Des devoirs et des privilèges: Ni s'asservir, ni se servir, mais servir

Un président ne devrait pas dire (faire) ça. Le «petit» président Macron élu avec 15% des suffrages, et un record de 57% d’abstention, est si peu sûr de son pouvoir et de son autorité qu’il a peur de faire face aux questions de la presse, et refuse de leur parler le jour du 14 juillet.

Laissez-les. Ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Or, si un aveugle guide un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse’, a dit Jésus des Pharisiens (Mat. 15,14, Luc 6,39), et la Bible, Ecclésiaste 10:16 déclare : ‘Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant’. Telle est la situation sans précédent qui désormais règne en France depuis le 14 mai 2017.

Parabole des aveugles, Pieter Brueghel l'Ancien, 1568, Coll. Farnese, Museo di Capodimonte, Napoli Parabole des aveugles, Pieter Brueghel l'Ancien, 1568, Coll. Farnese, Museo di Capodimonte, Napoli
Le petit président Macron élu avec 15% des suffrages, et un record de 57% d’abstention, est si peu sûr de son pouvoir et de son autorité qu’il a peur de faire face aux questions de la presse, et refuse de leur parler le jour du 14 juillet. Il se sent menacé par toute contestation et sans cesse obligé de réaffirmer l’existence de son génie et de son statut pour pouvoir assumer les exigences de la fonction qui semble lui échapper chaque jour un peu plus. Devant la protestation des Forces Armées sur une réduction de budget jugée injuste considérant un état d’urgence prolongé, bientôt inscrit dans la Constitution, qui mobilise les militaires pour un travail de surveillance exceptionnel sur le territoire, qui n’a aucune efficacité réelle dans la lutte contre le terrorisme mais participe d’une posture sécuritaire de l’État, il juge bon de clamer : ‘Je suis votre chef !’ Cette réaction de panique hystérique devant une revendication justifiée est une malencontreuse preuve de faiblesse, alors qu’il accuse de mauvaise gestion le précédent gouvernement, auquel il participa en qualité de Ministre des Finances. Il a ensuite l’outrecuidance de rappeler aux Forces Armées leur ‘devoir’ de réserve, lui qui ne semble en avoir aucun, mais jouir seulement de privilèges, qui sont, de par sa nature auto proclamée jupitérienne, de caractère royal…

La situation relève du Grand Guignol et de la mauvaise farce, et ne mériterait que dédain et raillerie, si elle n’était pas si périlleuse pour les citoyens et pour le pays. Les Français selon lui se divisent en deux catégories, ‘il y a ceux qui réussissent et ceux qui sont rien !’, déclare t-il le 29 juin 2017, lors de l'inauguration de Station F, L'Usine Digitale de Xavier Niel, son ami et soutien, ajoutant dans son jargon franglais sans syntaxe, aussi fumeux que l’est son esprit : ‘Entrepreneur is the new France. Et ça commence ici.’ Les Français n’ont pas attendu le petit despote jupitérien et sa politique néolibérale vieille de 40 ans pour créer des start-ups, ils le font depuis le Moyen Age, et cela s’appelle l’artisanat.

Tous les corps de métiers étaient régulés par les Corporations qui assuraient après 7 ans d’apprentissage sous la direction d’un Maître, de devenir Compagnon durant 7 nouvelles années, parcourant la France lors du Tour de France, afin d’acquérir une expérience professionnelle et de présenter un ‘chef-d’œuvre’ à la Jurande du métier. Le Compagnon devenait alors Maître à son tour et ouvrait son atelier, sa propre entreprise, un mot que les Anglo-Saxons ont repris, entrepreneur en anglais désignant toutes personnes créant leur start-up. Pourquoi ce salmigondis de mots pour dire simplement aux Français : ‘Faites pour le numérique ce que vous avez toujours fait dans le passé, cette tradition d’excellence qui a fait la gloire de la France dans le monde entier, qui a créé nos cathédrales, nos châteaux, nos palais, notre tradition du terroir et de la gastronomie, qui a imposé le goût et l’élégance de l’art de vivre à la française dans toutes les cours d’Europe. Faites briller l’intelligence, le savoir et l’ingéniosité française.’ Mais il 'n'a pas vu l'art français'  et ce serait faire preuve non seulement de savoir et d’intelligence, mais surtout de générosité de cœur et d’esprit en louant le meilleur d’un des fleurons de la France, son artisanat qui a pour devise : ‘Ni s'asservir, ni se servir, mais servir.’

