Alerte des hospitaliers du public

C’est désormais de toutes les régions de France qu’affluent les signatures des médecins hospitaliers de toutes spécialités, en soutien au courrier adressé par 400 d’entre eux, originaires de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. « La ligne rouge est dépassée. Nous ne pouvons plus continuer ainsi », estime le Dr Caron, psychiatre, praticien hospitalier ...

Quatre cents médecins d’établissements d’Auvergne-Rhône-Alpes interpellent la ministre.

C’est désormais de toutes les régions de France qu’affluent les signatures des médecins hospitaliers de toutes spécialités, en soutien au courrier adressé par 400 d’entre eux, originaires de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. « La ligne rouge est dépassée. Nous ne pouvons plus continuer ainsi », estime le Dr Caron, psychiatre, praticien hospitalier à Saint-Égrève (Isère) et l’un des initiateurs de la lettre. Les médecins y rejettent en particulier les plans « d’économies » qui aboutissent à la fermeture de lits « par centaines », la dégradation de l’accès aux soins pour les patients, celle des conditions de travail « de tous les soignants ». S’y ajoute un management « destructeur et contre-productif qui met à mal tous les personnels ». Dans le secteur de la psychiatrie, la moitié des lits ont disparu, sans que soient créées des structures alternatives pourtant promises.

« Une politique générale de destruction des services publics »

Les signataires visent les politiques de santé de ces dix dernières années : la loi hôpital, patients, santé et territoires (HPST) de Roselyne Bachelot, adoptée en 2009 – de là datent les premiers regroupements hospitaliers et les agences régionales de santé (ARS) –, la loi santé de Marisol Touraine qui, en janvier 2016, a accéléré le mouvement en créant les groupements hospitaliers de territoire (GHT) et renforcé les pouvoirs des ARS. « Une politique générale de destruction des services publics », écrivent les praticiens.

« Notre lettre a beaucoup d’écho. Des usagers, des médecins libéraux ajoutent leurs signatures aux nôtres », se réjouit le Dr Caron. Des organisations syndicales et des formations professionnelles appuient également la démarche. C’est le cas de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), du Syndicat des psychiatres des hôpitaux, du Syndicat national des médecins hospitaliers-FO (SNMH-FO), du Syndicat des psychiatres d’exercice public (Spep) et de l’Union syndicale de la psychiatrie (USP). La CGT s’apprête à rejoindre les signataires. « Il faut dire que personne ne peut plus ignorer les dysfonctionnements de l’hôpital public », relève Bruno Caron.

Les hospitaliers attendent désormais le rendez-vous avec la ministre. « Agnès Buzyn est dans la continuité, déplore le médecin. Elle aussi considère que l’hôpital doit être rentable. »

Sylvie Ducatteau - Journaliste

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Osons Causer : Glyphosate cancérigène ? L’UE copie-colle l’avis de Monsanto - voir la vidéo 6'

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Sous pression des lobbys, le gouvernement renonce à interdire le glyphosate 26 septembre 2017 par Sophie Chapelle

Cédant à la grogne de la profession agricole, le gouvernement a renoncé à interdire unilatéralement le glyphosate sur le territoire français, comme il l’avait initialement annoncé. Dans quelques jours, l’Union européenne doit se prononcer sur un renouvellement de la licence du glyphosate pour 10 ans, sur la base d’un rapport d’experts très controversé. La France a déclaré qu’elle s’opposerait à un renouvellement aussi long.

Cacophonies et nouvelles reculades gouvernementales, à propos des pesticides. Le 25 septembre, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a initialement annoncé l’interdiction du glyphosate d’ici la fin du quinquennat [1]. Le glyphosate est un désherbant jugé cancérogène par plusieurs études indépendantes, mais toujours utilisé par Monsanto dans son Roundup. Quelques heures plus tard, Christophe Castaner n’évoquait plus que « des progrès significatifs » d’ici 2022 pour encadrer les pesticides, dont le glyphosate. Le gouvernement renonce donc à des objectifs clairs, « il n’y a pas d’autre date arrêtée par le Premier ministre », a précisé son porte-parole.

Que s’est-il passé entre ces deux annonces ?...la suite : Sylvie Ducatteau - Mardi, 26 Septembre, 2017 -L'Humanité

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