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Billet de blog 24 sept. 2022

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Do something for Iran!

En Iran, la répression se durcit. Le nombre des victimes augmente d’heure en heure. Au-delà des chiffres, ce sont des visage, des noms et des yeux qui nous regardent.

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Do_something_4_Iran © anonyme

La visite du président iranien à l’ONU est à présent terminée et avec son retour en Iran, la répression du régime à l’encontre des manifestants a immédiatement escaladé. Il vient de donner l'ordre de réprimer les manifestations avec plus de fermeté. Mais les opposants tiennent tête. Ce sont des jours décisifs pour l’avenir du mouvement iranien, dont il est encore trop tôt pour évaluer l’issue.

Certaines des nouvelles qui nous parviennent de l'Iran sont très encourageantes. Celle de la ville de Eshnouyeh (dans la province de Kurdistan) qui semble être tombée entre les mains des contestataires. Sans avoir plus de précision. Ou celle de la démission de la recteur.e scientifique de l’université de Zanjan pour protester contre la répression du régime.

Pendant ce temps, la répression se durcit. Inégale selon les villes, indéniablement plus féroce en province et dans les petites villes qu'à Téhéran. Le nombre des victimes augmente d’heure en heure. Les photos et les noms nous arrivent peu à peu. . 11... avant-hier, 36... la nuit dernière, et 46 personnes ce matin. Au-delà des chiffres et des noms, ce sont ces yeux nous regardent.

Victimes civiles iraniennes © anonyme

Des appels de soutien aux iranien.nes sont lancés partout dans le monde. Certains groupes et personnalités sont déjà passés à l’action, tel Anonymous qui continue à hacker les caméras de surveillance en Iran et à faire tomber les portails officiels du régime iranien. Elon Musk a annoncé hier qu’il activerait Starlink pour permettre aux iraniens d’accéder à l’internet. Un autre groupe de hacker, Bakhtak, s'en prend aux site gouvernementaux en province.

L’accès des installations domestiques à la toile mondiale n’est pas encore totalement coupé, mais très intermittent et le débit très bas. La connexion des mobiles à l’internet est en revanche coupée depuis plusieurs jours déjà. Les messages vocaux ne passent presque plus et encore moins les images. Les vidéos nous parviennent uniquement grâce aux dissidents qui ont des VPN et dont le nombre est très restreint.

Voici quelques vidéos qui montre les tirs sur manifestants à balles réelles: Kermanshah, Kermanshah, Babol, Téhéran

La vague de contestation actuelle, suit une chaîne de mouvements antérieurs, dont les points les plus saillants ont été celles de 1999 de 2009 et 2019. Chacune d’elles s'étant soldé avec des centaines voire des milliers de victimes civils.

A chaque vague de protestation, la terre tremble sous les pieds du régime islamique et à chaque fois, il réussit à se maintenir au pouvoir avec la complicité de ses proches alliés tels que la Russie et la Chine, et l’indulgence des gouvernements européens et américain, trop occupés à négocier  le nucléaire iranien avec la République Islamique.

Mes amis Tunisiens, Algériens, Libanais, Turcs et Palestiniens sont nombreux à me demander lorsqu’on se croise depuis quelques années : Alors à quand l’Iran libre ? Et j’ai souvent du mal à répondre, tellement c'est la nébuleuse dans mon pays.

Cette fois, la teneur du mouvement est différente pour pleins de raisons. L’assassinant de Mahsa (Jina) Amini a mis le feu aux poudres. L’Iran entier s’est levé aux côtés de son Kurdistan natal. Femmes et hommes. Jeunes et moins jeunes. Pour demander à être libres et de dire non à la République Islamique.

Le vent de révolte qui se lève en Russie et l'échec probable de la Russie en Ukraine, affaiblissant par là-même Poutine, auraient forcément un impact positif sur l'issue des protestations en Iran.

Nous savons pertinemment qu’un changement démocratique en Iran pourrait donner le ton et impulser de nombreux autres mouvements démocratiques et laïques dans la région. Comme cela avait été le cas inverse avec la révolution rétrograde de 1979.

Le peuple iranien fait montre, une nouvelle fois, de courage, de modernité et de beauté dans son élan présent.

Ne pas le soutenir pleinement en fermant les yeux, serait l'équivalent de la non-assistance à personne en danger.

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