Monique Douillet
Collaboratrice (bénévole) à la revue écologiste et alternative S!LENCE
Abonné·e de Mediapart

34 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 févr. 2016

A l'image de Sisyphe, TEPCO condamné à déplacer la radioactivité

À l’image de Sisyphe, TEPCO est condamné à déplacer la radioactivité entre terre et ciel par les voies du feu et de l’eau, sans parvenir à en freiner le développement exponentiel. Exemples récents.

Monique Douillet
Collaboratrice (bénévole) à la revue écologiste et alternative S!LENCE
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

TEPCO envisage d’évaporer l’eau radioactive à raison de 400 m3 par jour en relâchant la vapeur à haute température (autour de 1000 °C). Outre la consommation d’énergie énorme que l’opération nécessite, cela ne détruit pas la radioactivité.

Ce serait tellement simple si on pouvait la brûler !

Faute de trouver des lieux de stockage, le « recyclage » des sols contaminés dans des terrassements routes ou des endiguements a été mis à l’étude. Ainsi, de la même façon qu’on dilue les effluents liquides pour descendre en-dessous des limites autorisées avant leur rejet en mer, on va mêler les déchets solides aux matériaux de construction !

Malheureusement, mélangée ou diluée la quantité de radioactivité reste la même.

Malgré la construction d’un mur sur la berge, 400 tonnes d’eau polluée s’écoulent chaque jour dans la mer, c’est ce que TEPCO vient de confirmer à la presse. Ce mur provoque en outre une montée importante d’eau de mer dans les réacteurs accidentés, ce qui contribue à accélérer la dégradation des appareillages en corrodant les pompes et les filtres.

Il semble donc amplifier les problèmes et non les résoudre.

À Tokyo, les analyses menées sur des boues de deux stations d’épuration le 25 décembre 2015 révèlent la présence d’iode radioactive. La durée de vie de l’iode étant courte, cela confirme que le nuage radioactif retombe toujours sur la capitale, presque 5 ans après le début de la catastrophe. À Minami-Soma, ville soi-disant décontaminée, une association a fait des mesures. Il en ressort qu’on a jusqu’à 50 fois la dose limite officielle actuelle de radioactivité et 1000 fois plus que la norme avant l’accident…Quant à la contamination des eaux souterraines, selon les chiffres communiqués par TEPCO en décembre 2015, elle est passée en un an de 92 000 Bq/l à 390 000 Bq/l…

soit une multiplication par 4000.

On a compté fin septembre 2015 plus de 9 millions de sacs contenant des déchets radioactifs répartis sur 114 700 sites provisoires. Chaque sac fait un mètre cube. Le gouvernement cherche désespérément des lieux de stockages pour les entreposer. Cela nécessite de 16 à 22 millions de m3.

Combien en faudra-t-il dans 30 ans ?

Le directeur de la centrale de Fukushima, Masuda Naohiro, avoue qu’il est incapable d’annoncer un coût pour la gestion de l’accident, ni une date à laquelle seront arrêtées les réactions de fusion des réacteurs accidentés, ni quand cessera l’émission d’un nuage radioactif, ni quand se tariront les écoulements en mer. Il a parlé d’une situation de « zone de guerre »

et de l’incapacité de contrôler ce qui se passe.

À l’image de Sisyphe, TEPCO est condamné à déplacer la radioactivité entre terre et ciel par les voies du feu et de l’eau, sans parvenir à en freiner le développement exponentiel.

Une version chronologique au quotidien depuis le 12 mars 2011 se trouve sur le site de la revue S!lence www.revuesilence.net

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Social
Dans les Ehpad du groupe Orpea, des CDI introuvables
D’après nos informations, des recrues du groupe privé de maisons de retraite doivent, en France, se contenter de signer des CDD au motif qu’il s’agirait de remplacer des salariés en CDI. Or, dans bien des cas, ces salariés n’existeraient pas. Le groupe dément toute irrégularité, assurant qu’« il n’y a jamais eu d’emploi fictif au sein de l’entreprise ».
par Leïla Miñano avec Benoit Drevet (Investigate Europe)
Journal
Quand le comité d’éthique de France TV prend le parti de Korian
Fin 2020, France 3 a diffusé un documentaire sur les morts du Covid dans les Ehpad qui a déplu au groupe privé Korian. Celui-ci a notamment saisi le comité d’éthique de France Télévisions. Une instance présidée par Christine Albanel qui a jugé « à charge » le travail, pourtant approfondi, des journalistes.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
L’action des policiers a causé la mort de Cédric Chouviat
D’après l’expertise médicale ordonnée par le juge d’instruction, la clé d’étranglement et le plaquage ventral pratiqués par les policiers sur Cédric Chouviat, alors que celui-ci portait encore son casque de scooter, ont provoqué l’arrêt cardiaque qui a entraîné sa mort en janvier 2020.
par Camille Polloni
Journal — Droite
Le député Guillaume Peltier visé par une enquête
Le parquet de Blois a annoncé, lundi 24 janvier, l’ouverture d’une enquête préliminaire à la suite des révélations de Mediapart sur l’utilisation des fonds publics du député Guillaume Peltier, porte-parole de la campagne d’Éric Zemmour.
par Sarah Brethes et Antton Rouget

La sélection du Club

Billet de blog
Stratégies de désinformation et de diversion de Pékin sur la question ouïghoure
[Rediffusion] Alors que de nombreux universitaires sonnent l’alarme quant au risque génocidaire en cours dans la région ouïghoure, Pékin s’évertue à disqualifier tout discours alternatif et n’hésite pas à mobiliser ses réseaux informels en Europe pour diviser les opinions et couper court à tout débat sur la question ouïghoure. Une stratégie de diversion négationniste bien familière. Par Vanessa Frangville.
par Carta Academica
Billet de blog
La cynique et dangereuse instrumentalisation du mot « génocide »
La répression des Ouïghours existe au Xinjiang. Elle relève très probablement de la qualification juridique de « crimes contre l’Humanité ». Mais ce sont les chercheurs et les juristes qui doivent déterminer et les faits et leurs qualifications juridiques, et ce le plus indépendamment possible, c’est à dire à l’écart des pressions américaines ou chinoises.
par Bringuenarilles
Billet de blog
« Violences génocidaires » et « risque sérieux de génocide »
La reconnaissance des violences génocidaires contre les populations ouïghoures a fait l’objet d’une résolution parlementaire historique ce 20 janvier. C'était un très grand moment. Or, il n'y a pas une mais deux résolutions condamnant les crimes perpétrés par l’État chinois. Derrière des objets relativement similaires, se trouve une certaine dissemblance juridique. Explications.
par Cloé Drieu
Billet de blog
Agir pour faire reconnaître le génocide ouïghour. Interview d'Alim Omer
[Rediffusion] l’Assemblée Nationale pourrait voter la reconnaissance du caractère génocidaire des violences exercées sur les ouïghour.es par la Chine. Alim Omer, président de l’Association des Ouïghours de France, réfugié en France, revient sur les aspects industriels, sanitaires, culturels et environnementaux de ce génocide.
par Jeanne Guien