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Les Frères Musulmans en France (l’UOIF), comme à l’échelle internationale, confirment, jour après l’autre, n’avoir sur leur GPS islamiste qu’un seul et unique chemin, sous forme de tunnel souterrain obscur, censé conduire au Tamkine (التمكين) - domination politique des cœurs, des corps et des espaces au nom d’Allah - équipées de nombreuses bandes d’arrêt d’urgence, très peu éclairées, prenant, en Orient, souvent la forme de tribunaux inquisitoriaux. Ce chemin de la décadence mortifère passent, en Occident, à proximité des institutions judiciaires démocratiques pour solliciter systématiquement leurs concours et les instrumentaliser afin de faire taire les voix libres et les critiques fondées, argumentées et pacifiques.

Pour le rappel, l’UOIF faisait parti en 2006  d’une coalition, conduite par le CFCM, portant plainte contre le journal satirique Charlie Hebdo (lire ici). Depuis le début de l’année, les « frères » de l’UOIF ont porté plainte, pour diffamation non-publique, contre un professeur de philosophie (lire ici).  Quelques semaines plus tard, ils ont porté plainte pour diffamation publique, cette fois-ci, auprès du TGI de Nanterre, contre ce monsieur « X », habitant dans le Nord, qui a écrit six articles et les a publié sur mes deux blogs, signés de mon nom et prénom (lire ici). Très récemment, le « frère » tunisien Rached El Ghannouchi, le leader du mouvement frériste Ennahda, a porté plainte pour diffamation publique contre l’universitaire tunisien Salah Horchani, auprès du TGI de Paris en sollicitant, semblerait-il, les conseils d’un grand cabinet d’avocats londonien, spécialiste de la diffamation (lire ici et ici).

L’universitaire italienne Valentina Colombo (lire ici), qui enseigne la géopolitique dans le monde islamique à l’Université Européenne de Rome, a publié un article très instructif, en anglais (lire ici), décrivant la stratégie des Frères Musulmans en Occident, pour attenter des procès en diffamation contre des journalistes, des intellectuels, des blogueurs et des défenseurs des libertés, s’opposant à l’islam politique (l’islamisme) comme projet totalitaire et liberticide.

Dans le monde arabo-musulman, les « frères » et leur profondeur stratégique salafiste et jihadiste, utilisent d’autres accusations - en l’occurrence celles de l’apostasie et du blasphème, entre autres - pour conduire leurs contradicteurs à la prison ou au couloir de la mort. Tellement les victimes de l’islamisme sont nombreuses, l’on ne pourrait dresser une liste exhaustive des personnalités de toutes les sphères de la connaissance, de la science, de la philosophie, de la théologie, de la littérature et de l’art, que la machine judiciaire, instrumentalisée par l’islamisme, a tenté d’intimider, de terroriser voire d’exécuter à coup de sabre, de balle dans la tête ou de pendaison sur la voie publique.

Dans cette liste, l’on trouve d’éminentes personnalités qui vécurent durant le siècle dernier et d’autres qui vivent sous les jougs des dictatures, emprisonnées dans les geôles de la barbarie barbue. L’on peut citer quelques anciens noms comme : Abdelaziz Thaalbi (ici), Taha Hussein (ici), Mahmoud Mohamed Taha (ici), etc. L’on peut rajouter les noms de quelques contemporains comme : Farag Foda (ici), Nasr Hamid Abou Zaïd (ici), Taslima Nasreen (ici), Nawal El Saadawi (ici), Raïf Badawi (ici), Mohamed Ould Cheikh Mkheitir (ici), Islam Behery (ici), et j’en passe.

En Orient, pour condamner leurs contradicteurs, les islamistes sollicitent un outil juridique issu de la sharia islamique connu sous le vocable : Al-Hisbah (الحسبة) (Lire ici), matérialisant, sur le terrain judiciaire, le principe et l’ordre religieux d’ordonner le bien et d’interdire le blâmable (الأمر بالمعروف و النهي عن المنكر) !