De nos jours, une association transmet cette tradition séculaire, Les Compagnons du Devoir du Tour de France, dont le siège à Paris, Place St. Gervais, expose l’excellence du travail de ces ouvriers qui représentent le meilleur de la France. Ils sont formés non seulement dans une recherche du travail bien fait, mais dans une éthique de vie engendrée par la valeur de ce travail dans le métier, dans la transmission du savoir, et dans le respect de la tradition et de l’autre dans la solidarité. Servir son métier avec amour et humilité, servir les autres en le transmettant, et servir ainsi la société et la France en contribuant le meilleur de soi-même, voilà la leçon que ces maîtres artisans, fiers de leur nomination, Meilleur Ouvrier de France, pourraient enseigner à ce pseudo intellectuel ignorant de l’essentiel, ce petit-bourgeois snob et gâté par la vie, imbu de lui-même, qui se targue de philosophie et se gargarise de beaux mots en se pavanant. Et à lui si friand de symboles pour rehausser le lustre de son auguste personne, il devrait apprendre que l’ancienne corporation des bâtisseurs de cathédrales, nos maçons inspirés qui ont lancé ces flèches de pierre et de prière vers les étoiles à la gloire de Dieu, la corporation des maçons, se réfère à la plus haute Antiquité, celle du Temple de Salomon à Jérusalem. Les trois pères fondateurs du compagnonnage, représentés sur la façade du siège de La Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment, avenue Jean Jaurès à Paris, sont le roi Salomon dont le Temple à Jérusalem fut, selon la tradition, construit par Maître Jacques, le maître d’œuvre et architecte Hiram venu de Tyr, et le Père Soubise, un moine maître charpentier. Selon la légende tous deux seraient arrivés en France de Palestine à la dispersion des ouvriers. après la destruction du Temple de Salomon en 950 av. JC. Cette légende est associée à celle des Saintes Maries, arrivées elles aussi par mer de Palestine après la mort du Christ, dont Marie Madeleine, qui vécut et mourut dans les collines de la Sainte Beaume en Provence. Marie Madeleine aurait vécu durant 30 ans à la Sainte Beaume dans la grotte d’un bois sacré à la déesse venue d’Asie Mineure, Artémis d’Éphèse, mentionné par le poète romain Lucan, né à Cordoue en l’an 60 de notre ère : ‘ un bois sacré près de Marseille’. Elle aurait été enterrée dans cette grotte où reposerait aussi le corps de Maître Soubise, qui devint l’un des lieux de pèlerinage les plus importants de la Chrétienté après que Jean Cassian, (360-435) y construise un monastère. Ce moine et théologien, l’un des Pères du Désert, vécut en Palestine, en Égypte et à Constantinople, où il étudia avec Saint Jean Chrysostome, le prédicateur dont la brillante éloquence le fit dénommer: ‘à la bouche d’or’, un saint dans la tradition Copte, Orthodoxe et Catholique. Jean Cassian est le père fondateur de la tradition monastique européenne, et sa règle basée sur le modèle oriental, inspira celle de Saint Benoit. Papes, princes et rois vinrent se recueillir en cet endroit et l’embellirent: Saint Louis en route vers la Terre Sainte, Charles II d’Anjou qui y découvrit les reliques de la Madeleine à qui les Dominicains dédièrent une cathédrale en 1295, Louis XI qui la dota d’une coupole, François Ier qui y construisit un portail encore visible, et trois chambres royales, y vinrent ensuite son fils Henri II, Catherine de Medici, Mazarin, Louis XIV et Anne d’Autriche.

