Des données erronées publiées par les autorités

Une équipe internationale, Éthos, travaillant pour le gouvernement japonais et financée par l’AIEA (agence de l’ONU pour la promotion du nucléaire) a annoncé que la radioactivité avait été divisée par 4 depuis la fin mars 2011. Elle s'est fiée aux données relevées sur des dosimètres portés par les enfants sur la commune de Daté.

 

Un collectif d’habitants a voulu en avoir le cœur net. Avec des scientifiques indépendants, il a réalisé une carte en prenant les mesures sur le sol, et non par l’intermédiaire de dosimètres. Résultat : ils trouvent une radioactivité en moyenne 6,5 fois plus élevée que celle qu'a publié l’étude officielle. De surcroît, ils dénoncent aussi la méthode qui consiste à publier des moyennes alors qu’il existe des « points chauds » avec des niveaux très élevés de radioactivité.

La polémique étant devenue publique, le fabricant des dosimètres a rappelé que ceux-ci ne mesurent que les radiations qui viennent de face ! Selon lui, ceci peut expliquer la différence des mesures jusqu’à un facteur 4.

 

Des déchets qui s’entassent…

Depuis mars 2011, dans la région de Fukushima, des dizaines de milliers de personnes grattent le sol, les maisons pour faire baisser la radioactivité. Tout est placé ensuite dans des sacs de 1 m3. Des millions de sacs s’entassent maintenant dans toute la région.

Première limite : les sacs sont garantis étanches pendant trois ans, ce qui signifie qu'il faudrait déjà les reprendre un par un pour les remettre dans de nouveaux sacs.

Deuxième limite, les sacs ne sont pas à l’abri d’un nouveau tsunami. Pour rappel, en mars 2011, la vague géante a pénétré jusqu’à 10 km à l’intérieur des terres : pourquoi laisse-t-on ainsi des sacs en bord de mer ?

 

• Des pluies radioactives.

Dans une conférence de presse, le 7 février 2017, le gouverneur de la préfecture de Fukushima a confirmé 144 cancers de la thyroïde chez les enfants fin 2016 et parlé de l’échec de la décontamination : malgré 37 milliards d’euros dépensés dans cette seule région, le résultat n’est pas satisfaisant. Seules les maisons et les routes ont été décontaminées et la décontamination ne dure pas du fait de la poursuite des pluies radioactives : les réacteurs accidentés continuent à cracher un nuage radioactif six ans après le début de l’accident.

 

• Un record de radioactivité.

Un robot résistant à des radiations énormes a pu entrer pour la première fois sous le réacteur n° 2 de Fukushima. Il a réussi à mesurer une radioactivité record de 530 sieverts par heure. Il a rendu l’âme au bout de deux heures. Il était prévu pour résister dix heures.

 

Que se passerait-il en cas de nouveau séisme ?

Les réacteurs 5 et 6 de Fukushima n’ont pas été accidentés. Le réacteur n° 4 a pu être vidé de son combustible nucléaire. Ces trois réacteurs sont à l’abri d’un nouveau tsunami dévastateur. Par contre, les trois autres réacteurs où il y a fusion du cœur contiennent toujours d’immenses quantités de combustibles et les piscines de stockage placées au sommet des réacteurs sont toujours en position instable. Un nouveau fort séisme ou un tsunami pourraient provoquer la chute d’une des piscines. Selon les spécialistes, le nuage radioactif que cela provoquerait serait bien pire que ce qui s’est passé jusqu’à maintenant.

 Chaque mois, la revue Silence recense des informations sur l'évolution de la catastrophe de Fukushima. www.revuesilence.net

 

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