De l'occupation

Parmi des commentaires, je relève cette phrase : "Moi je n'aime pas qu'on prétende s'occuper de mon bonheur. Pas du tout."

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S'occuper de l'autre (de quelqu'un), n'est-ce pas, comme s'occuper "à quelque chose" ?
Il est alors assez désagréable, en effet, pour celui dont on s'occupe, de se ressentir tel un objet d'occupation, comme une chose ou comme « la chose » de quelqu'un, sur laquelle il y aurait quelque droit (d'emprise) et de manipulation surtout.
N'est-ce pas ici l’être humain traité, voire donc manipulé, et non, considéré ?

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Il est donc une différence essentielle entre s'occuper du bonheur de l'autre, et simplement lui souhaiter du bonheur : lui prodiguer des soins, quand besoin est ; lui témoigner de l'attention (de l'écoute), mais l'écouter surtout parce que sa parole nous intéresse, et n'est-ce pas cela véritablement reconnaître autrui – seule condition pour ce bonheur que chacun mériterait, de se savoir entendu (compris) - sans aucune condition, pour la personne ainsi reconnue, à devoir quelque chose en retour ?

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Plus d'attache liée à de l'emprise ? Plus de lien aliénant ?... Ce serait l'idéal, en tous cas...

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Et n'est-ce pas là, la différence entre avoir envie de quelqu'un, et le désirer ?

Entre le besoin, et le désir ?

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Nombreux sont même des thérapeutes se prétendant analystes, mais n'ayant jamais été véritablement entendus, comment pourraient-ils reconnaître l'autre ?

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Je crois que d'aucuns pensent qu’ils sont, parce qu’ils pensent « ego cogito ».
Être, c’est autre chose, et une parole véritable aurait-elle encore quelque chose à voir avec l'utilité, mais pas plutôt avec le fait d'en être simple « témoin » ?

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