Marie Madeleine est ainsi devenue la sainte patronne des Compagnons du Devoir, ils se rendent toujours à ce lieu saint lors d’un pèlerinage annuel après lequel ils signent en hommage le Livre de la Corporation des Compagnons du Devoir. Voilà les lettres de noblesse de ces millions de Français qui ‘ne sont rien’ mais qui peuvent légitimement se réclamer d’une tradition millénaire remontant à la plus haute Antiquité, et d’un héritage mythologique, mystique et royal qui leur est propre. C’est un lien réel avec le passé, une continuité de valeurs et de principes de vie bien plus significative, authentique et précieuse car elle concerne la France entière, que la posture grotesque du Président jupitérien maître des horloges qui se pavane dans les palais royaux, dont il se sert pour mettre en scène l’imposture de la fonction à laquelle il est asservi par son ambition, son narcissisme et sa cupidité. Et pour le petit monarque républicain en mal de rituel et de symbolique afin de légitimiser son pouvoir, qu’il sache donc que l’ordre des Francs-Maçons tient ses rituels, son code d’éthique et d’entraide de ces anciennes corporations dont il a pris le nom.

Symboles maçonniques issus de la tradition du compagnonnage: les 2 colonnes du Temple de Salomon, l’entrée du sanctuaire, autant physique que psychique, l’équerre et le compas, instruments d’union du corps et de l’esprit, et de mesure matérielle et spirituelle, comme la balance, le G pour Gimel la 3e lettre en hébreu, la langue dans laquelle fut écrite la Bible, et Gamma la 3e lettre en ancien grec et dans de nombreux alphabets sémitiques tels le Phénicien, l'Araméen et le Syriaque, G est le sym Symboles maçonniques issus de la tradition du compagnonnage: les 2 colonnes du Temple de Salomon, l’entrée du sanctuaire, autant physique que psychique, l’équerre et le compas, instruments d’union du corps et de l’esprit, et de mesure matérielle et spirituelle, comme la balance, le G pour Gimel la 3e lettre en hébreu, la langue dans laquelle fut écrite la Bible, et Gamma la 3e lettre en ancien grec et dans de nombreux alphabets sémitiques tels le Phénicien, l'Araméen et le Syriaque, G est le sym

 La France n’a pas attendu Karl Marx, le Communisme et le Socialisme pour avoir des mutelles d’entraide et des soutiens aux veuves et aux orphelins. À la fin du XVIIe et au XVIIe siècle, jusqu’à la Révolution, les femmes des maîtres menuisiers ébénistes, par exemple, héritaient des droits de maîtrise de leurs maris, pouvaient utiliser leur estampille, et poursuivaient ainsi leur activité professionnelle, en pérénisant la réputation de leur atelier, très souvent épousant l’un des compagnons qui en assurait ainsi la continuité. La protection et la sécurité matérielles des veuves et des orphelins étaient ainsi assurée automatiquement, nul besoin de Ministère de la Condition Féminine, l’une des promesse de campagne que Macron n’a pas tenue. Au XIXème siècle, les Compagnons du Devoir organisèrent même un système de retraite pour s’aligner sur les lois ouvrières. La différence entre les deux système réside dans l’affiliation à la Corporation, qui se fait non seulement sur la qualité du travail accompli, le chef-d’oeuvre, mais sur l’insertion sociale du compagnon et ses qualités morales. Le respect de l’autre, le sens du devoir envers autrui et envers la communauté, sont tout aussi importants qu’un travail assidu et régulier.

