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Billet de blog 28 sept. 2020

L'écologie au service du capital

«Transition écologique», «Croissance verte », «Développement durable», etc. l'écologie est devenue aujourd'hui la ruse du capitalisme, son cheval de Troie qui lui permet de poursuivre sa course effrénée au profit. Il suffit de voir avec quelle facilité le système a réussi à intégrer et à domestiquer la plupart des partis, organisations, mouvements...

mohamed belaali
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«Transition écologique», «Croissance verte », «Développement durable», etc. l'écologie est devenue aujourd'hui la ruse du capitalisme, son cheval de Troie qui lui permet de poursuivre sa course effrénée au profit. Il suffit de voir avec quelle facilité le système a réussi à intégrer et à domestiquer la plupart des partis, organisations, mouvements, associations, personnalités etc. qui se réclament de la défense de la nature. Le combat écologique est ainsi transformé en combat pour la survie du système lui-même.

De par sa logique, le capitalisme tend à transformer l'écologie en une vulgaire marchandise, un article de commerce qui se vend et s'achète sur le marché. Pour les entreprises, l'écologie est un bon produit marketing, un marketing vert bien sûr, qui peut se révéler rentable même à court terme. Il s'agit de vendre aux consommateurs «responsables» des produits «protégeant» la nature, comme les voitures, le pétrole, les produits cosmétiques ou ceux de l'industrie agroalimentaire ! Les multinationales les plus polluantes et leurs patrons se présentent et se considèrent déjà comme des «militants» écologistes. Dans une lettre ouverte, ils appellent «à une mobilisation collective pour faire de la relance économique un accélérateur de la transition écologique». Parmi ces grands dirigeants d'entreprises, on trouve le patron de Total, d'Air France, de Saint-Gobain, d'Airbus, ArcelorMittal etc. (1) . Près de 200 responsables politiques, syndicaux, dirigeants d'entreprises, think tanks et ONG appellent à une «alliance européenne pour une relance verte» (2) . Même le Pape déplore une «conscience trop faible de la classe dirigeante face à l'urgence climatique» (3). Ainsi tout le monde ou presque s'inquiète pour l'avenir de notre planète. Tout le monde donc est « écolo » .
L'écologie politique (ou plutôt l'écologie dépolitisante) n'est pas en reste. Son but, en dernière analyse, n'est pas de sauver la planète, mais bel et bien le système qui est directement responsable de sa destruction, le capitalisme. C'est sa raison d'être. D'Al Gore à Greta Thunberg en passant par Nicolas Hulot et Yannick Jadot pour ne citer que ceux-là, leur rhétorique consiste, chaque jour qui passe, à nous convaincre que la lutte contre le réchauffement climatique passe inévitablement par le développement durable, la transition écologique et autre économie soutenable. Aucune de ces figures médiatisées ne remet en cause le capitalisme, premier et dernier responsable de la destruction de l'homme et de la nature. Bien au contraire. Elles ne sont là que pour le servir tout en faisant croire qu'elles travaillent pour préserver l'environnement.

Al Gore, le héros écologiste et fondateur du fonds d’investissement durable Generation Investment Management, le dit lui-même : le capitalisme est «fondamentalement supérieur à tout autre système d’organisation de l’activité économique» (4) . Il est même «impressionné par Emmanuel Macron» qui a nommé Nicolas Hulot comme  ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire. Pour Al Gore, Macron «a fait de la crise du climat une priorité absolue» (5) .

Nicolas Hulot, «personnalité préférée des français» et ministre de la Transition écologique de Macron donc, est une bonne marque, une garantie écologiste fiable pour le système. Tous les présidents français voulaient travailler avec lui, de Jacques Chirac à Emmanuel Macron en passant par Nicolas Sarkozy et François Hollande. Pourtant son bilan écologique en tant que ministre de Macron est catastrophique. Il a même fini par démissionner. Mais cela ne l'a pas empêché de garder «une immense amitié pour ce gouvernement» (6) .Nicolas Hulot continue à s'enrichir en vendant des shampoings et gels douches "Ushuaïa", des produits classés par Greenpeace sur la "liste rouge" des produits chimiques dangereux (7) .

J'admire et je soutiens Greta Thunberg disait l'aristocrate Christine Lagarde à Davos, haut lieu des des puissants grands défenseurs de la planète. Rappelons que Christine Lagarde était directrice du Fonds monétaire international avant de devenir présidente de la Banque centrale européenne, deux institutions capitalistes par excellence, ennemies des peuples et de la nature (8)  Pendant que les maîtres du monde se réunissent à Davos, année après année avec ou sans Greta Thunberg, leur système continue d'affamer les peuples et de détruire la nature. Chaque jour, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants meurent de faim (9). Un système qui méprise l'homme ne peut respecter la nature.

