Ainsi soit-il !

Du hasard, des accidents, des décisions et des actes prémédités... Ce matin, de retour de la poste, à vélo, chargée, rue de belleville bloquée, comme d'hab. Je fais un détour par la rue Mélingue, que je ne prends jamais, je vois une femme allumer une bougie devant une porte rouge.

rue Mélignue © Sepideh Farsi rue Mélignue © Sepideh Farsi
Du hasard, des accidents, des décisions et des actes prémédités... Ce matin, de retour de la poste, à vélo, chargée, rue de belleville bloquée, comme d'hab. Je fais un détour par la rue Mélingue, que je ne prends jamais, je vois une femme allumer une bougie devant une porte rouge. Devant une entrée d'immeuble où des bougies il y en a plein, et des fleurs aussi. Je comprends. Je m'arrête. Je demande. On me raconte. Jeune femme, maman d'une fille de quatre ans, séparée de son mari au hasard d'un mouvement de foule le vendredi 13 au Bataclan. Lui, blessée par balle, lançant un appel avec sa photo. Elle disparue jusqu'à lundi soir, quand elle a été identifiée comme une des victimes du Bataclan.

Et pendant ce temps, à la chambre de commerce de Paris, des industriels français réfléchissent, en présence de leurs homologues iraniens, plus ambassadeur et tutti quanti à comment faire du commerce entre la France et l'Iran. Certes Rohani (le président) a annulé son voyage, mais les industriels et les politiques continuent leur besogne. Parce qu'il le faut, vont-ils dire. Et parce que l'Iran est devenu l'allié principal des occidentaux dans la région, pour combattre le Daech. Mon pays n'est donc plus en tête de gondole de l'axe du mal !

Alors que, pendant ce temps-là, en Iran, on arrête les dissidents et les journalistes à tour de bras. Pas moins de 170 dissidents arrêtés hier, dans la seule ville de Qazvin, située à 200 Km de Téhéran. Plus 15 Bahaïs (confession honnie par le régime iranien) à Machad et Ispahan. Et qu'on tappe sur les femmes quand leur foulard recule un peu trop !

Hasards, accidents ou préméditations ?

Pour moi, iranienne devenue parisienne, ça s'emboîte comme des morceaux d'un puzzle (aimanté).

Vous me direz que tout cela n'a rien à voir !

Moi, je vous dirai que si.

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