50 % français, 50% étranger, 100% FN

Après avoir échoué à appliquer le crédo socialiste, le gouvernement s’est rabattu opportunément sur le crédo libéral. Aujourd’hui, face à ce nouvel échec, le gouvernement socialiste s’est rabattu sur le crédo nationaliste. Au moins, on ne pourra pas dire qu’il n’a pas tout essayé… pour se maintenir.

Lorsque les responsables politiques se sentent impuissants face au monde économique qu’ils ont contribué à ériger tour à tour, ils préfèrent délaisser les véritables problèmes sociaux. Il est tellement plus facile de mettre sur la table les problèmes sociétaux pour faire oublier le temps du débat les problèmes économiques. Après avoir célébré l’union avec le mariage pour tous, le gouvernement socialiste s’adonne à la division, avec le débat sur la déchéance de nationalité. La question est la suivante : existe-il une ou plusieurs catégories de français ?

La réponse du gouvernement socialiste actuel, héritié de Jaurès et de tous ceux qui rêvaient d'une internationale socialiste, ce gouvernement a répondu positivement à la question. Il existerait bien différentes catégories de citoyens qu’il faudrait distinguer selon leur origine familiale. Il y a les 100% français et les 50% français. Si l'Espagne disposait de la même législation (et pratique) que le Maroc, le chef du gouvernement actuel serait vraisemblablement un 50% français.

Aujourd'hui, ce qu'on demande indirectement, c'est de choisir entre la France et un autre pays, comme s'il nous est donné de choisir le lieu de notre naissance. Demain, on demandera de choisir entre la France et l'islam. Et après demain, il s'agira de choisir entre la France et le judhaisme, voilà le véritable horizon que cette loi propose à ses concitoyens. Comment peut-on être aussi opportuniste et irresponsable pour jouer avec ces débats identitaires dans ces moments d'extrême tension?

Après avoir échoué à appliquer le crédo socialiste, le gouvernement s’est rabattu opportunément sur le crédo libéral. Aujourd’hui, face à ce nouvel échec, le gouvernement socialiste s’est rabattu sur le crédo nationaliste. Au moins, on ne pourra pas dire qu’ils n’ont pas tout essayé… pour se maintenir.

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