Quant à Yanick Jadot, un opportuniste dont l'écologie n'est qu'un paravent derrière lequel l'homme cache ses ambitions personnelles, il n'exclut aucune alliance y compris avec les forces politiques les plus réactionnaires pour arriver à ses fins. Même le Medef juge que le candidat Jadot est «le plus convaincant» pour les élections présidentielles de 2022 (10).Il faut dire que Jadot n'a cessé de se prosterner devant le patronat en défendant «le capitalisme européen et le modèle social européen, qui ne sont pas les modèles chinois ou américain». Christiane Lambert présidente de la FNSEA, un syndicat dont le respect de la nature est de notoriété publique, est séduite par Yanick Jadot : «Vous n’êtes pas un vert radical, un vert foncé, vous êtes un vert nuancé» (11). Et pour être tout à fait crédible aux yeux de la classe dirigeante, Jadot n'a pas hésité à surfer lui aussi sur les thèmes de l'extrême droite comme la sécurité ou l'islamophobie devenues aujourd'hui, hélas, la doxa dominante. Dans une interview accordée à l'Obs, il déclare entre autres : «Nos sociétés sont tellement crispées et déstabilisées que des groupes tentent de remettre en question la sécularisation, de sortir des lois de la République au nom d’une idéologie ou de principes religieux. C’est inacceptable. Le burkini, ça n’a rien à faire dans une piscine !» (12). Rappelons pour mémoire qu'en 2005 déjà, Jadot avait défendu, avec tous les serviteurs de la classe dominante, le « oui » au référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe(13).D'ici les élections présidentielles, Yanick Jadot aura encore le temps de présenter d'autres gages aux oppresseurs capitalistes, responsables des catastrophes écologiques à répétition au nom bien sûr de la défense de l'environnement. Mais Jadot n'est que l'arbre qui cache la forêt. Europe écologie les verts ( EELV) a produit d'autres opportunistes de la trempe de Jadot comme Cohn-Bendit,  Pascal Canfin, Barbara Pompili, François de Rugy ... EELV est une véritable machine à fabriquer des carriéristes utiles au capitalisme qui les instrumentalise pour ses propres fins : exploitation de l'homme et destruction de la nature. Elle produira sans nul doute encore et encore des hommes et des femmes qui au nom de l'écologie viendront légitimer un système dont les lois et les mécanismes sont en profonde contradiction avec l'homme et son environnement.

L'écologie telle qu'elle est véhiculée par l'idéologie dominante est une immense manipulation de masse. C'est un instrument efficace au service du capital. Elle lui permet de masquer la rapidité et la brutalité avec lesquelles le système continue de détruire l'homme et la nature.  Il ne faut pourtant pas être d'une grande perspicacité pour comprendre que la destruction systématique de notre planète est intimement liée à cette course effrénée au profit qui caractérise le capitalisme. Faut-il en déduire qu'il ne faut rien faire dans l'immédiat ? Absolument pas. Mais il faut être conscient qu'on s'attaque aux effets et non aux causes qui engendrent ces effets. Il est illusoire de vouloir sauver la planète sans remettre en cause le système lui-même. La tendance générale du capitalisme n'est pas de préserver l'environnement, mais de le détruire. Il ne s'agit donc pas de le transformer ou de le réformer pour le rendre compatible avec l'environnement, mais de l'abolir par une révolution socialiste.

Mohamed Belaali

belaali,com

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(1)https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/03/mettons-l-environnement-au-c-ur-de-la-reprise-economique_6038523_3232.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1588524788

(2)https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/140420/coronavirus-pres-de-200-signataires-pour-une-relance-verte-europeenne?onglet=full

(3)https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/COP25-pape-Francois-appelle-une-volonte-politique-claire-2019-12-04-1201064440

(4)https://www.rse-magazine.com/Al-Gore-poursuit-sa-promotion-d-un-capitalisme-durable_a117.html

(5)https://www.parismatch.com/Actu/Environnement/Al-Gore-Je-suis-impressionne-par-Emmanuel-Macron-1269464

(6)https://reporterre.net/Nicolas-Hulot-demissionne-ce-qu-il-a-dit

(7)https://www.challenges.fr/politique/shampoings-ushuaia-la-machine-a-cash-de-nicolas-hulot-dans-le-viseur-du-canard-enchaine_485239

(8)https://www.srf.ch/play/tv/news-clip/video/greta-thunberg-trifft-christine-lagarde-engl-?urn=urn:srf:video:9d498101-0f0d-4409-a2cf-26799c446c27

(9)https://www.un.org/fr/chronicle/article/chaque-jour-25-000-personnes-meurent-de-faim

(10)https://www.franceinter.fr/eelv-et-le-medef-du-dialogue-de-l-ouverture-mais-pas-de-connivence

(11)https://www.la-croix.com/France/Yannick-Jadot-vert-nuance-devant-entrepreneurs-2020-08-28-1201111137

(12)https://www.nouvelobs.com/politique/20200916.OBS33387/exclusif-securite-laicite-islamisme-yannick-jadot-devoile-ce-que-ferait-un-president-ecolo.html

(13)https://fr.wikipedia.org/wiki/Yannick_Jadot

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