Pays africains : au-delà des mesures d'urgence, changer le paradigme

Débat du PCF sur l'Afrique et la COVID-19 avec Dr Mohamed Lamine LY, docteur spécialisé en santé publique, membre du comité central du PIT-Sénégal et Marc de Miramon, journaliste à l'Humanité Animation : Chrystel Le Moing, membre du collectif Afrique du PCF

https://www.youtube.com/watch?v=H1g9bF0iy9Q&feature=youtu.be

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Le secteur international du PCF - Parti Communiste Français  a organisé, le vendredi 22 mai 2020, un débat sur l'Afrique intitulé : "Pays africains : au-delà des mesures d'urgence, changer le paradigme".

CONTEXTE

La situation épidémiologique en Afrique n'a pas évolué comme certains l'annonçaient. Même s''il faut rester prudent et que des contrastes entre les pays existent, l'Égypte et l'Afrique du sud étant par exemple plus touchés, le continent africain où vivent 1,2 milliards d'habitants compte peu de personnes infectées et peu de décès.

Il serait intéressant de s’interroger sur une éventuelle sous-notification des cas liée à des appareils statistiques peu fiables et/ou  de faibles capacités de dépistage ?

Si la catastrophe sanitaire a été, pour le moment, évitée, il en est tout autre sur le plan socio-économique. Les États ont été nombreux à réagir rapidement en instaurant un confinement, des couvre-feux, en fermant les frontières. L'activité économique a été stoppée net ce qui s'est révélé intenable pour des populations travaillant majoritairement dans le secteur informel sans système de protection sociale.

De telle sorte que les économistes et autres experts, dont les agronomes, évoquent une sévère récession économique et même une crise alimentaire.

Les conséquences sont aussi politiques, avec la répression parfois aveugle, souvent arbitraire des contrevenants aux mesures de lutte contre la pandémie. Il y a aussi l’accélération de  la dérive autoritaire de certains dirigeants africains, avec la crise comme au Bénin ou en Guinée.

Un débat a été relancé et s'est approfondi sur les dettes africaines à l'occasion de l'annonce par Macron d'une annulation massive qui s'est finalement traduite par un moratoire décidé par les pays du G20 suspendant le paiement des intérêts pour 77 pays et pour une période limitée d'un an.

Au-delà de l'annulation qui semble relever du bon sens, il y a la nécessité pour beaucoup de questionner et dépasser le système d'endettement perpétuel qui accompagne le néolibéralisme, les privatisations, la casse des services publics, pour aller vers plus de souveraineté budgétaire et économique et une redéfinition des besoins. Cela pose la question de la responsabilité des dirigeants actuels dans ce rapport de force et de la question démocratique.

LES QUESTIONS DE L’HEURE

Peut-on espérer que la pandémie va changer la donne au point de penser qu'une nouvelle page va s'ouvrir pour le continent ?  

L'accès à des services de santé de qualité pour tous va-t-elle devenir une priorité politique ?

La crise sanitaire provoque-t-elle une prise de conscience sur un nécessaire retour de l'État et des services publics ?

Dans le domaine économique, remet-elle en cause les dogmes du néolibéralisme, du libre-échange et les politiques actuelles qui favorisent l'extraversion économique et la dépendance à l'égard de l'extérieur, notamment pour l'importation de produits alimentaires pour nourrir les populations ?

Voici quelques questions que vont aborder Dr Mohamed Lamine LY, spécialiste en santé publique, membre du comité central du PIT-Sénégal, et Marc DE MIRAMON, journaliste, lors du débat animé par Chrystel LE MOING, membre du collectif Afrique du PCF

D’après le secteur international du PCF

 

 

 

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