TOULON : ILS INHUMENT UN HOMME SANS ABRI SANS ATTENDRE LA FAMILLE !

Tibi vivait à la rue avec sa maman, à Toulon, en lien avec sa famille, sa fratrie. mort à 38 ans, les funérailles s'organisent. Jour et heure sont fixés. Aumônier, associations, famille, amis, sont présents... en avance. Et on leur dit que les funérailles ont eu lieu sans les attendre. Devant ce scandale, la colère s'exprime. Voici les faits relatés par le Collectif Varois des morts de la rue.

Le Collectif Varois pour les Morts de la Rue tient à vous exprimer son désarroi et sa colère au sujet de l’inhumation de Mr. Tibi S. au cimetière de LAGOUBRAN le vendredi 27 novembre.

 

Vendredi dernier, alors que nous venions célébrer les obsèques de Mr Tibi STOICA au cimetière, à l’horaire convenue, 9h00, nous avons fait le douloureux constat que cet homme était déjà inhumé. 

Il s’agit d’un homme, âgé de 38 ans, indigent, dont le dossier est passé en commission au Centre Communal d’Action Sociale (C.C.A.S.) de la mairie de Toulon mercredi 25 novembre afin que des funérailles puissent avoir lieu.

La mairie vous a donc confié ce dossier et cette mission avec une horaire précise : 9h00.

Mme. Cléa DELACOURT, coordinatrice de l’association Rom Espérance, qui a accompagné cet homme et toute sa famille durant des années dans son parcours d’errance, a contacté personnellement la mairie et votre entreprise afin d’anticiper une petite cérémonie au cimetière et de veiller au bon déroulement des obsèques.

La famille, venue en nombre, le diacre Gilles REBECHE pour présider la prière d’adieu, les Sœurs Pauvres de Jésus Christ, des proches de diverses associations, des amis, (…) tous sont arrivés entre 8h30 et 9h00. La mère éplorée suppliait de se recueillir sur le cercueil de son défunt fils inhumé trop tôt. C’est le personnel du cimetière qui a désigné le carré et l’emplacement où avait été inhumé Tibi.

Cette situation est d’autant plus désastreuse et intolérable que la famille est accompagnée par de nombreuses associations de la Diaconie, et ce depuis des années.

C’est un déni de citoyenneté et une atteinte aux droits de l’Homme.

Nous ne souhaitons pas que vos agents soient sanctionnés et que les responsabilités soient renvoyées. Il s’agit plutôt, pour nous, d’alerter sur un manquement collectif.

Les services municipaux de la ville de Toulon, nous ont exprimé leur compréhension et leur solidarité envers notre démarche. La personne contactée était elle-même choquée du peu de considération pour le défunt, sa famille, ses proches venus lui rendre un dernier hommage.

Il est évident qu’une telle situation n’est pas tolérable par une société civilisée.  

Le non-respect pour le défunt, sa famille, notamment sa mère, ses sœurs, ses proches venus en nombre lui rendre hommage nous conduisent malheureusement aujourd’hui à informer, alerter et dénoncer cette situation.

 

Veuillez être assuré de notre tristesse face à cet événement mais aussi de notre détermination pour que cette situation ne se reproduise plus jamais.

                                                                                  

Le collectif Varois pour les Morts de la Rue.

Comme vous le savez le collectif Varois Pour les Morts de la Rue, créé il y plus de 20 ans, a pour missions :

- D’accompagner les vivants : familles, amis, associations en deuil

- D’accompagner les morts : en assurant une présence lors des funérailles

- De commémorer chaque 21 décembre, publiquement, ces personnes sans-abris ou qui ont quitté la rue

- D’interpeller la collectivité.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.