Racisme Politique / Racisme ordinaire: France Insoumise le cas de la 9ème circo du 95

Le racisme politique n'est pas un racisme ordinaire. Les deux ne sont écrits nulle part, dans aucun statut politique, ni dans aucun règlement. Et pourtant, ils sont bien là : certains tels que Mohamed SAOU pour En Marche ou Rabha BELBACHIR pour la France Insoumise ont fait la démonstration du mode de fonctionnement du racisme politique, un racisme local qu'on valide au niveau central.

 Le racisme politique n'est pas un racisme ordinaire. Les deux ne sont écrits nulle part, dans aucun statut politique, ni dans aucun règlement. Et pourtant, le constat est clair : le parlement continue à être largement dominé par le mal blanc depuis des décennies. Comment cela peut-il s'expliquer ?

Le racisme ordinaire est devenue une hypothèse de travail pour nous tous et surtout pour les premiers concernés, que ce soit à la recherche d'un logement, à la recherche d'un travail, à la naissance d'un enfant. Lorsqu'il faut choisir le prénom que l'on souhaiterait donner à son fils ou à sa fille, chaque parent considère le racisme comme hypothèse de travail et fait son choix en conséquence. Ce racisme ordinaire, nous le subissons au quotidien et bon nombre d'entre nous ont fini par l'accepter malgré eux et sans toujours en prendre pleinement conscience.

 Refoulé dans leur inconscient, ceux parmi les premiers concernés qui ont beaucoup oeuvrés pour avancer dans leur carrière, se braquent et se révoltent lorsqu'on dévoile, au grand jour, cette hypothèse raciste. Ils refusent de la considérer, non pas parce qu'elle leur paraît absurde mais parce qu'elle leur paraît plus coûteux d'accepter une telle hypothèse de manière explicite. A leurs yeux, accepter une telle hypothèse, c'est porter sur soi un statut encore plus pernicieux et méprisant à savoir celui de victime. Bien qu'ils soient conscients du racisme ordinaire, qu'ils en payent le tribu au quotidien sans toujours y prêter attention, ils refusent le statut de victime, un statut passif qui ne correspond en rien aux terribles efforts qu'ils ont dû faire pour franchir les obstacles au quotidien. Et, ils ont bien raison.

Mais lorsque le racisme ordinaire se transforme en racisme politique, les choses sont bien plus graves encore. Le racisme politique opprime la personne qui le subit, mais à travers elle, l'ensemble d'une collectivité d'individus. Le racisme politique nous blesse davantage, il nous renvoie vers une identité périphérique, il nous met à l'écart de la société, il nous enlève la voix et nous réduit au silence.

Mohamed SAOU, le candidat d'En Marche, pressenti pour les législatives, dans la 9ème circonscription du Val d'Oise, a été mis à l'écart pour des raisons clairement discriminatoires et racistes.

Rabha BELBACHIR, la candidate investie dans la 9ème circonscription du Val d'Oise depuis le mois de janvier a été désinvestie le vendredi 12 mai au soir, la veille de la convention nationale, sans possibilité de recours, sans aucun motif et en ce basant sur une réunion irrégulière fondée sur des arguments racistes qui comme toujours ne sont écrits nulle part.

 Dans les deux cas, le comité électoral a validé les arguments racistes en évinçant les candidats initialement légitimes. Dans le cas de Rabha BELBACHIR, la situation est bien plus grave encore, puisque le comité a validé sa candidature depuis des mois et qu'il ne donne aucun motif pour justifier sa mise à l'écart quelques heures avant la convention nationale.

 Le racisme politique, la sélection raciale ne procèdent que rarement du sommet. Ils ne procèdent pas des organes politiques de manière intentionnelle et délibérée. Les instances supérieures de la France Insoumise sont loin de tout soupçon de racisme mais en validant les décisions racistes prises au niveau local, malgré qu'ils aient été avertis de leur irrégularités, ces instances prennent de fait une lourde responsabilité et reproduisent les mêmes schémas qui ont conduit à notre société actuelle qui continue de considérer le racisme comme une hypothèse de travail.

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.