A l'occasion de l'inauguration d'une centrale solaire de 30 MW installée dans des rizières contaminées de la province de Fukushima, le quotidien Asahi Shimboun, dresse un bilan du développement des énergies renouvelables. Quasiment inexistantes avant l'accident de Fukushima en 2011, elles produiront autant que le nucléaire d'avant 2011 d'ici seulement 5 ans. Il est improbable que le nucléaire puisse un jour repasser devant, car cela supposerait de redémarrer déjà une vingtaine de réacteurs, ce qui est loin d'être acquis. Un troisième réacteur a redémarré fin août 2016, celui de la centrale d'Ikata.

 Ces résultats sont-ils surprenants ?

Non, si l’on se souvient que la contribution du nucléaire à la consommation finale d’énergie — qui ne concerne pas (et de loin) la seule production électrique — n’était que de 6,5 % en 2010. (1)

Pour ce qui est de l'électricité d'origine nucléaire, celle-ci représentait 29 % de la totalité de la production électrique avant l'accident. Les efforts faits par tous ont permis une baisse de la consommation d'électricité de 9 % depuis 2011. Actuellement, le développement des renouvelables ajouté aux économies d'électricité permet de répondre aux besoins, au même niveau qu'avant la catastrophe.

Ainsi, le discours alarmiste du gouvernement japonais, qui brandit la menace d'une augmentation d'émissions de CO2 (gaz carbonique) causée par la consommation d'énergies fossiles — dans le but de justifier la nécessité d'une relance du nucléaire — se heurte à la réalité. Le constat d'une baisse progressive des émissions de gaz à effet de serre a été fait. (2)

Il n'y a donc aucune raison de vouloir redémarrer des réacteurs nucléaires, si ce n'est la peur de perdre la connaissance de cette technique tellement intéressante... pour le jour où l'on voudrait faire une bombe atomique ! CQFD.

 

 (1) La consommation finale d’énergie est la somme des consommations des produits énergétiques (combustibles, carburants, électricité) de l’industrie, des transports, du résidentiel, du tertiaire et de l’agriculture. Elle inclut également les consommations de produits énergétiques tels que charbon, produits pétroliers, gaz, pour des usages non énergétiques : bitume, chimie.

 (2) http://journaldelenergie.com/energie/levolution-du-systeme-energetique-du-japon-en-suite-catastrophe-fukushima/.


Le Japon ne possédant ni charbon ni gaz importe la totalité de ces matières premières, de ce fait, il échappe à l'important dégagement de CO2 à l'extraction.

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