Après le confinement (2) - Moore-Gilbert encore emprisonnée en Iran

"Moi, une femme innocente, emprisonnée pour un crime que je n'ai pas commis et pour lequel il n'y a aucune preuve. C'est une grave injustice..." I, an innocent woman, have been imprisoned for a crime I have not committed and for which there is no real evidence. This is a grave injustice...

Kylie Moore-Gilbert détenue en Iran Kylie Moore-Gilbert détenue en Iran

Elle écrit : J'ai été dans le 2A pour presque un an et surtout depuis que ma condamnation a été prononcée, ma santé s'est détérioré de façon significative. Au cours du mois dernier, j'ai été emmenée aux soins intensifs de l'Hôpital Baghiatallah deux fois et six fois au dispensaire de la prison."

Elle écrit : Je pense que j'ai de sérieux problèmes psychologiques, et ne supporte plus les pressions de cette détention très restrictive. Ma situation ici est d'autant plus difficile que je n'ai pas le droit à un téléphone pour appeler ma famille. Je suis très préoccupée par leur réaction à ma condamnation, mais je ne peux pas leur parler. Ceci est très inhumain."

C'est Kylie Moore-Gilbert qui écrit ces lignes dans ses lettres de prison. Chercheuse australo-britannique, spécialiste du Moyen Orient, condamnée à dix ans de prison pour des charges d'espionnage, Moore-Gilbert est détenue à la prison d'Evine depuis presque deux ans. Elle semble très fragilisée physiquement et psychologiquement par ses conditions de détention et a tenté à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours.

Elle écrit : Considérez cette lettre comme un rejet formel et définitif de votre offre de collaborer avec les services secrets des Gardiens de la Révolution.

L'aile 2A de la prison d'Evine est gérée par les Gardiens de la Révolution. C'est là que la plupart des prisonniers d'opinion sont détenus. Pour en nommer juste quelques-unes: Nasrine Sotoudeh, Nargues Mohammadi et Fariba Adelkhah.

Ces lignes suffisent pour vous peindre une image de sa condition et de sa détention totalement illégale, comme l'est celle des autres personnes que j'ai nommé ici. La question qui se pose est : que faire pour la sortir de là ?

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