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Billet de blog 30 août 2012

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La culture, les médias et nous

Du Nouvel Observateur, 23 aoûtTitre d’une interview de Xavier Giannoli  au sujet de son film « Superstar »« La Stasi en a rêvé, Twitter l’a fait »  Extrait de l’interview :  « Les médias aujourd’hui sont soumis à la loi du marché et de la concurrence : il leur faut vendre ce qui se vend et donc se laisser tirer vers le bas par l’appétit du public pour les « people », pour l’indiscrétion, la vulgarité et la violence. Certains résistent, mais on cherche de moins en moins ce qui fait sens, au profit de ce qui fait événement, y compris en essayant de donner du sens à des événements qui n’en ont aucun. Quand les principes régressifs et culturellement toxiques de la loi du marché s’imposent aux médias, tout est réuni pour faire basculer une société dans le gouffre.

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Du Nouvel Observateur, 23 août

Titre d’une interview de Xavier Giannoli  au sujet de son film « Superstar »

« La Stasi en a rêvé, Twitter l’a fait »

 Extrait de l’interview :

  « Les médias aujourd’hui sont soumis à la loi du marché et de la concurrence : il leur faut vendre ce qui se vend et donc se laisser tirer vers le bas par l’appétit du public pour les « people », pour l’indiscrétion, la vulgarité et la violence. Certains résistent, mais on cherche de moins en moins ce qui fait sens, au profit de ce qui fait événement, y compris en essayant de donner du sens à des événements qui n’en ont aucun. Quand les principes régressifs et culturellement toxiques de la loi du marché s’imposent aux médias, tout est réuni pour faire basculer une société dans le gouffre. Ceux qui participent à ce cataclysme ne sont pas obligés de profiter de notre médiocrité. Tout cela a été génialement dit dans « Network », il  fallait donc aller plus loin en se demandant où nous en sommes aujourd’hui et dans quel hiver de la culture nous allons entrer. J’ai le sentiment qu’avec Facebook, Twitter et les chaînes infos la société du commentaire est en train d’exploser dans sa graisse ».

 Plus loin :

« J’ai essayé de saisir un moment de notre histoire. La consommation des images s’apparente désormais à la consommation de n’importe quel produit, excitée par tout ce qui réduit l’individu à un être gouverné exclusivement par ses pulsions. Tout le monde court après quelque chose que l’on serait bien en peine de désigner. Je pense souvent à cette phrase de Victor Hugo : « Souvent la foule trahit le peuple. » Et bien, j’ai eu envie de montrer cette foule aveugle et consommatrice frénétique sans oublier jamais qu’elle n’est pas le peuple, qui juge, vote et n’est pas dupe. »

_____________________________________

 Se demander dans quel hiver de la culture nous allons entrer n’est plus d’actualité ; nous y sommes depuis des dizaines d’années… dans un hiver glacial. L’apothéose de cette glaciation a eu lieu en 2007 avec l’arrivée au pouvoir de l’inculture, de l’ignorance, de la médiocrité, alliées au culte de l’argent et du paraître. L’abaissement de soi-disant élites ne peut que provoquer mimétisme et égoïsme chez un peuple laissé et encouragé aux pires dérives du chacun pour soi.

Le changement continu des techniques de communication procurant au marché des moyens de plus en plus sophistiqués de créer des besoins inutiles mais à forte valeur ajoutée, l’information n’est plus qu’une bouillie de faits assénés à jet continu, en boucle, un galimatias destiné à euphoriser la cible captive et à annihiler tout effort de réflexion au profit de la consommation.

En trois mois, l’espoir que pouvait susciter le changement d’équipe dirigeante, au plus haut niveau, associé à l’émergence d’une force se réclamant de « l’Humain » s’amenuise pour ne pas dire disparaît avec les changements d’attitude et de discours de celui qui prônait le « Changement, maintenant ». Submergé par le lobbying des possédants, acculé à la défensive par l’accumulation des plans de licenciements, phagocyté par les tenants d’une Europe des riches sous la férule de l’Allemagne, nous allons tout droit, sous le vernis illusoire d’une culture prétendument universelle, associée à la médiocrité et la pusillanimité d’élites engendrant désillusion, désintérêt, rejet, violence, perdre le peu d’indépendance qui nous reste.

La responsabilité des intellectuels est immense, leur devoir étant d’alerter et d’éclairer « Le peuple, qui juge, vote et n’est pas dupe. »

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