Ces règles de conduite, ferment de la vie en société et garant de sa bonne santé et de sa survie, endurèrent jusqu’à la Troisième République, quand la morale et les règles de la bonne éducation étaient encore enseignées à l’école devenue obligatoire. Les deux Guerres Mondiales, les Trente Glorieuses, et la soit disant Révolution de 1968, surtout celle des mœurs, quand fut prônée la transgression ‘Il est interdit d’interdire’, rendirent obsolète toute règle de bonne conduite et de moralité. Le petit Président roi Macron, et sa reine mère issue de cette génération des années 60, en sont les héritiers. Comme le sont leurs soutiens, entre autres, Daniel Cohn-Bendit, Bernard Kouchner, Pierre Bergé, et le sinistre maître de l’ombre et sa clique, Alain Minc, aussi conseiller de Nicolas Sarkozy, un autre rejeton de cette mentalité matérialiste, égocentrique, narcissique et médiatique, devenu maintenant le complice de Macron, qui va parachever son action corruptrice et destructrice sur la société française : ‘Macron c’est moi en mieux’ dit-il.

Fête de l’Être suprême au Champ de Mars, le 20 prairial an (8 juin 1794) Pierre Antoi  Antoine Demachy, 1794, Musée Carnavalet, Paris Fête de l’Être suprême au Champ de Mars, le 20 prairial an (8 juin 1794) Pierre Antoi Antoine Demachy, 1794, Musée Carnavalet, Paris

Macron cultive le sens de la mise en scène afin de frapper les esprits et de contrôler le peuple. Il aime pour cela utiliser les symboles, c’est un art dangereux pour l’apprenti sorcier qu’il veut être. Les symboles sont des forces puissantes qu’il faut invoquer à ses risques et périls, et manier avec précaution. Le novice se verra détruit par leur pouvoir s’il n’est pas suffisamment expert, et aguerri à leurs conséquences par une connaissance approfondie. Sans la pratique d’une ascèse assidue, elles se retourneront contre lui et le détruiront. D’autres pourtant plus experts en la matière, plus doués et plus forts qu’il ne l’est, l’ont essayé avant lui, et y ont perdu la tête.

 

 

Vue du Jardin National (aux Tuileries) et des Décorations le jour de la fête célébrée en l’honneur de L’être Suprême, Estampe, Jacques Simon Chéreau, 1794, Musée Carnavalet, Paris Vue du Jardin National (aux Tuileries) et des Décorations le jour de la fête célébrée en l’honneur de L’être Suprême, Estampe, Jacques Simon Chéreau, 1794, Musée Carnavalet, Paris

 

Ainsi Robespierre dans son désir de changer la moralité de la nation à la Fête de l’Être Suprême, le 20 prairial, An II, 8 juin 1794. Le peintre Jacques Louis David, qui avait dessiné les chars du cortège et orchestré les festivités, décrit le rituel : ‘Le Président s’approche tenant entre ses mains un flambeau, le groupe s’embrase, il rentre dans le néant avec la même rapidité que les conspirateurs qu’a frappés le glaive de la loi.’ Robespierre, habillé d’un habit bleu céleste, couleur royale, ceint d’une écharpe rouge, met le feu à la statue de l’Athéisme, soutenue sur le bûcher érigé par l’artificier Ruggieri par celles de l’Ambition, l’Egoïsme, la Discorde et la Fausse Simplicité, afin, selon David, de sensibiliser le peuple à leurs effets néfastes. Loin de toucher les émotions du peuple assemblé, le spectacle grandiose mais abstrait, laissa le public indifférent au symbole de la statue de la Sagesse surgissant des flammes. La nation avaient été traumatisée par les horreurs subies et perpétrées durant la Terreur dont l’ombre planait pesante, ce fut Robespierre lui-même qui entra dans le néant. Il fut exécuté le 10 thermidor, An II, (28 juillet 1794), sous les acclamations de la foule qu’il avait tant voulu contrôler, un mois et demi après la célébration au Champ de Mars et aux Tuileries de la Fête de l’Être Suprême. 

