste, par un refus des recommandations de cette Europe sensée protéger qui nous a été imposée par le biais d’une manœuvre (déjà) en début de mandat et qui sert d’excuse, de bouc-émissaire ou d’exutoire au pouvoir.

Après tout, c’est d’abord aux politiques de montrer le chemin, au Peuple à les épauler ensuite s’il le faut. Quant aux syndicats, ils savent par avance que le gouvernement ne reculera pas sur le projet de réforme des retraites qui serait, d’après le chef de l’État, le couronnement de son quinquennat ; au lieu d’essayer d’arracher quelques succès à la marge, qu’ils appellent à des manifestations ponctuelles et quotidiennes région par région, ville par ville, sans arrêt.

Nous devons obtenir la dissolution de l’Assemblée nationale qui ne représente plus la majorité réelle du pays depuis longtemps. Ce pouvoir est dans l’illégalité pour une grande part de son action, pourquoi seul le peuple serait-il vertueux ?

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