Mac Macron, trompe- la-mort ?

Conflit. «Renoncer, c’est mourir.» Le langage emphatique de Mac Macron laisse peu de place à l’objet même de toute discussion et s’applique à tout ce qu’il entreprend. Après les gilets jaunes, la «réforme» des retraites est donc devenue son théâtre de guerre, la «mère» de toutes ses batailles.-- Coups bas et propagande -- The Guardian...

Au moins l’a-t-il compris. Résumons: il décide, et si d’aventure il renonce, c’est l’esprit de la «mort» qui surgira de cette éventuelle abdication, qui signifierait non pas le deuil de quelque chose à propos de sa propre personne, mais bien l’idée d’une certaine France évidemment «trop négative».

On croit rêver. Mais à quoi joue le prince-président ?

Dans le Monde, cette semaine, nous pouvions lire ce commentaire étonnant: «Il y a un côté trompe-la-mort (…), un côté ‘’même pas peur’’.» La mort, toujours la mort. Est-ce le spectre du 5 décembre, qui rejaillit sur le mental du chef de l’exécutif? La perspective d’un mouvement social «historique» agrégeant toutes les colères ?

Mac Macron était prévenu par deux de ses conseillers «spéciaux», qui avaient tant eu peur durant le long hiver 2018-2019, lorsque le chaos rugissait aux portes de l’Élysée et menaçait le pouvoir: «Surtout, ne pas réveiller la plèbe, ne pas provoquer de nouveau la colère immense du peuple, car ce peuple, nous le sentons de plus en plus régicide.»

Mais tout se passe à l’envers. Depuis des semaines, la mobilisation des opposants à la «réforme» des retraites se consolide. Un autre conseiller nous révèle cette confidence, intégrée paraît-il par le chef de guerre: «C’est un conflit majeur en germe. Il survient dans un pays déprimé, en crise profonde, et où ne manquent pas les acteurs qui veulent en découdre jusqu’à la mort avec le président de la République. Ce n’est pas inflammable, c’est déjà très enflammé. Déclencher ce conflit et l’assumer constitue un risque considérable…»

Déluge. La «mort» rôde, décidément… Et avec elle le sentiment que, dans l’opinion publique, l’adhésion à la «réforme» s’éloigne définitivement. Malgré le matraquage idéologique et l’activation de tous les réseaux médiatico-politiques, deux tiers des Français jugent la mobilisation justifiée. Qui l’eut cru? Autant l’admettre, cela nous rappelle la construction puis le déroulement du mouvement social de 1995, quand Alain Juppé, «le meilleur d’entre nous», selon Jacques Chirac, abandonna son projet de réforme des régimes spéciaux au terme de trois longues semaines de combats qui n’avaient pas entamé le crédit des grévistes. Vivons-nous une réplique?... la suite :

-----

La VÉRITÉ sur la RETRAITE par POINTS : François Fillon avoue ! vidéo 0,34''

Quand François Fillon, en mars 2016, devant un aréopage de patrons, expliquait crûment ce qu'est la retraite par points que veut faire Emmanuel Macron aujourd'hui... C'est franc, c'est direct.....

où ci-dessous :

https://www.youtube.com/watch?v=SJpmn2Br4i0&feature=emb_logo

-----

Carte des mobilisations en France

Accéder à la carte ici

-----

The Guardian : Ce n’est pas grâce au capitalisme que nous vivons plus longtemps, mais grâce à une politique progressiste

L’auteur de l’article en s’appuyant sur des travaux scientifiques démontre que les thèses qui veulent que le progrès social en matière de santé soit lié à la croissance du capital ne sont pas valides .

Les progrès de l’espérance de vie ont été motivés par des mouvements politiques progressistes qui ont exploité les ressources économiques pour fournir des biens publics robustes. L’histoire montre qu’en l’absence de ces forces progressistes, la croissance a souvent nui au progrès social et non au progrès social. Bref la thèse du ruissellement chère à Macron est complètement erronée.  (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et société)

-----

coups bas et propagande

Lundi, 2 Décembre, 2019 - Maud Vergnol

L'éditorial par Maud Vergnol.  Le ministre de l’Action et des Comptes publics prétend que sa réforme (donc elle existe bien…) « sauvera le système des retraites et mettra fin à des inégalités entre Français ». C’est tout le contraire qui se passera.

Intox à foison, mauvaise foi, manipulations grossières et autres exercices laborieux de « pédagogie » : les macronistes se débattent comme de beaux diables pour tenter de convaincre les opposants à leur contre- réforme des retraites de pointer au boulot le 5 décembre. À J – 3 d’une mobilisation qui pourrait s’avérer historique, le gouvernement, aux abois, a même sorti l’artillerie lourde, chaque ministre reprenant de manière plus ou moins heureuse « les éléments de langage » dictés par l’Élysée.

Ainsi, échouant à convaincre des bienfaits prétendus de son projet, le président de la République fait mine de s’étonner d’une « mobilisation massive contre une réforme dont on ne connaît pas les termes exacts ». Et pour cause, il n’a cessé de jouer la montre pour garder le maximum de cartes dans son jeu. « Le texte de loi n’est pas encore écrit », persiflait dimanche Gérald Darmanin, en service commandé, comme si le rapport Delevoye n’existait pas.

Comme si l’exécutif n’avait jamais fait part de son intention de liquider le système par répartition pour une ouverture à la capitalisation, dont nous démontrons aujourd’hui les ravages là où elle a été mise en place partout dans le monde.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics prétend que sa réforme (donc elle existe bien…) « sauvera le système des retraites et mettra fin à des inégalités entre Français ».

C’est tout le contraire qui se passera, comme nous continuerons de le prouver point par point dans nos colonnes. D’ailleurs les Français ne sont pas dupes : 64 % ne font pas confiance à Emmanuel Macron pour changer le système de retraites. « Nous n’échouerons pas, la réforme se fera », s’avance pourtant Gérald Darmanin, dont l’arrogance cache mal l’inquiétude de la majorité qui sent le pays se lever.

Comme à chaque fois que la peur change de camp, le matraquage sera violent, à grand renfort médiatique et ses pénibles marronniers sur la grève qui « pénalise les Français », étant entendu que les grévistes ne sont pas français… La bataille culturelle s’annonce aussi vive que dans la rue.

par Maud Vergnol

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.