L'Iran coupé du monde?

«Peut-on tirer sur la neige ?»: L'Iran sans internet depuis 48h.

Ainsi vont les choses dans mon pays qui courbe l'échine depuis un moment sous les injustices, depuis les dernières protestations d'il y a plus d'un an, depuis le lever de voile des "filles de la révolution", depuis les manifs des femmes pour avoir le droit d'assister aux matchs sportifs, tous ces mouvements ont éclatés, puis sont peu à peu tombés, face à la répression du régime.

Mais la dernière mesure du gouvernement Rohani: l'augmentation prévisible et sans précédent du prix des carburants du simple au double et validé par le guide suprême Khaménéi a enragé les iraniens. Cette augmentation affectera toute l'économie et entraînera une hausse du prix de tous les autres denrées.

L'Iran connaît certes la censure, les limitations du net et une surveillance très poussée de tout le web-trafic par le régime, mais n'avait pas connu de coupure totale d'internet et pas de disfonctionnement de cet ordre depuis 2009, depuis la vague verte. Le blackout que connaît l'Iran depuis vendredi soir, est quasi total (tombé en dessous des 7% du niveau de connexion habituel) d'après l'observatoire de la liberté sur le net (NetBlocks.org). Signe probablement que le régime craint plus que jamais l'embrasement des protestations et surtout, une organisation potentielle du mouvement à naître avec et sur les réseaux sociaux, et le relai des nouvelles des protestations et de la répression via le net, comme ce fut le cas en 2009. On annonce des protestations dans plus de 40 villes iraniennes.

Et alors que la neige couvre depuis samedi les rues de la capitale dont les artères sont bloqués plus que de coutume par les automobilistes qui  protestent, un des membres du conseil municipal de Téhéran a eu le toupet de dire pour justifier l'inefficacité des services municipaux : on ne peut pas tirer sur la neige !

Neige à Téhéran Neige à Téhéran

 

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