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Billet de blog 3 déc. 2013

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CINQUIEME ANNIVERSAIRE DE l’APR : GUERIR DE L’ENFANCE OU MOURIR !

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“Il faut guérir de l’enfance ou se décider à mourir”. Gérard Pussey

Vingt mois après son accession au pouvoir, l’Alliance Pour la République, parti dirigé par le président Macky Sall a fêté, ce week-end, dans un grand hôtel de la place, le cinquième anniversaire de sa fondation.

En ces moments de morosité économique ambiante, on ne peut que déplorer le  rituel fastueux de cette commémoration, qui n’est sans rappeler les grand-messes des « Partis-Etat », socialiste puis libéral, qui se sont succédé aux commandes  de l’Etat  sénégalais, depuis l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Au-delà de ces apparences trompeuses d’allégresse, il est établi que l’APR traverse une zone de turbulences liée principalement au fait que les militants de ce parti-champignon, né dans les décombres de la mal-gouvernance wadiste, sont encore loin de faire preuve d’homogénéité idéologique et de maturité politique. A tel point que leur leader se voit contraint de recycler ce que les « maîtres-chanteurs » de Macky 2012 qualifient de “déchets politiques toxiques”. C’est vrai qu’on ne peut s’empêcher de se faire du souci pour cette formation politique en gestation, qui brille par son immaturité et la puérilité de sa démarche, contrastant d’ailleurs avec  le style sénile de notre précédent président.  

Si nous faisons une petite incursion dans le passé, il apparaît clairement, que le président Macky Sall, arbitrairement et injustement « remercié » en novembre 2008,  par le président Wade, a miraculeusement hérité du strapontin présidentiel, non de par ses seules qualités de ″stratège politicien surdoué″, mais plutôt à la faveur d’une dynamique citoyenne, des plus exemplaires. Celle-ci avait, en effet, été initiée par des partis politiques d’opposition et des organisations de la société civile, au lendemain de l’élection présidentielle de 2007. Elle sera ensuite amplifiée par les révoltes citoyennes, qui ont culminé le 23 juin 2011 et qui ont été caractérisées par l’implication décisive de la jeunesse progressiste, particulièrement le mouvement Y’EN A MARRE. Ces mouvements de défense de la Constitution et de restauration des valeurs cardinales de la citoyenneté se  sont poursuivi jusqu’à la veille du premier tour du scrutin présidentiel de 2012, permettant de se défaire du régime libéral dirigé par Abdoulaye WADE.

C’est ainsi que la voie du renouveau démocratique et institutionnel était toute tracée pour la coalition Bennoo Bokk Yakaar et les organisations de la société civile, qui s’étaient accordé, lors des Assises Nationales sur les causes profondes des dysfonctionnements du système politique sénégalais, depuis l’indépendance formelle de 1960. Le candidat de la Coalition Macky 2012 va d'ailleurs apporter sa caution à ce diagnostic précis et approprié, en signant la Charte de Gouvernance Démocratique, durant l’entre-deux-tours de la présidentielle de février-mars 2012.

Il est dès lors incompréhensible que cette base programmatique n’ait pas été mise à profit pour élaborer une feuille de route partagée par l’ensemble des parties prenantes. Comment alors s’étonner des tiraillements, apparus ces  derniers jours, entre coalitions alliées mais concurrentes ou des désaccords entre le Président et des conseillers qu’il s’est pourtant lui-même choisis ?

Mais le plus grave, c’est l’absence de rupture programmatique avec maintien des mêmes pratiques politiques décriées par les démocrates sincères depuis des décennies. Il en est ainsi du maintien du présidentialisme obsolète, des velléités de mise en place d’un nouveau Parti-Etat à cause du cumul des fonctions de président de la République et de secrétaire général d’une formation politique, sans oublier la nomination d’un homme politique partisan au Ministère de l’Intérieur.

Concernant la marche des affaires de l’Etat, le Président de la République, au lieu de tabler sur l’inestimable potentiel des réflexions issues des Assises Nationales, cherche sinon à les vider de leur contenu essentiel, tout au moins à en atténuer la portée, car ne voulant aucunement changer le système vicieux reposant sur la patrimonialisation, le clientélisme politique et le débauchage d’adversaires politiques supposés être des porteurs de voix, autant d’instruments d’un électoralisme primaire et effréné, que le peuple sénégalais a rejeté aussi bien en 2000, qu’en 2012. Nous pouvons citer, à titre d’illustration, la mise sur pied d’une Commission Nationale de Réforme des Institutions, dont le caractère superfétatoire n’est plus à démontrer, le sabordage programmé de la Commission sur la réforme foncière, le fameux Acte III de la Décentralisation, dont l’appropriation par les élus locaux a été irrémédiablement compromise par son approche extravertie et ″top-down, ou enfin le fameux Plan pour un Sénégal Emergent inspiré par des ″consultants-mercenaires″ prêts à vendre leurs scénarii virtuels aux plus offrants!

Il est symptomatique, à cet égard, que dans le cadre de l’élargissement de la majorité présidentielle, on fasse appel à des ″dinosaures senghoriens″,  des ″apparatchiks dioufistes″, le tout agrémenté par des manifestations du Béjart Ballet, comme symbole de retour à une francophilie désuète, nous rappelant un passé qu’on croyait à jamais révolu !

En réalité, qu’il s’agisse de Bennoo Bokk Yakaar ou d’une future “Alliance pour la Majorité Présidentielle”, le fond du problème est de déterminer ensemble les objectifs politiques recherchés et les consensus pouvant être atteints.  S’agit-il de mener à bien le processus authentique d’approfondissement de la démocratie, préalable à toute ambition visant une gouvernance améliorée et une émergence économique véritable ou d’assurer une victoire électorale éphémère de l’APR aux prochaines élections locales avant la cruciale élection présidentielle de 2017 ? Beaucoup de responsables de l’APR penchent de plus en plus pour le second terme de l’alternative, à savoir l’obtention d’un deuxième mandat pour le Président.

A preuve, les injonctions (ou les menaces à peine voilées) faites aux partis alliés pour qu’ils renoncent à leurs ambitions présidentielles en 2017.

Que de chemin à parcourir d’ici là ! En tout cas, le peuple sénégalais, malgré la complaisance d’une société civile amadouée, le manque d’un contrepoids syndical fort et cohérent et un tapage communicationnel des plus assourdissants, peine à constater une quelconque amélioration de son pouvoir d’achat, une plus grande accessibilité aux services sociaux de base, une amélioration de la qualité du service public, un assainissement des mœurs politiques ou un début de refondation institutionnelle…

En attendant le sixième anniversaire de l’APR, pour voir ce qu’il en sera ! INCH’ALLAH !

                                                                                                                                                                                                   NIOXOR TINE; www.nioxor.com

misterno98@hotmail.fr

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