L'Avenir du père. Réinventer sa place ?

Alors qu'un amendement établissant que les mentions "père" et "mère" ont vocation à disparaître, au profit de "parent 1" et "parent 2", vient d'être voté au Parlement, la question du père toujours se pose. Avec la fin du patriarcat occidental classique, la position du père au sein de la famille a radicalement changé. Ce billet tente de dessiner les contours d'une fonction à réinventer.

Julia Kristeva: « All’Europa in crisi servono nuovi padri ».

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Alors qu'un amendement établissant que les mentions "père" et "mère" ont vocation à disparaître, au profit de "parent 1" et "parent 2", vient d'être voté au Parlement, la question du père toujours se pose.

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L'Avenir du père

Avec la fin du patriarcat occidental classique, la position du père au sein de la famille a radicalement changé, sa manière d’exercer la paternité aussi. Le nombre de familles monoparentales a explosé et, désormais, un spermatozoïde suffit pour qu’une femme donne naissance à un enfant : elle n’a plus besoin d’un homme.

Quels seront les effets de ces bouleversements sur la filiation et les générations à venir ? Les hommes, mais aussi les enfants et les femmes pourront-ils s’y retrouver ? Le psychanalyste Jean-Pierre Winter invite à réfléchir à ces questions dans un monde caractérisé par l’effacement du père. En rappelant que sa place n’est pas simplement celle d’une figure éducative masculine, l’auteur de Transmettre (ou pas) dessine les contours d’une fonction à réinventer.

L'Avenir du père - Cover image

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La modernité va-t-elle tuer le père ?

Entretien avec Jean-Pierre Winter, psychanalyste, qui fait paraître "L'Avenir du père" chez Albin Michel.

Père et fils craie à piedPère et fils craie à pied Crédits : A-Digit - Getty

Les nouvelles formes de parentalité (monoparentalité, homoparentalité…) ainsi que les pratiques modernes (adoption par des couples homosexuels, GPA, PMA) ont-elles modifié en profondeur les structures familiales ?

Il acte la fin du patriarcat occidental classique mais ajoute que le moins de père ne vaut pas la disparition du père, rappelant que le noyau de la paternité se trouve dans son enracinement symbolique.  

Le psychanalyste Jean-Pierre Winter, déjà auteur de Homoparenté et de Transmettre (ou pas) revient aujourd’hui avec L'avenir du père chez Albin Michel. Intéressé par la question de la filiation, il met en avant la difficulté qu'il a rencontrée dans l'écriture de ce livre à définir sur quoi se fonde un père :

La famille, ce n'est pas un concept, c'est un état de fait.

Il est très difficile de dire en quoi consiste "l'être" du père (...) Ce dont je peux parler, c'est de ce que ça produit comme effet de ne pas en avoir un.

Jean-Pierre Winter explique en quoi le père est le fruit d'une construction dans le psychisme de l'individu :

Dans la mesure où le père ne se soutient pas dans l'expérience sensitive de la mère à l'enfant, il doit être inventé. Il est on pourrait dire abstrait. Le papa est celui qui donne chair à cette abstraction.

Ce père qui est inventé dans la langue est différent d'une langue à l'autre (...) Même s'il y a des mythes communs, ce qui s'entend c'est que le père est quelqu'un que l'on se construit.

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Chacun cherche un père par Rufo

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Une place pour le père par Naouri

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 « Au sens freudien, la loi, c’est le père, l’autorité et l’interdit » 

Vincent Aubelle : « La Loi sur le divan »

 

 

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Psychanalyse et homosexualité : réflexions sur le désir pervers, l'injure et la fonction paternelle

Élisabeth Roudinesco  : Entretien avec François Pommier

https://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2002-1-page-7.htm#

Entretien avec François Pommier

François Pommier : Élisabeth Roudinesco vous couvrez le champ de plusieurs disciplines, vous êtes historienne et psychanalyste. Comme vous le dites, notamment dans votre dernier ouvrage, vous vous situez entre la philosophie, la science des textes et l’histoire. Vous êtes chargée de cours à l’École pratique des hautes études et auteur de plusieurs ouvrages publiés chez Fayard, parmi lesquels Histoire de la psychanalyse en France (2 volumes), Pourquoi la psychanalyse ?, Dictionnaire de la psychanalyse (avec Michel Plon), sans parler de votre tout récent ouvrage De quoi demain… Dialogue, dans lequel vous dialoguez avec Jacques Derrida sur la psychanalyse et son avenir, sur la famille que vous appelez « désordonnée ».

Vous considérez qu’à partir du moment où une réalité prend corps, la psychanalyse, comme toute autre discipline, dites-vous, devrait la penser, l’interpréter et la prendre en compte sans la condamner par avance. Vous dites cela à propos du problème très spécifique des enfants de couples homosexuels. Mais vous prenez parti également à propos de l’homosexualité en général et des psychanalystes homosexuels en particulier.

(...)

Elisabeth Roudinesco : Charles Melman et Jean-Pierre Winter qui, au nom du lacanisme et de la psychanalyse, se sont lancés dans une véritable croisade médiatique contre les homosexuels, se servent en effet de la conception lacanienne de la paternité symbolique pour prétendre restaurer la figure perdue du père autoritaire, laquelle serait, à leurs yeux, menacée par le nouvel ordre homosexuel.

etc.

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                                    "Il faut un père"

                       Et : "Moi je ne dis pas pervers, je dis "vers le père".

                                         Solange Faladé (psychanalyste)

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