Les festivités de ce 14 juillet 2017, une fête décrétée par Robespierre dans son rapport au Comité de Salut Public du 7 mai 1794, semblaient tout aussi abstraites et déconnectées de la réalité et des préoccupations quotidiennes des Français que celles de 1794. Un étrange sentiment d’artifice et d’irréalité flottait sur ce rituel militaire destiné à impressionner un Président des Etats-Unis le plus controversé et le plus haï de toute l’histoire de son pays. Son hôte était un petit président français nouvellement mal élu, qui en deux mois de gouvernance a réussi l’exploit d’offenser, d’humilier et de s’aliéner la presse, maintenant l’Armée, et la majorité des Français, ceux ‘qui ne sont rien’, c’est à dire qui ne sont pas milliardaires, une insulte que dénonça l’aumônier de l’hôpital militaire du Val de Grâce dans son homélie à la messe du dimanche 9 juillet 2017. Il s’insurgea contre cette impardonnable dérive du langage, ce mépris ouvertement affiché, qui stigmatise les citoyens que le Président est sensé représenter, et dont certains ont contribué à son élection. Gageons que cette même remontrance fut aussi entendue dans nombre d’autres églises en France, et sans doute dans les mosquées et les synagogues, tous les cultes enseignent la compassion, la solidarité et la charité envers autrui, comme devrait le faire la République : Liberté, Égalité, Fraternité, et son représentant, le Président. 

Ce petit président parle trop, parle mal, agit mal, et à mauvais escient. Il est asservi aux pouvoirs financiers qui l’ont fait élire afin de pouvoir capitaliser au mieux sur le Brexit et faire de Paris une nouvelle City de Londres. Il est à parier que la lune de miel avec l’Allemagne sera de courte durée lorsqu’il dévoilera ses véritables desseins et que Paris sera la rivale de Frankfort dans cette course aux investisseurs potentiels. Angela Merkel en politique chevronnée le pressent déjà lorsqu’elle déclare au G20 devant le petit manège d’auto promotion de Macron et de sa campagne de séduction : ‘Je ne partage pas l’optimisme général’. Surtout au sujet de Donald Trump avec lequel Macron joue un jeu de dupe sur le sujet du réchauffement climatique, il peut ainsi déclarer sans sourciller au G20 à Hambourg  le 8 juillet 2017: ‘On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique’, ajoutant avec son habituel demi sourire suffisant et sardonique ‘je sais convaincre !’ pour annoncer ensuite un nouveau sommet sur le sujet en décembre prochain. Qui du vieux renard rusé de Donald Trump ou du jeune roué hypocrite l’emportera après cette opération de séduction éhontée du 14 juillet, qui leur servait à tous deux d’échappatoire à la situation de politique interne embarrassante qui règne dans les deux pays ? Ils rivalisèrent de jovialité forcée, d’un manque de decorum qui fait songer à une réunion de fin de semaine autour d’une barbecue plutôt qu’à la première visite officielle d’un chef d’État d’une des nations les plus puissantes au monde. Tous deux se ressemblent dans leur attitude narcissique, autocratique, dictatoriale et offensante. Il est à parier que dans peu de temps Macron sera aussi détesté en France que l’est Trump aux Etats-Unis.

S’il a abandonné la main sur le cœur à l’américaine et les yeux fermés en extase à l’écoute de La Marseillaise, il continue l’imposition des mains, qui n’a rien de royal, et ne démontre aucune empathie. Toucher les autres est pour lui une manière d’affirmer son pouvoir et de dominer, non de partager. Pénétrer dans l’espace d’un être et le toucher sans y être autorisé est une transgression et un manque de respect fondamental qui ne peut en aucun cas être justifié, mais qui relève de son expérience personnelle passée. Il a franchi les frontières interdites d’un tabou durant son adolescence avec la femme qui lui rappelle sans cesse que tout lui est permis, puisque c’est elle qui l’a initié à cette transgression. Cette attitude et ce comportement sont inappropriés pour un chef d’État, et doivent être découragés et condamnés. La fonction requiert une certaine qualité de gravitas, une maîtrise de soi et une discipline personnelle, un respect dans ses rapports avec les autres. Certaines limites de bienséance et de courtoisie doivent être respectées, il ne peut dire comme il l’a fait en réponse au chef d'état-major des armées Pierre de Villiers : ‘Je dis ce que je fais, et je fais ce que je veux’.