En Occident, les « frères » contextualisent à merveille ce principe. L’outil d’Al-Hisbah semble être traduit, pour l’instant, par des dispositifs incriminant la diffamation. L’islamisme ne dialogue jamais avec ses contradicteurs, ils les attaquent en Justice,  pour atteindre au final le même but que garantit le procédé d’Al-Hisbah. Les procès en diffamation attentés par eux espèrent épuiser leurs contradicteurs sur le terrain judiciaire, en usant au passage des procédés d’intimidation, des rumeurs, de mise à l’index et de mise à la mort sociale. L’objectif recherché est toujours le même : imposer le silence pour que l’arbre maudit de l’islamisme continue à pousser sans encombre.

La Justice est sollicitée à chaque fois où l’islamisme se sent chatouillé voire menacé. La meilleure défense, dit-on, c’est l’attaque. L’islamisme l’a très bien compris et profite de la Justice pour avancer en tenant entre ses mains les PV des condamnations judiciaires, tels des épouvantails arborés face à la liberté d’expression, espérant horrifier des libres penseurs.

Alors que je m’occupais ce vendredi 16 octobre à finaliser un billet sur l’appel d’un « frère » français, très impliqué au sein de la Fédération Nationale de l’Enseignement Privé Musulman (FNEM), créée par l’UOIF, à « détruire les statues »  - un peu à l’image de ce que des salafistes ont fait en Afghanistan, en Irak, en Syrie, à Tombouctou et ailleurs - éclairant, par la preuve matérielle, le côté salafiste de l’idéologie des Frères Musulmans et de l’UOIF en particulier, une avocate du « frère » Amar Lasfar (président de l’UOIF), au barreau de Paris, m’a adressé, par voie électronique, un courriel intitulé : « Mise en demeure de faire cesser un trouble manifestement illicite » (lire Annexe 1), m’ordonnant de retirer des contenus qu’elle juge litigieux et de supprimer mon article : « Parrain et mafieux : Action SAP » (lire ici).

A défaut, elle précise que son cabinet est mandaté, je cite : « de saisine de toute juridiction compétente pour ordonner la cessation de ce trouble manifestement illicite et l’indemnisation du préjudice subi ». En réponse, je lui ai adressé à mon tour un courriel (lire Annexe 2) lui demandant des précisions au sujet des fondements juridiques qui lui permettent l’usage des qualificatifs comme : « trouble manifestement illicite », entre autres expressions utilisées pour justifier sa mise en demeure, par voie électronique. Dans l’attente de son éclairage, l’article reste naturellement en ligne car rien ne justifie, à ce stade, sa suppression. Le cas échéant, la Justice dira la loi et décidera souverainement.

Ainsi, le « frère » Amar Lasfar démontre encore une fois sa fidélité à la prescription islamiste du Jihad par les tribunaux, en se préparant, à en croire cette mise en demeure, à m’attenter un deuxième procès, en l’espace de quelques mois. A l’évidence, il est en droit de faire valoir ses droits devant la Justice. Je suis en droit de continuer à m’exprimer librement, dans le strict respect des lois en vigueur, pour aider, de par mon passé islamiste, à comprendre les arrière-pensées d’un double-discours redoutablement conquérant et à démasquer ses méthodes sournoises n’hésitant pas à couper des têtes, en Orient, grâce à l’outil d’Al-Hisbah et tentant de couper le son, en Occident, en instrumentalisant les dispositifs incriminant la diffamation !

 

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 Annexe 1 :

Courriel de mise en demeure reçu le vendredi 16/10/2015

 

« Monsieur LOUIZI,

J'ai été saisie de la défense des intérêts de Monsieur Amar LASFAR.

