En France, c’est (aussi) ça…

En France, vous pouvez participer à une opération frauduleuse de plus de 400 millions d’euros, être reconnue coupable et… dispensée de peine.-- En France, vous volez un fromage dans un super marché et vous allez directement en prison pour trois mois.

En France, vous pouvez insulter un dirigeant syndical sur une chaine de télé sans risquer la moindre remarque mais poursuivi pour insultes à l’égard de l’autorité en protestant contre des violences policières.

En France, vous pouvez être condamné à des mois de prison avec sursis pour avoir déchiré une chemise et votre ancien patron prendre le large avec des primes de plusieurs millions d’euros après avoir vanté, au nom de la rentabilité, le travail des enfants dans le Tiers monde.

En France, la police des polices invente le concept – vite retiré - de viol par « accident », un responsable dit « syndical » de la corporation s’accommode sans problème du mot «bamboula», les forces dites de l’ordre, comme lors des manifestations contre la loi sur le travail, laissent faire les casseurs ouvrant ainsi la voie à Mme Le Pen. Pendant ce temps, les jeunes de Bobigny nettoient les rues souillées par les casseurs dans la ville.

En France, la préfecture de police revendique une action de sauvetage d’une enfant de six ans enfermée dans une voiture incendiée par des casseurs alors que l’acte courageux a été accompli par un jeune de 16 ans.

En France, des individus imbéciles et dangereux, responsables de dégradations et de jets de pierre sur des policiers, sont très rapidement condamnés à des peines de prison.

En France, des policiers accusés de violences et de viol restent libres de leurs mouvements.

En France, un ancien Premier ministre rémunère, dans « la plus grande légalité » et avec de l’argent public, femme et enfants, conseille une grande compagnie d’assurance grâce à son carnet d’adresses bénéficiant en retour d’un bon paquet d’euros participant ainsi à la « fillonnade ». Vous ne connaissez pas la « fillonnade » ? Il s’agit d’une méthode consistant à se servir dans les caisses publiques pour ensuite, tardivement, s’excuser sans pour autant rembourser.

En France, vous pouvez être placé en garde à vue puis condamné à 3000 euros d’amende pour avoir hébergé, nourri et protégé des enfants en errance délaissés par les services de l’Etat.

En France, un avionneur peut «normalement» voler le trésor public, acheter «normalement» des voix lors de plusieurs élections ; un couple sous le coup de plusieurs plaintes pour corruption peut rester à la tête d’une grande ville proche de Paris.

En France, il est normal aussi d’être marginalisé(e) dans une administration ou dans une entreprise pour avoir dénoncé des abus.

En France, à l’approche de l’élection présidentielle, la coupe se remplit d’une néofasciste, d’un voleur, d’un cinglé ancien de l’Elysée et du gouvernement qui tient des propos d’évangéliste sectaire, un ex du gouvernement qui ne pratique toujours pas le devoir de mémoire récente, un gourou défroqué et illuminé, les Français assistant, consentant en partie, à ce spectacle nous livrant à la risée dans le monde.

Alors, plus rien à espérer ? Plus rien à construire ?

L’opinion publique est-elle à désespérer ? Tel n’est pas mon avis car comme l’écrivait Louis-Philippe de Ségur, poète, chansonnier, diplomate élevé au rang de maitre des cérémonies par Napoléon : « l’opinion publique est un ressort faible, mais puissant en réalité, et d’autant plus redoutable que sa force ne peut jamais être calculée. » Les sondeurs apprécieront.

José Fort

-----

Satanés fonctionnaires !

Fonction publique -

Par Eric Bocquet  / 17 février 2017 - Tribune parue dans Liberté Hebdo

Les fonctionnaires, comme d’autres catégories de population sont parfois mis à l’index, pointés comme étant responsables, en partie, des difficultés économiques de notre pays.

Il est sans doute nécessaire de remettre régulièrement les pendules à l’heure. C’est le numéro de février 2017 du mensuel Alternatives Economiques qui nous apporte des éléments d’analyse intéressants sous la plume compétente de l’économiste Christian Chavagneux. Il nous rappelle d’abord une idée fondamentale dans l’article : aucune entreprise privée ne pourrait en effet produire de richesses si elle ne trouvait pas dans son territoire immédiat des personnes bien formées, en bonne santé et soignées correctement en cas de maladie, qui trouvent à se loger dans un cadre agréable, qui puissent également inscrire leurs enfants à l’école ou à la garderie et enfin se déplacer sur les voies ferrées ou autres pour se rendre au travail.

Voilà autant de critères qui ont pu guider la multinationale Toyota à s’installer dans la région, à Onnaing, il y a plusieurs années.

La fonction publique en France compte 5,5 millions d’agents. C’est 220 000 agents de plus qu’en 2001, mais sur la même période la population française a aussi augmenté de 3 800 000 habitants.

En détail, ils sont 1.2 millions dans la fonction publique hospitalière, 1.9 million dans la territoriale (les collectivités) et 2.4 millions dans la fonction publique d’Etat. De ce point de vue des effectifs, notre pays se situe dans la moyenne des pays industrialisés, plus que la Grèce et l’Italie, moins que la Suède ou les Etats-Unis.

Quant à leur rémunération, le salaire annuel moyen du secteur public, en euros constants, était identique en 2014 à ce qu’il était en 2002, 22 410 euros, alors qu’il a augmenté de 6.5% dans le secteur privé sur la même période.

Ainsi donc, quand M. Fillon, toujours candidat à l’heure où j’écris ces lignes, déclare vouloir supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, il s’attaque à ce qui structure profondément notre société, à ce qui lui permet de résister mieux que d’autres pays aux dégâts de la crise durable que nous traversons. Faut-il compter dans ces 500 000 postes les emplois fictifs ? M. Fillon explique que l’on reviendrait ainsi au niveau de l’année 2000, il oublie qu’entre 2000 et 2016 nous avons gagné 6 millions d’habitants.

Ce discours est évidemment très idéologique, moins d’Etat, moins de fonctionnaires, le tout marchand, le marché auto-régulé pour gérer les affaires du monde, rien de nouveau sous le soleil. On connaît cette musique. Mais M. Fillon sera-t-il candidat ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.