Pour poursuivre son œuvre d’asservissement de la France à ses sombres desseins, il interdit les députés de son parti de voter pour les propositions de loi de l’opposition, aussi bien fondées soient-elles, en revanche ils ont l’ordre d’approuver toutes les motions du gouvernement. Ces consignes anti constitutionnelles et anti démocratiques, le mettent au rang des gouvernants dictatoriaux qu’il convie à Paris : Poutine, Trump, il ne manque plus qu’Erdogan. Voir le blog d’Alexis Poulin sur le Huffington Post  du 10 juillet 2017,Derrière l'imposture et en même temps le spectacle, Macron prépare la mise au pas des Français :   http://www.huffingtonpost.fr/alexis-poulin/derriere-limposture-au-pouvoir-et-en-meme-temps-le-spectacle-m_a_23022012/ 

 Pour ce faire, en émulation de Berlusconi, le 7 juillet 2017 son parti, La République en marche a annoncé vouloir créer son propre ‘média’ et ‘développer sa propre production de contenus’. Le lavage de cerveau déjà initié durant la campagne sera parachevé. Du roman à l’eau de rose de ses amours illicites avec son professeur, devenue sa femme, à son génie précoce de petit Mozart, qui pourtant s’endort avec elle au G20 le 7 juillet dernier lors du concert donné à l'Elbphilharmonie d'Hambourg, à l’écoute de la Neuvième Symphonie de Beethoven, dont l’Hymne à la Joie avait ponctué sa marche théâtrale pompeuse et mesurée à l’esplanade du Louvre le jour de son élection,et son parcours intellectuel surestimé. Ce jeune homme si parfait donnera au bon peuple de France incapable de comprendre sa 'pensée complexe', les versions édulcorées et enjolivées de ses exploits sur la scène internationale, en sauveur de l’Europe et de la survie de la planète ‘Make our planet great again !’ La planète Terre en effet était en attente anxieuse de l’arrivée de ce nouveau messie, ce Jupiter, que les Britanniques avec leur sens de l’humour ‘tongue in cheek’, acerbe et ironique, représentent marchant sur l’eau…

Le nouveau messie, Jupiter, sauveur de l'Europe et de la planète Le nouveau messie, Jupiter, sauveur de l'Europe et de la planète

La reine mère doit elle aussi être déifiée. Elle doit être la Première Dame la plus populaire de toute l’histoire de la République. Son directeur de cabinet le confirme, elle reçoit plus de ‘140 lettres par jour !’ Ce chiffre si précis force la suspicion. Ainsi près de 1 000 personnes par semaine, donc plus de 50 000 par an, éprouvent le besoin d’épancher leur détresse dans son oreille bienveillante, de partager leurs joies et leurs peines avec une personne qui n’a jamais été remarquée pour son altruisme et sa compassion, plutôt charité bien ordonnée commence par soi-même, de solliciter son aide et son conseil ? De quoi s’agit-il exactement ? Le contribuable qui rémunère sa cour d’une demie douzaine de personnes est en droit de savoir puisqu’on l’abreuve de misinformations si grotesques qu’elles en deviennent obscènes. S’agit-il de savoir comment conserver un bronzage permanent, marcher sur des talons hauts de 10cm en portant des jeans slims, où comment séduire ses élèves adolescents dans un cours d’art dramatique et de se poser ensuite en héroïne dans un joli roman… ?

La France n’est pas encore une dictature, bien que Macron la voudrait être ainsi, mais une démocratie, et le Président doit se soumettre à certaines règles, au-delà de ses privilèges, il a des devoirs. Il est temps qu’il en prenne conscience et qu’il s’en souvienne s’il ne veut courir le risque de perdre le peu d’emprise qu’il a sur un pouvoir, si aisément gagné dans une élection truquée en sa faveur.

Il n’est que temps pour la France de retrouver la raison.

 

RÉSISTANCE POUR LA SURVIE DE LA DÉMOCRATIE ET POUR L’HONNEUR DE LA FRANCE.

MONIQUE RICCARDI-CUBITT

Paris, le 17 juillet 2017

 

 

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