Au revoir Mediapart (2)

Au revoir Mediapart (2)

Mon dernier billet ayant été dé-publié par Mediapart, je quitte Mediapart.

Mediapart qui m'a avertie en m'écrivant ceci (souligné par la modération en noir) :

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14 août 2019

Bonjour, 

Nous avons été conduits à dépublier votre billet « Lettre ouverte » que vous avez rédigé, au motif du non respect de notre charte de participation, à laquelle vous avez adhéré en vous abonnant à Mediapart.

En particulier, je vous rappelle que notre charte, et la législation en vigueur, proscrivent tout "insultes, invectives, injures, dénigrement et propos de nature diffamatoire, envers d'autres abonnés comme envers Mediapart et sa rédaction"

En vous souhaitant bonne réception.

Cordialement,

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Pour comprendre tous ces conflits ou polémiques que j'ai toujours détestés, voir ICI.

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Mediapart a toujours dit qu'il n'y a pas de censure sur Mediapart mais des dé-publications de billets ou de commentaires, parce que contrevenant à la charte.

Mais qu'est-ce que la censure ?

* Examen d'une autorité décidant de ce qui peut être publié et diffusé.

* Examen, jugement, contrôle.

* Blâme, désapprobation, désaveu, réprobation, reproche, condamnation.

* Interdiction tout ou partie d'une communication quelconque.

Et “C'est le propre de la censure violente d'accréditer les opinions qu'elle attaque.” (Voltaire)

Mais si Mediapart ne dé-publie pas un commentaire qui nous est apparu litigieux et contrevenir à la charte, et pour lequel on a par deux fois alerté, mais dé-publie ensuite notre billet dans lequel on essaie de s'expliquer et/ou d'expliquer ce qu'il en est, de façon pacifiste et dans un but de réconciliation, n'y a-t-il pas là un problème ?

La charte dit que « Sera considéré comme du dénigrement toute contribution ayant pour objet d’attaquer la réputation d'un participant, de médire sur son compte, d’en parler avec malveillance, et de manière répétitive. »

Si donc mon billet dé-publié était du « dénigrement », et spécialement à l'encontre de Mediapart, le commentaire pour lequel j'avais alerté, n'en était-il pas ?

Le commentaire pour lequel j'avais alerté ne comportait-il pas du dénigrement, de la médisance sur mon compte, et parlant de moi avec malveillance ?

Et quelle différence, entre « dénigrement » et « critique » ?

Et Edwy Plenel s'est-il jamais « interdit » de parler, de s'exprimer, de s'expliquer en une de son journal, quand lui-même a parfois été honteusement diffamé ?

Pourquoi donc un abonné lambda n'aurait-il pas cette possibilité, de simplement pouvoir s'exprimer, s'expliquer, se défendre ?

J'ai écrit à la modération, pour demander où, dans mon billet, j'aurais contrevenu à la charte. L'on ne m'a pas répondu.

J'ai demandé à trois de mes contacts-amis, si mon billet contrevenait à la charte. Deux d'entre eux m'ont répondu que non. Le troisième de mes amis m'ayant dit que mon blog méritait vraiment mieux que tout ces histoires. 

Aujourd'hui donc, ce commentaire pour lequel j'avais alerté est resté en l'état, mais mon billet a été dé-publié.

Après donc dix années passées sur Mediapart, lorsqu'il ne nous est plus possible de simplement « parler » ; que l'on est ainsi déconsidéré et désavoué, il ne nous est simplement plus possible de rester abonné, continuer à soutenir Mediapart, et il ne nous reste plus qu'à partir.

Je suis évidemment extrêmement triste de quitter un très grand nombre parmi mes contacts dont j'appréciais leurs blogs, qui ont, depuis des années, souvent aussi apprécié mon blog et/ou mes commentaires.

Triste surtout, car je ne pourrai plus les suivre, converser avec eux, et avec souvent tant de sympathie partagée.

J'ai toujours détesté les conflits, la haine. Mais si j'ai parfois été à l'origine de conflits, cela a toujours eu comme origine une révolte que j'ai toujours eue, précisément face à de la fausseté, de la médisance, de la calomnie, du commérage, du sempiternel dénigrement, et surtout, chose affreuse à mes yeux : un certain esprit de délation.

Mais je crois que cela a peut-être ou sans doute été mon grand tort, car j'aurais dû laisser dire, ne rien dire, m'abstenir de souvent donner mon avis contraire...

Mais je crois que l'on n'accepte pas que je sois une femme libre, ayant son franc-parler et une certaine autorité qui me vient d'un Père. Que l'on n'accepte pas que j'aie de l'estime de moi ; que je m'aime.

Souvent l'on n'aime pas ceux qui s'aiment.

Et puis, quand on est exilé, ne serait-ce pas que l'on est trop désiré ?

Voilà. Je pars donc, mais après mon départ, je reviendrai cependant juste un temps, pour annoncer la publication de mon livre (en deux parties) qui est un récit de mes trente ans en psychanalyse.

Et puis, qui sait ? Car il n'est pas facile de quitter Mediapart...

Au revoir mes ami(e)s,

 

Agnès de Kergorlay   ( Mithra-Nomadeblues_  )

 

Vivaldi: Il Giustino, RV 717 / Act 2 - "Vedrò con mio diletto" © Vivaldi - Cecilia Bartoli



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