Ce dernier fait état auprès de mon Cabinet d'une publication dont vous êtes l'auteur, titrée "Parrain et mafieux : Action SAP" et édité sur votre blogue internet, lequel est hébergé à l'adresse suivante: "http://blogs.mediapart.fr/blog/mohamed-louizi/270915/parrain-et-mafieux-action-sap".

Les propos contenus dans cette publication portent indéniablement une atteinte grave à ses droits dans la mesure où vous l'associez à des qualificatifs dépréciatifs tels "mafieux" mais également à des accusations de commission d'infractions pénales ("beaucoup à l’argent soutiré de pauvres pèlerins, par centaines de milliers d’euros tous les ans, pour être réinvesti ici et de l’autre côté de la Méditerranée dans l’immobilier et dans des villas plain-pied avec piscine et ferme de raisin", "arrangements répréhensibles avec le Code du Travail  et d’autres négligences graves à l’autre code moral".)

Par la présente, je vous mets en demeure de retirer les contenus litigieux et de supprimer l'ensemble de l'article, les contenus étant manifestement illicites.

Cette lettre vaut mise en demeure au sens des articles 1142 et suivants du Code civil.

A défaut de réponse de votre part, je vous indique que Monsieur LASFAR a mandaté mon Cabinet aux fins de saisine de toute juridiction compétente pour ordonner la cessation de ce trouble manifestement illicite et l'indemnisation du préjudice subi.

Je vous invite également à transmettre la présente à celui de nos confrères qui assure habituellement de la défense de vos intérêts ou, le cas échéant, à me faire connaître son identité.

Dans l'attente, je vous prie de croire en l'assurance de mes salutations les meilleures »

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Annexe 2 :

Ma réponse envoyée le 19/10/2015

« Maître […],

J’ai bien reçu votre courriel, daté du 16/10/2015 (voir ci-dessous), qui a pour objet, je vous cite : « Mise en demeure de faire cesser un trouble manifestement illicite » et je vous en remercie.

Avant de me faire une opinion, j'ai besoin des précisions suivantes :

1- Vous avez qualifié de « trouble manifestement illicite » le contenu de mon article intitulé : « Parrain et mafieux : Action SAP ». Pourriez-vous, s’il vous plaît, me préciser sur quels fondements juridiques vous fondez cette qualification ?

2- Vous me mettez « en demeure » de retirer à la fois ce que vous avez désigné par « contenus litigieux » mais aussi de « supprimer l’ensemble de l’article » en précisant, je vous cite : « les contenus étant manifestement illicites » et « portent indéniablement une atteinte grave à ses droits … ». Deux questions alors :

Premièrement, je ne sais pas si la mise en demeure concerne uniquement les deux citations que vous avez mises entre guillemets et parenthèses, dans votre courriel susmentionné, ou bien l’ensemble de l’article ?

Deuxièmement, qu’est-ce qui vous permet, du point de vue des articles du "Code Civil" en vigueur (et le cas échéant du "Code Pénal"), de considérer ces contenus comme, je vous cite : « étant manifestement illicites » et « portent indéniablement une atteinte grave à ses droits … » ? En effet, les fondements juridiques vous permettant de telles affirmations catégoriques ne figurent pas dans votre courriel et cette absence ne me permet pas de décider de la suite à donner à votre lettre envoyée par voie électronique.

J’ai bien noté que votre client, Monsieur Amar Lasfar, vous a mandaté de saisine de toute juridiction compétente pour dire la loi. D'ailleurs, c'est exactement ce qu'il a fait lorsqu'en mai 2015 a déposé plainte contre "X", auprès du TGI de Nanterre, concernant les contenus de six autres articles dont je suis le seul auteur et qui sont toujours visibles sur le même blog.  Ceci est naturellement son droit.

