Fukushima: La violence d'habiter dans un territoire contaminé

À Grenoble et à Lyon, trois conférences et témoignages de mères de famille vivant dans un territoire contaminé dans la région de Fukushima. Mars 2019 Et le mercredi 10 Avril : projection du film : LORSQUE LE SOLEIL EST TOMBÉ DU CIEL Un film de Aya Domenig Suisse, Finlande | 2015 | 78 minutes

Fukushima: La violence d'habiter dans un territoire contaminé

le 14 jeudi mars de 14h30 à 17h30

 salle G108-109

Institut d'Urbanisme et de Géographie Alpine

14 avenue Marie Reynoard 38100 Grenoble

Dans le cadre des Rencontres de géopolitique critique co-organisées par Pacte et modus operandi.

 

 Et le samedi 16 mars de 15h30 à 17h30

à Lyon à l'hôtel Novotel de la Confluence,

3 rue Paul Montrochet 69002 LYON

 L'accident nucléaire qui suit le tremblement de terre du 11 mars 2011 à Fukushima laisse encore aujourd'hui de vastes régions environnantes dans un état de crise chronique, celui d'une contamination récurrente par la radioactivité. 

Cette table ronde est organisée en collaboration avec l'association Nos voisins lointains 3.11 qui promeut les échanges entre les populations sinistrées de l’accident de Fukushima et les habitants de la France, le pays le plus nucléarisé au monde. L'association Nos voisins lointains 3.11 invite une délégation d'habitantes, mères de famille accompagnées de leurs enfants, qui invoquent un droit fondamental à vivre dans un environnement sain et ont porté cette demande devant le Conseil des droits de l’homme à l'ONU. Cette table ronde permettra d'aborder cette question du point de vue de l'écologie politique: comment la catastrophe est-elle gérée dans la durée par le gouvernement japonais?  Comment cette injustice environnementale est-elle produite (définition de seuils de contamination, zonages, mesures)? Comment transforme-t-il le rapport des habitant-e-s à leur territoire? Comment les habitant-e-s cohabitent avec la radioactivité ? 

Une intervention de Marie Augendre (Université Lyon 2, EVS) présentera la situation sur le terrain en ce qui concerne les zones contaminées (définition de seuils, politiques de retour), la place particulière des zones grises, contaminées ou soupçonnées de l'être, ainsi que les choix auxquels les populations sont confrontées qu'elle a étudiés dans le cadre de son projet DILEM (déplacés et indécis laissés à euxmêmes). Cette table ronde reviendra ensuite avec la délégation japonaise sur la violence de l'injonction à habiter dans un territoire contaminé, dans lequel seule une "demi-vie" est possible, qui "n'est pas une moitié de vie" mais "un cycle de désintégration" (Michaël Ferrier, 2012). Alors que la France est l'un des pays les plus nucléarisés au monde et que les contestations contre les projets de l'industrie nucléaire sont durement réprimées, cette table ronde posera la question de la vie dans un territoire contaminé comme l'un des horizons de l'anthropocène.

Invitées: Akiko Morimatsu, Asami Yokota, Kurumi Sugita ( Nos voisins 3.11), Marie Augendre (Lyon 2, EVS); Interprétariat: Mélissa Pesna et Tsugumi Kozuma (Atlas traduction) Animation: Claire Revol (UGA, Pacte)

 

Le dimanche 17 mars à 14 heures

au théâtre Comédie-Odéon

6 rue Grolée 69002 Lyon

 

Projection d'un kamashibai

et discussion libre avec les mères de Fukushima et leurs enfants autour d'un goûter,

réservation au 04 78 82 86 30

ou sur www.comedieodeon.com

 

Et le mercredi 10 avril 2019

au ciné-café L'aquarium 10 rue Dumont, Lyon 4e

 projection du film :

 LORSQUE LE SOLEIL EST TOMBÉ DU CIEL

Un film de Aya Domenig

Suisse, Finlande | 2015 | 78 minutes

 Née en 1972 au Japon, de nationalité suisse et japonaise, Aya Domenig a étudié l’anthropologie sociale, le cinéma et le japonais à l’Université de Zurich. Elle est diplômée en réalisation cinématographique de l’Université des arts de Zurich (ZHdK).

 Partie sur les traces de son grand-père, jeune médecin à l’hôpital de la Croix-Rouge d’Hiroshima lors de l’explosion atomique de 1945, la cinéaste rencontre un ancien médecin et une infirmière qui ont, eux aussi, vécu cette catastrophe. Elle parvient ainsi à approcher ce que son grand-père a tenu sous silence toute sa vie. Alors qu’elle recueille les souvenirs de ces ultimes survivants se produit le 11 mars, la catastrophe de Fukushima… ses recherches prennent alors une tournure inattendue.

 Compétition internationale 2016. Prix Anthropologie et développement durable/Prix Mario Ruspoli.

Ce film est à la fois un documentaire sur les effets de la radioactivité (qu’elle soit d’origine militaire ou civile on est encore loin de savoir guérir les maux qu’elle provoque) et un magnifique témoignage anthropologique avec ses extraits d’actualités et de films amateurs d’époque, autour du bombardement d’Hiroshima.

Mais ce qui en fait un film extrêmement sensible et attachant, ce sont les personnages extraordinaires qui tissent le lien entre Hiroshima dont ils ont été voisins dans leur jeunesse (calculez leur âge !) et Fukushima. Grâce à leur expérience, ces femmes et ces hommes apportent aujourd’hui aide et conseils aux personnes déplacées qui ont dû quitter les zones contaminées. Ce ne sont pas des acteurs et actrices de cinéma, mais des médecins, des herboristes et avant tout des militant·es plein·es d’empathie qui crèvent l’écran par leur présence et leur énergie peu commune. La caméra les suit, préparant des médicaments, les acheminant à travers leurs réseaux, prodiguant des soins, s’adressant aux enfants dans les écoles, ferraillant dans les assemblées avec les politiques, omniprésent·es pour dénoncer les dangers, car il n’y a pas que les accidents des centrales qu’on peut craindre, il y a aussi les déchets nucléaires qui, avec les plastiques, sont les traces indestructibles et définitives de notre nouvelle ère.

 

 

 

 

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