Je vous remercie de m’avoir rappelé mes droits, dans le respect de "l’Article 8" du Règlement Intérieur National de la profession d’Avocat (RIN). Cependant, je trouve menaçant le ton de votre expression, je vous cite : « A défaut de réponse de votre part, je vous indique que Monsieur Amar Lasfar a mandaté mon Cabinet aux fins de saisine de toute juridiction compétente pour ordonner la cessation de ce trouble manifestement illicite et l’indemnisation du préjudice subit ». Car bien que "l’Article 8.2" du RIN (intitulé Règlement amiable) vous autorise de « mentionner l’éventualité d’une procédure », il vous interdit formellement « toute présentation déloyale de la situation et toute menace ».

Dans l’attente de votre réponse que je ne manquerai pas de transmettre à mon avocat, je vous prie, Maître […], de croire en l’expression de mes salutations distinguées.

Bien à vous !

Mohamed LOUIZI. »

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Au cours de recherches sur la création du CFCM je suis tombée dans un article de Wikipedia sur quelque chose de tellement incroyable que j'ai éprouvé le besoin d'en vérifier la véracité ... j'ai eu confirmation en trouvant l'article de Leïla Babès de 2006 : 

Quelle liberté de conscience ?

Leïla BABÈS et Michel RENARD


Dans le cadre de la consultation qu'il a impulsée en direction des musulmans l'automne dernier, le ministre de l'Intérieur a proposé à la signature une "déclaration d'intention" relative au cadre légal de la laïcité . Il s'agit de faire entrer l'islam de France dans le droit commun et, selon les propos officiels, cela : "ne peut faire l'objet d'une négociation". Les musulmans - dont une bonne partie sont citoyens - étaient donc sommés de ratifier un document pour adhérer à un cadre de loi dans lequel, par définition, ils sont pourtant déjà inscrits. La signature du texte fournissait une garantie irrévocable de leur attachement à la République, à la séparation de l'Église et de l'État, aux articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen relatifs à la liberté de pensée et de conscience. Présentée ainsi, cette redondance légaliste a souvent été jugée discriminatoire, et des musulmans (en particulier les associations de jeunes et de nombreuses personnalités indépendantes) n'ont pas manqué de manifester leur indignation. Le texte a donc été discuté de novembre à janvier. Qu'en est-il sorti ?

Outre un paragraphe additionnel sur les fêtes religieuses, et mis à part la modification du terme "déclaration d'intention" qui a été remplacé par "principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman en France", le document adopté stipule que les groupements et associations de musulmans reconnaissent "sans restriction" les dispositions énoncées, et notamment celles relatives à la liberté de pensée, de conscience ou de religion, confirmées par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 décembre 1950 (ratifiée par la France le 31 décembre 1973).

Or, il y a bien une restriction, puisque le texte initial ajoutait que cette Convention "consacre notamment le droit de toute personne à changer de religion ou de conviction". Assimilée à un acte d'apostasie, cette précision sur le droit de changer de religion ou de conviction a été retirée. La nuance peut paraître insignifiante et mineure. Elle ne l'est pas.

En effet, soit le principe de ratification d'un tel document est jugé inadmissible, et l'initiative est rejetée de manière totale; soit la démarche est agréée, et les musulmans approuvent le document sans restriction et sans amendement. L'application de la loi ne se marchande pas.

Or, le retrait de cette phrase est lourd de conséquences. Il laisse entendre que les musulmans déclarent adhérer au principe de la liberté de pensée et de conscience, alors qu'il n'en est rien puisque ce principe est amputé; ou encore qu'ils y acquiescent pour les non musulmans, mais pas pour eux-mêmes. Faut-il rappeler que ce principe s'adresse à tous les citoyens ? Qu'en l'adoptant les musulmans ne sont pas tenus de considérer les apostats et les libres-penseurs comme des musulmans, mais de reconnaître que, dans le principe, ils ont ce droit ? 

La suite sur

http://islamlaique.canalblog.com/archives/2006/11/14/3211699.html

 

L'hypocrisie à son comble!  

Connaissiez-vous ce détail ? Pardonnez-moi si c'est un peu hors sujet  

Mes amitiés et mon soutien dans votre combat.